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Poésie Japonaise

LES CHATS AU JAPON (1ère partie)

23 Mai 2026, 08:23am

LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)
LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)

Cette chronique est extraite, en partie, d’ un article paru dans Japanization par Maureen Damman.

 

Le chat est probablement l’animal qui occupe le plus de place dans la culture nippone, jusqu’à posséder son propre jour national, le 22 février.
Voici l’histoire du chat au Japon, de son arrivée sur l’archipel à sa transformation en figure culturelle d’importance.

Il est partout : dans les temples, les récits folkloriques, la littérature, dans les arts visuels, les mangas, les yokais  mais aussi dans l’économie touristique et la culture populaire contemporaine. 

Mascottes commerciales, personnages de fiction ou encore ambassadeurs involontaires de territoires ruraux, ils semblent omniprésents dans l’imaginaire collectif japonais.

Cette fascination n’est pas qu’un attachement domestique : elle s’inscrit dans une construction historique longue, où se mêlent pratiques religieuses, folklore, transformations sociales et production artistique.

Comprendre cette relation particulière suppose donc de retracer l’histoire de l’arrivée des chats dans l’archipel et d’observer la manière dont leur statut s’est progressivement transformé.

Les historiens situent l’arrivée des félidés dans l'archipel entre les VIe et VIIIe siècles, période marquée par des échanges culturels et religieux intenses avec la Chine et la péninsule coréenne.

Selon une analyse publiée par la Japan Society sur l’histoire culturelle des chats au Japon, ces animaux auraient été introduits par des moines bouddhistes afin de protéger des rongeurs, les fameux textes manuscrits des sutras, conservés sur des rouleaux de soie ou de papier.

Au départ, les chats étaient rares et associés aux milieux aristocratiques et religieux, comme l’atteste, par exemple le journal de l'empereur Uda ( à la charnière des IXe et Xe siècles)

Dans ce texte de 889, l’empereur décrit un chat offert par la Chine et explique qu’il est gardé comme un animal précieux.

 Les documents historiques suggèrent qu’au Xe siècle ils étaient encore considérés comme des animaux rares et réservés aux élites, parfois attachés par des cordons pour éviter qu'ils ne s'échappent .

Avec le temps, leur présence s’étend progressivement au reste de la société. Cette diffusion s’explique notamment par des raisons économiques. 

Les rongeurs représentaient une menace importante pour les réserves alimentaires  et pour certains secteurs de production. C’est particulièrement le cas pour la sériciculture.

Les vers à soie, essentiels à l’économie japonaise prémoderne, étaient menacés par les rats. Les chats deviennent donc progressivement des auxiliaires précieux pour protéger ces élevages. 

Le Maneki-neko : le chat devenu symbole de chance

Comme le souligne l’universitaire Michael Dylan Foster dans ses recherches sur la culture des yokais, le chat occupe une place liminale unique dans l’imaginaire japonais.

 Dans la tradition japonaise, imprégnée de shintoïsme, l’animal n’est jamais seulement un compagnon ; il est un réceptacle potentiel pour le sacré ou le surnaturel.

Cette indépendance caractéristique du félin, perçue comme une forme de mystère impénétrable, explique pourquoi il est si souvent dépeint comme un esprit capable de franchir le seuil entre le quotidien des hommes et les forces invisibles.

C’est un animal ambivalent dans le folklore japonais.

Avec le temps, les chats cessent d’être seulement des auxiliaires domestiques et deviennent aussi des figures importantes du folklore japonais. 

Dans l’imaginaire populaire apparaissent des créatures surnaturelles telles que le bakeneko ou le nekomata, des chats auxquels on attribue des pouvoirs extraordinaires.


Selon certaines légendes, ces animaux pourraient se transformer, parler ou manipuler les humains après avoir atteint un âge avancé.

 Dans la tradition japonaise, imprégnée de shintoïsme, l’animal n’est jamais seulement un compagnon ; il est un réceptacle potentiel pour le sacré ou le surnaturel.

Cette indépendance caractéristique du félin, perçue comme une forme de mystère impénétrable, explique pourquoi il est si souvent dépeint comme un esprit capable de franchir le seuil entre le quotidien des hommes et les forces invisibles.

Cette iconographie si bien connue désormais, apparaît durant l’époque d’Edo (1603-1868) et se diffuse largement au XIXᵉ siècle. 

Plusieurs légendes expliquent l’origine de cette image. L’une des plus connues raconte qu’un seigneur féodal aurait été sauvé d’un éclair après avoir suivi un chat qui semblait l’inviter à entrer dans un temple.

Au fil du temps, cette figure folklorique s’est transformée en symbole commercial largement diffusé. On la retrouve aujourd’hui dans les boutiques, les restaurants ou les entreprises, où elle est censée attirer la prospérité.

LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)

Au Japon, le chat est passé du rôle de gardien des sutras bouddhiques à celui d’esprit familier des ruelles d’Edo, compagnon des courtisanes, présage de fortune ou créature surnaturelle comme le bakeneko.

 

 

Poésie par Philémon

 

 

Sur les jonques noires
Venus des terres de Chine
Les chats regardaient
Les vagues du détroit pâle
Comme un royaume neuf

  1.  

Temple de Nara
Dans l’odeur du bois ancien
Un chat sommeillait
Vrai gardien silencieux des
Sutras contre les souris

 

Pont Nihonbashi
Le vendeur de figurines
Sourit au passant
Un maneki-neko luit
Dans la poussière d’été

 

Dans Tokyo la nuit
Entre bougies et pluie tiède
Un chat tigré va
Héritier des anciens ports
Et des temples oubliés

 

 

Haïbuns

 

Le chat des sutras

 

On raconte que les premiers chats arrivèrent avec les moines bouddhistes, depuis la Chine ou la Corée. Leur tâche était humble : protéger les rouleaux sacrés des rats. Pourtant, dans les salles obscures des temples, leur silence semblait déjà chargé de mystère.

Sous le gong du soir
Ce chat fixe sans bouger
La fumée d’encens

 

 

Les ruelles d’Edo

 

Dans Edo, les chats vivaient partout : sur les étals de poissons, les toits de tuiles, les bains publics encore fumants. Les graveurs d’estampes les aimaient pour leur indifférence élégante. Certains artistes disaient qu’un chat assis près d’eux empêchait les mauvais rêves d’entrer dans l’atelier.

La pluie de printemps
Sur l’estampe inachevée
Une empreinte grise


 

Le bakeneko

 

Dans les villages reculés, les anciens se méfiaient des chats trop âgés. Un animal vivant longtemps pouvait devenir bakeneko, esprit capable de parler ou de prendre forme humaine. Ainsi naquirent d’innombrables récits murmurés près du feu.

Maison désertée
Une ombre tourne la tête
Avant le typhon

LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)
LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)

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SÉQUENCE DES ESTAMPES DE NATURES MORTES

19 Mai 2026, 18:10pm

SÉQUENCE DES ESTAMPES DE NATURES MORTES

Drabble


 

PAVILLON DE THÉ

 

Dans la pénombre du pavillon, les ustensiles reposent comme après une confidence. Le bol, encore tiède, garde la mémoire des mains. La louche de bambou, posée en travers, semble suspendue entre deux gestes. Rien ne presse. Le silence, lui, s’infuse.

L’officient pense aux anciens maîtres du thé, à Sen no Rikyū,* qui voyaient dans ces objets modestes un monde entier. Leurs surfaces imparfaites ne sont pas des défauts, mais des passages. Une fissure capte la lumière comme un souvenir. Une trace d’eau devient paysage.

Tout ici invite à disparaître un peu, à laisser la place au moment.

 

 

*Sen no Rikyu (1522-1591) personnage emblématique, perfectionniste de la cérémonie du thé.

SÉQUENCE DES ESTAMPES DE NATURES MORTES

HAÏKU 

 

Bol encore vide
Au creux de la céramique
La chaleur demeure.

 

Philémon


 

SÉQUENCE DES ESTAMPES DE NATURES MORTES
SÉQUENCE DES ESTAMPES DE NATURES MORTES

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INTERMÈDE

17 Mai 2026, 20:04pm

Atelier, estampe de Katsushika Hokusaï

Atelier, estampe de Katsushika Hokusaï

Drabble*

Ode aux estampes "Ukiyo-e"

 

Dans le silence du papier naissent des mondes flottants où la vague de Hokusai murmure l’éternité, où les pruniers de Hiroshige parfument l’instant fragile.

Les lignes dansent, l’encre respire et la pluie fine caresse les toits courbés.

Visages d’acteurs, geishas rêveuses, voyageurs perdus sur la route du Tokaïdo, tous passent et demeurent à la fois.

Ô estampes ! vous capturez l’éphémère et offrez au regard une forme d’infinité, suspendue entre souffle et souvenir, comme un battement d’ailes sur l’eau immobile.

Doucement elles enseignent le temps à qui regardent encore aujourd’hui avec émerveillement .


 

 

*Drabble : composition littéraire de cent mots , avec pour règle, la lettre apostrophe compte pour un mot.

Modèles de maquillage du Kabuki

Modèles de maquillage du Kabuki

Les coraux , nature morte , estampe de Hokusaï

Les coraux , nature morte , estampe de Hokusaï

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HOKUSAI 2ème et dernière partie

10 Mai 2026, 08:52am

Cavalier, illustration pour un poème , estampe de Hokusaï.

Cavalier, illustration pour un poème , estampe de Hokusaï.

Portrait de Hokusaï, estampe de Kunisada

Portrait de Hokusaï, estampe de Kunisada

Auto portrait par Hokusaï

Auto portrait par Hokusaï

Le pont suspendu au mont Gyodo, estampe de Hokusaï.

Le pont suspendu au mont Gyodo, estampe de Hokusaï.

L’art de Hokusaï c’est une cosmologie sensuelle du monde japonais.

Cet artiste très prolifique incarne par son œuvre la spiritualité japonaise et la célébration d’une nature animiste. La découverte de ses estampes constituera un choc esthétique capital pour les artistes européens de la fin du XIXe siècle.

 

« Quand j’aurai cent ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie. » C’est l’une de ses phrases célèbres.
 

Les dessinateurs japonais qui œuvrent dans le domaine de l’estampe adoptent souvent plusieurs noms d’artistes. On estime qu’Hokusai en a utilisé 120 durant sa carrière .

Sa première signature est Katsukawa Shunrō. Nous sommes à la fin des années 1770, Hokusai n’a pas encore 20 ans.

Vers 1800, il adopte le nom qui le rendra célèbre : Hokusai (qui signifie « Atelier du Nord ») en hommage à une divinité bouddhique qu’il admirait.

En 1814, est publié le premier des 15 volumes des Hokusai Manga (« Carnets de croquis par Hokusai »), vaste recueil de dessins variés (faune, flore, personnages, objets, chimères, scènes de genre…) qui offrent un riche aperçu de la vie sous l’ère d’Edo.

À cette époque, alors qu’il se surnomme « le fou de dessin », il parcourt le Japon pour faire connaître ses estampes, jusqu’à la parution de son œuvre majeure en 1830, la série des « Trente-six vues du mont Fuji ». L’artiste a déjà 60 ans.

Hokusai, peintre en quête d’absolu et maître de l’illusion, voue aux éléments naturels un culte, un respect qui le porte à magnifier leur monumentalité.

L’artiste n’hésite pas à se livrer à des expériences innovantes en utilisant notamment le bleu de Prusse, un pigment récemment introduit au Japon, qui donne à ses vues une intensité de couleur exceptionnelle.

C’est en tant que peintre de paysage qu’il impose son talent original, en associant ses connaissances des techniques japonaises traditionnelles à sa curiosité pour la peinture occidentale.

Revenu à Edo en 1836, Hokusai est loin d’être riche. Dans une ville qui connaît à cette époque une grave famine, il survit comme il peut.

Malheureusement, la fin de sa vie s’est tenue dans la misère, n’ayant jamais attaché de l’importance pour l’argent.

 

Pour les découvreurs occidentaux, il parut être l’artiste peintre le plus fécond de l’école moderne japonaise parce qu’il portait et emportait le tradition à travers les livres, les peintures et les estampes.

.Il a su nous rendre tangible le tourbillon des formes.

  • Il me vient à l’esprit une courte anecdote :

  • C’est aux Pays-Bas que Claude Monet a découvert les estampes d’Hokusaï, chez un marchand qui ne trouvait pas ce papier avec ses dessins très solide pour l’emballage !

  • Il ne faut pas oublier que les estampes étaient éditées sur des feuille séparées et utilisées comme un empaquetage, en Hollande.

Petit rappel :

A cette époque, seule la Hollande avait une autorisation privilégiée de commercer avec le Japon , par le port de Nagasaki, une fois par an avant 1858.

 C’est d’ailleurs par ce biais que Hokusaï découvrit le bleu de Prusse, ce qui lui a valu le surnom de : Peintre bleu, à ce moment là.

En Occident, la vogue d’Hokusaï fut liée à celle de l’impressionnisme. En France, les critiques du moment dont Gustave Geffrey défenseur des impressionnistes, accordèrent une grande place à cet artiste peintre, dans leurs revues (1883 et1890).

La véritable gloire en Europe, serait due à Edmond de Goncourt grâce à sa monographie sur Hokusaï (Paris 1896) qui l’a fait connaître.

J’ajouterai que l’idée de publication de la série des 36 Vues du Mont Fuji a inspirée un peintre Français, Henri Rivière qui a fait éditer en juillet 1902, « les 36 plus belles vues de Paris avec la Tour Eiffel ».

Puis : « 36 Regards sur la Tour Eiffel » par Fabienne DELACROIX, en hommage à Henri Rivière, 2021

Et aussi , un dessinateur de BD , André JUILLARD « 36 Vues de la T our Eiffel » en double hommage à Hokusaï et Henri Rivière, réédité en 2022.

Pour réaliser ce résumé bibliographique , je me suis inspiré de l’Essai sur Maître Hokusaï, écrit par Henri-Alexis BAATSCH, écrivain et traducteur, lors de son séjour à Tokyo entre 1983 et 1984.

Extrait de la série des chutes et cascades, estampe par Hokusaï

Extrait de la série des chutes et cascades, estampe par Hokusaï

POESIE par Philémon

 

 

Vieillard obstiné
Change cent fois de nom d’art
Pour mieux renaître
Chaque ligne est renaissance
Chaque œuvre un nouveau regard

  1.  

La grande vague monte
Comme un cri figé dans l’eau
Prête à engloutir
Mais dans ce chaos suspendu
Naît une beauté fragile

 

Branches de cerisier
Frémissent sous le printemps
Fleurs comme soupirs
L’éphémère devient trésor
Sous le regard du maître

 

Visages croqués
Marchands, pêcheurs, voyageurs
Tous deviennent art
Dans chaque ride se cache
Une histoire universelle

 

 

Fleurs de cerisiers
Elles tombent sans regret
Dans l’air printanier
Le peintre retient leur chute
Dans un geste immobile

 

 

Dragon de nuée
A peine né du pinceau
Déjà disparaît
L’encre épouse le vide
Où s’efface toute chose

 

 

Galop

Un cheval lancé ne s’arrête pas dans le regard du peintre. Il continue au-delà du papier, dans un espace que l’encre ne ferme pas.

Dans un trait brusque
Le galop hors du cadre
Se prolonge encore

 

La vague

Le peintre observe la mer, longtemps, jusqu’à ce qu’elle cesse d’être un paysage et devienne un mouvement pur. Ce n’est plus l’eau qu’il voit, mais une force, une respiration.

Vague suspendue
Les griffes de l’océan
Frôlent le silence

 

Le mont Fuji

Toujours présent, jamais identique. Le Fuji change avec la lumière, les saisons, les regards. Hokusai le répète non par obsession, mais par quête.

Mont immobile
Mille visages naissent
Dans un seul sommet

 

Le mouvement

Tout bouge : le vent, les corps, les pensées. L’artiste ne fige pas, il capture l’élan.

Un trait fulgurant
Le cheval bondit encore
Hors du papier blanc

 

L’éphémère

Les fleurs tombent, les saisons passent. Hokusai ne lutte pas contre le temps : il l’accueille.

Pétales au vent
Dans leur chute silencieuse
L’éternité naît

 

Pluie

Dans les rues d’Edo, la pluie rend chaque pas incertain. Les hommes avancent, courbés, comme les herbes sous le vent.

La pluie d’automne
Des sandales dans la boue
Qui suivent leur voie

 

Sommet

Le mont Fuji apparaît à l’aube, puis disparaît dans la brume. Ce n’est pas lui qui change, mais le regard.

Aube pâlissante
Le sommet va et revient
Dans l’air si léger

Le col d'Inume, estampe de Hokusaï

Le col d'Inume, estampe de Hokusaï

Le mont Fuji et ses trois saisons, estampe de Hokusaï

Le mont Fuji et ses trois saisons, estampe de Hokusaï

Le pont flottant de Sano, estampe de Hokusaï

Le pont flottant de Sano, estampe de Hokusaï

Neige matinale à Koishikawa, estampe de Hokusaï

Neige matinale à Koishikawa, estampe de Hokusaï

Vue du mont Fuji depuis le château d'Omesawa, estampe de Hokusaï.

Vue du mont Fuji depuis le château d'Omesawa, estampe de Hokusaï.

Le Fuji San, estampe de Hokusaï

Le Fuji San, estampe de Hokusaï

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HOKUSAI 1ère partie

5 Mai 2026, 18:26pm

La vague de Kanagawa, estampe de Katsushita Hokusai

La vague de Kanagawa, estampe de Katsushita Hokusai

Le pavillon Zasai du Temple des Arhats, estampe de Hokusaï

Le pavillon Zasai du Temple des Arhats, estampe de Hokusaï

Deux hommes lavent le cheval à la cascade, estampe de Hokusaï

Deux hommes lavent le cheval à la cascade, estampe de Hokusaï

Le pont suspendu entre Hida et Hecht, estampe de Hokusaï

Le pont suspendu entre Hida et Hecht, estampe de Hokusaï

Après vous avoir présenté de nombreuses estampes au cours de mes publications, il me paraît important de vous parler de leurs auteurs, à commencer par le plus grand d’entre eux :

 

l’artiste peintre Katsushika HOKUSAI (1760 – 1849), surnommé le Fou de Dessins

 

Hokusai était le peintre et le dessinateur le plus doué de son temps avec plus de 30000 dessins, estampes et peintures ; c’était un personnage hors du commun qui est devenu un Maître de son art.

 

Toutefois, il n’a jamais été possible de dire quel était son véritable nom car ceux qu’il se donnait sont assez nombreux.

A cette époque, dès le XVIIème siècle, deux grandes villes étaient opposées : d’un côté Kyoto, à l’ouest, la ville impériale (et Osaka, carrefour commercial), puis de l’autre, Edo (Tokyo, aujourd’hui) à l’est, la ville des Shogun.*

Reliées entre elles par une route dénommée : le Tokaïdo , de 490 km à parcourir en 53 étapes pour une durée de 2 à 3 semaines, à pieds, et jalonnée de relais d’accueils.

Edo, à l’ombre du palais forteresse du pouvoir était la ville du négoce et des artisans, la ville des distractions qui s’est installée sur l’emplacement de la vieille ville populaire de Shitamachi et développée sans aucun concept urbaniste, se dispersant au fil du temps selon les anciens tracés des cheminements agricoles.

*Chef suprême du système féodal, c’est le titre le plus élevé d’un Samouraï, nommé par l’empereur pour établir un gouvernement afin de régner sur le Japon en entier.

C’est à cette période qu’est né Hokusai.

Il faut recourir à la rêverie philosophique pour pénétrer dans le monde de Edo et dans celui des artistes où le goût extrême du détail dont témoigne tout l’art japonais est tourné à l’obstination.

Détail que l’on retrouvera dans les représentations du théâtre Kabuki qui était interprété, à ses débuts, par des femmes actrices lesquelles ont été accusées de dévergondage et remplacées par des hommes acteurs, maquillés en femmes,

Hokusai naquit un jour de l’année 1760 à Edo, dans le district de Honjo, zone aussi connue sous le nom de Katsushika (dont il fit son prénom) et fut, à l’âge de trois ou quatre ans, adopté par un artisan fabricant de miroirs pour la cour du Shogun. Rapidement, il manifesta de l’intérêt pour le dessin et la peinture.

A treize ans, il entra en apprentissage chez un xylographe et, à quinze ans déjà, il gravait lui-même les six dernières feuilles d’un roman humoristique. A dix huit ans, il décida de quitter l’apprentissage, voulant devenir lui-même peintre en s’inscrivant dans un atelier spécialisé en portraits d’acteurs de kabuki.

A dix neuf ans, il se fait remarquer pour la première fois, grâce à une série réussie de portraits d’acteurs.

Cela a marqué le début d’une activité modeste d’artisan du dessin.

Toute sa vie, il gardera cette situation sociale simple et ne fonda jamais d’école bien qu’il eut de nombreux élèves.

Il ne sut jamais gérer ni la gloire ni l’argent qu’il recevait ; pour lui, l’argent n’avait pas de valeur à tel point qu’il réglait ses dépenses avec les bourses qu’il recevait en règlement de ses œuvres sans en vérifier le contenu ni à leur remise ni à leur sortie.

Par ce traitement de l’argent au hasard il vécut tout au long de sa vie dans le dénuement et son caractère bourru le tint à l’écart de la vie sociale.

On n’a peu de renseignement sur son foyer en dehors du fait qu’il était marié et père d’une fille qui deviendra célèbre par la suite comme peintre, elle aussi.

Ce n’est qu’à partir de 40 ans que vinrent ses années les plus florissantes, au moment où il devint indépendant.

Un jour , en 1804, il peignait dans l’enceinte d’un temple à Edo, sur une surface de feuilles de papier renforcé (Washi*), posées sur un lit de paille pour limiter l'humidité , et accolées sur 240 m²,(soit 18m x 11m,) ce fameux Daruma géant (figurine porte-bonheur d’origine bouddhiste), qu’il reproduisit en 1817 , à Nagoya, lors de la visite de cette ville.

*washi : papier traditionnel, fabriqué artisanalement à partir de fibres végétales longues, principalement issues du mûrier à papier kozô ; feuilles d’un format variable de:30 x 40 cm et 60 x 90 cm chacune.

Il excella dans tous les genres et, en particulier, dans les Surimono (estampes luxueuses, imprimées à titre privé et jouant le rôle de carte de vœux ou de présentation artistique) de 1793 à 1824, ces estampes séparées, de caractère privé, qui correspondaient à un goût raffiné de ponctuation des évènements de la vie sociale d’un milieu plus élégant, échappaient ainsi aux réformes de l’ère Kanseï qui instituait la censure sur les publications.

C’est la raison pour laquelle il adopta ce système comme sa manière la plus subtile d’expression picturale des corps et paysages.

C’est en 1804, alors âgé de 44 ans, qu’il publia pour la première fois une série d’estampes consacrées aux relais du Tokaïdo ( la longue route qui séparait Edo et Osaka)

Vers 1811, il publiera des suites de caricatures dites Toba-e (dessins satiriques) et c’est ce caractère exagéré du trait qui allait donner naissance à la bande dessinée.

Vers 1831,à 67 ans, il publiera les « 36 vues du Mont Fuji », dessinées de différents endroits. Il appliquera à cette série les principes esthétiques qui étaient les siens et qu’il exposait en 1812, dans la préface de son ouvrage d’Initiation au Dessin :

  • « Toutes les formes ont leurs propres dimensions que nous devons respecter ; mais il ne faut pas oublier que ces choses appartiennent à un univers dont nous ne devons jamais briser l’harmonie. Tel est mon art de la peinture ».

Ainsi, le Mont Fuji est devenu le phare des abords de Edo aux pieds duquel passe la route Tokaïdo, cette montagne domine le monde et l’âme du Japon en reliant, avec majesté, le ciel et la terre.

Avec ses 36 Vues, Hokusaï imposait une esthétique qu’il développera dans d’autres séries d’estampes et, notamment, les 100 Vues du Mont Fuji, publiées plus tard.

 

POESIE par Philémon

Katsushika Hokusai, véritable personnage de légende, au pinceau quasi magique.

 

Vieil homme des mers
Il murmure aux vagues bleues
Leurs noms oubliés
Et l’encre devient écume
Docile sous sa prière

  1.  

Dragon endormi
Dans la crête des rouleaux
Attend son appel
Le pinceau le réveille
Sans jamais le blesser

  1.  

Devant Fuji San
Il incline son pinceau
Comme au sanctuaire
La montagne respire
Dans le silence du trait

  1.  

Il peint sans capturer
Car nul ne peut enfermer
L’âme des saisons
Mais parfois elles consentent
A revivre par sa main

 

Vague suspendue
Refuse d’être qu’une image
Elle veut un rappel
Et l’homme lui prête forme
Pour qu’elle traverse le temps

  1.  

Sous mille visages
Le Fuji cache son nom
Divin et muet
L’artiste cherche encor
Le trait qui le révélera

 

Haïbuns

 

La négociation

Il ne commande pas à la vague. Il attend. Longtemps. Puis il propose une forme, comme on propose un nom à un dieu ancien. Si elle refuse, il recommence.

Vague farouche
Le pinceau apprend d’abord
A l’interroger

 

Le sanctuaire du Fuji

Face au Mont Fuji San, il ne peint pas. Il s’incline. Ce n’est qu’après ce silence que la main ose approcher le papier.

Mont immobile
Dans l’encre vibre encor
Un reste de prière

 

Les esprits de l’atelier

La nuit, l’atelier n’est pas vide. Quelque chose circule entre les feuilles, souffle léger que seul le pinceau semble comprendre.

Feuille après feuille
Les ombres laissent parfois

Une trace d’encre

Estampe de Hokusaï

Estampe de Hokusaï

L'ascension du mont Fuji, estampe de Hokusaï

L'ascension du mont Fuji, estampe de Hokusaï

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YAMATO TAKERU

3 Mai 2026, 10:24am

YAMATO TAKERU
YAMATO TAKERU

C’est l’un des grands héros légendaires du Japon ancien, son histoire est une épopée de conquête et de destin.

L’action de la légende de Yamato Takeru est censée se dérouler dans un Japon très ancien, avant même l’histoire documentée.

Les chroniques anciennes : le Kojiki et le Nihon Shoki , placent Yamato Takeru sous le règne de son père, l’empereur légendaire Keikō, traditionnellement situé entre 71 et 130 apr. J.-C..

Certaines reconstructions lui supposent une existence vers 72–114 apr. J.-C.

Les récits de sa vie ont été écrits plus de 600 ans après les faits supposés qui mêlent probablement des souvenirs de conflits réels, des symboles religieux et de la propagande dynastique.

Mais , historiquement , il est impossible d’en apporter les preuves ; le mythe reflète sans doute des événements plus tardifs.

C’est un peu le même rapport que pour le roi Arthur , au Royaume-Uni : un personnage peut-être inspiré de réalités anciennes, et devenir un héros légendaire.

 

Voici son histoire :

Dans les temps anciens du Japon, lorsque les dieux semblaient encore proches des hommes, naquit un prince appelé OUSU , fils de l’empereur Keikō.

Très tôt, on comprit qu’il n’était pas un enfant ordinaire : il était beau, fier, rapide comme le vent… et doté d’une force qui inquiétait autant qu’elle fascinait.

On raconte qu’un jour, l’empereur lui ordonna de ramener à la raison son propre frère, un prince brutal et désobéissant. Le prince Ousu exécuta la mission avec une violence telle que son père, au lieu d’être rassuré, commença à craindre la puissance de son fils.

Pour l’éloigner de la cour, l’empereur l’envoya vers le sud-ouest, dans les terres sauvages de Kumaso, où vivaient deux chefs rebelles redoutés de tous.

Le jeune prince ne choisit pas l’affrontement direct. Il observa, attendit, puis imagina un plan audacieux.

Une nuit de fête, il se déguisa en jeune femme. Drapé de soie, le visage caché sous un voile, il entra dans le banquet des deux chefs. Séduits par cette mystérieuse beauté, ils l’invitèrent à boire.

Quand le vin eut émoussé leur vigilance, Ousu sortit soudain un poignard dissimulé sous son vêtement et frappa. Le premier chef tomba sur-le-champ. Le second tenta de fuir, mais le prince le rattrapa et l’abattit.

Avant de mourir, le chef vaincu le regarda avec stupeur et lui donna un nom :
Yamato Takeru « le Brave de Yamato ».

Ce nom lui restera.

De retour à la cour, il espéra recevoir l’amour de son père. Mais l’empereur lui confia aussitôt une nouvelle mission : pacifier l’est du pays, où les tribus rebelles menaçaient encore l’autorité impériale.

Avant son départ, sa tante, prêtresse du Grand Sanctuaire d’Ise , lui remit une épée sacrée : le sabre Ama no Murakuma no Tsurugi (Epée des Nuages qui rassemble le ciel), communément : Kusanagi-no-Tsurugi (Epée qui Coupe l’herbe) qui deviendra par la suite, l’un des trois trésors sacrés symbolisant le droit divin de l’Empereur à gouverner

Cette lame, disait-on, avait appartenu aux dieux.

Yamato Takeru partit donc vers des montagnes inconnues, des forêts épaisses et des plaines battues par le vent.

Dans la province de Sagami , des ennemis l’invitèrent à une chasse en apparence amicale. Mais c’était un piège.

Alors qu’il s’avançait dans une vaste plaine d’herbes hautes, ses adversaires mirent le feu tout autour de lui.

Les flammes se refermèrent sur lui comme une tenaille.

Le vent soufflait fort. La chaleur devenait insoutenable.

Mais Yamato Takeru se souvint du sabre sacré. Il dégaina Kusanagi-no-Tsurugi et trancha les hautes herbes autour de lui. En ouvrant un passage, il se créa un cercle de survie. Puis il alluma un contre-feu, qui repoussa l’incendie ennemi.

Il sortit vivant des flammes.

C’est depuis ce jour, dit-on, que l’épée reçut le nom de « coupe-herbe ».

Le prince poursuivit ses campagnes. Partout, il vainquit ses ennemis. Pourtant, plus il avançait, plus quelque chose s’alourdissait en lui.

La fatigue. Le poids des ordres. Le sentiment d’être seul.

Un jour, alors qu’il traversait des montagnes sacrées, il se montra trop sûr de lui. Il laissa derrière lui le sabre sacré, pensant que sa seule force suffirait.

Dans les hauteurs du mont Ibuki, il affronta une puissance divine , selon certaines versions, un dieu-serpent ou un esprit des tempêtes.

Cette fois, le courage ne lui suffit pas.

Le ciel se couvrit. La pluie tomba. Le froid pénétra jusqu’à ses os.

Blessé, fiévreux, Yamato Takeru poursuivit sa route vers la capitale, mais ses forces le quittaient petit à petit.

Il s’arrêta dans la lande, regarda une dernière fois les collines lointaines, et pensa à son pays, à sa famille, à la vie qu’il n’avait jamais vraiment pu choisir.

Puis il mourut.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Quand les hommes vinrent pleurer son corps, ils virent soudain un grand oiseau blanc s’élever de sa tombe.

L’oiseau prit son envol vers le ciel, au-dessus des rizières, des montagnes et des rivières.

C’était l’âme de Yamato Takeru, enfin libérée de ses fardeaux terrestres.

Et c’est ainsi que le héros, invincible face aux hommes, trouva dans la mort la seule paix que la vie lui avait refusée.

YAMATO TAKERU

Poésie Yamato Takeru par Philémon

 

Vent sur la plaine
L’épée cachée murmure
Sous les herbes hautes
Le prince avance seul
Déguisé contre la mort

  1.  

Flammes dans la nuit
Le piège se referme
Roseaux en colère
Le feu devient son allié
Soufflé par son courage

 

Un ciel très chargé
Il coupe l’herbe et le vent
Lame opportune
Le destin plie un instant
Devant sa main assurée

 

Bien loin de la cour
Les montagnes l’attirent
Épreuves sans fin
Dans son regard fatigué
Brille encor la victoire

 

Un bel oiseau blanc
S’élève du corps tombé
Légende en plein ciel
Yamato n’est plus qu’un chant
Porté par le vent du temps.

 

haïbun

L’épée dans les herbes

On raconte qu’il entra dans la plaine comme on entre dans un piège. Les herbes hautes ondulaient, mais leur douceur cachait la mort. Le feu vint soudain, rapide, encerclant toute fuite. Alors, dans un geste calme, il trancha l’herbe, inversa le vent, et transforma la fin en passage.

Herbes en flammes
la lame trace un chemin

A travers le feu

 

Le déguisement

Pour approcher ses ennemis, il abandonna son nom et son visage. Sous les habits d’une femme, il pénétra le cœur du danger. Le sabre attendait, silencieux, comme une vérité retenue. Quand il frappa, ce fut l’éclair d’une identité retrouvée.

Sous le voile fin
Un éclair de vérité
Acier dévoilé

 

L’amour et la mer

Elle resta derrière lui, comme reste une prière que l’on n’entend plus. La mer agitée portait encore son nom, mêlé au vent et aux vagues. Lui, avançant toujours, ne pouvait revenir. Le destin des héros ne connaît pas de repos.

Vagues sans retour
Son nom flotte un instant
Puis se résorbe

 

La métamorphose

À la fin, le corps fatigué céda. Les exploits devinrent souvenirs, puis murmures. On dit qu’un oiseau s’éleva, blanc et pur, quittant la terre sans regret. Peut-être était-ce lui, enfin libéré de sa propre légende.

Oiseau d’aurore
Le héros s’envole loin
Du poids des hommes.

YAMATO TAKERU
YAMATO TAKERU
YAMATO TAKERU

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TAMAMO

26 Avril 2026, 20:32pm

illustration de Mythes et légendes du Japon

illustration de Mythes et légendes du Japon

TAMAMO

 

L’histoire de Tamamo-no-Mae est l’une des plus troublantes du folklore japonais, mêlant beauté, intelligence… et destruction.

 

Tamamo-no-Mae n’est pas, à l’origine, une simple humaine : c’est un esprit ancien et dangereux.

Elle est un kitsune, un esprit-renard doté de pouvoirs surnaturels, et plus précisément un kyūbi no kitsune (renard à neuf queues), symbole de puissance extrême dans la mythologie japonaise.

Selon les légendes, son histoire commence bien avant le Japon. Elle serait une entité errante ayant semé le chaos dans plusieurs civilisations.

 

À chaque fois, elle prend l’apparence d’une femme d’une beauté irréelle pour manipuler les puissants… puis disparaître après leur chute.

Au Japon, elle apparaît sous le nom de Tamamo-no-Mae (Demoiselle Joyau Lumineux ) à la cour de l’empereur Toba (XIIe siècle) homme de pouvoir et de raffinement.

Sa cour était remplie de poètes, de savants et de nobles… mais aucun n’égalait celle qui allait bientôt apparaître. 

 

Un jour, elle vint.

Personne ne savait d’où.

Elle se nommait Tamamo-no-Mae.

Sa beauté semblait irréelle , sa peau comme la neige, ses cheveux noirs comme la nuit sans lune. Mais ce n’était pas tout. Elle connaissait chaque poème, chaque sutra, chaque secret des étoiles. Elle répondait avant même qu’on ne pose les questions.

Très vite, elle se rendit indispensable. Puis… elle devint l’aimée irremplaçable de l’empereur lui-même

Mais la lumière trop parfaite cache souvent une ombre.

Peu à peu, l’empereur tomba malade.

Aucun remède ne fonctionnait.
Aucun médecin ne comprenait.

La cour, autrefois éclatante, devint silencieuse. Les rires disparurent. Les regards se firent méfiants.

C’est alors qu’on fit appel à un maître des arts invisibles : Abe no Yasuchika.

Il observa. Il calcula. Il pria.

Puis il déclara :

“Ce n’est pas une femme… mais une chose ancienne. Très ancienne.”

Une nuit, sous la lueur froide de la lune, la vérité éclata.

Tamamo-no-Mae n’était pas humaine.

Son corps gracieux n’était qu’un voile.

Sous cette illusion se cachait un renard aux neuf queues, un esprit ancien ayant traversé les royaumes et les siècles.
Un être qui avait déjà causé la chute d’empires… bien avant d’arriver au Japon.

Elle ne guérissait pas l’empereur.
Elle le consumait.

Lorsque sa nature fut révélée, elle ne cria pas.
Elle ne supplia pas. Elle sourit. Puis elle disparut. Comme si elle n’avait jamais été là.

Mais un empereur ne peut tolérer qu’une telle chose puisse vivre.

Des guerriers furent envoyés. Parmi eux, un archer redoutable : Kazusa-no-suke.

Ils traquèrent l’esprit à travers montagnes et plaines… jusqu’à Nasu.

Là, au milieu des vents et des herbes ondoyantes, elle apparut une dernière fois.

Plus belle que jamais. Plus terrible aussi.

Le combat fut bref. Une flèche fut tirée. Et le renard tomba.

Mais ce qui mourut ce jour-là… n’était pas simplement une créature.

C’était quelque chose de plus ancien que les royaumes.

Là où son corps toucha la terre, il ne resta pas de chair.

Seulement une pierre.

Une pierre noire, immobile… mais vivante.

On l’appela : Sesshō-seki.*

* Pierre tueuse, artefact de la mythologie nippone

On dit qu’elle tue ceux qui s’en approchent.
On dit que son souffle est empoisonné.
On dit que, parfois, quand le vent souffle la nuit…on entend encore un rire.

Des siècles plus tard, un moine tenta d’apaiser l’esprit. Certains disent qu’il y parvint.

D’autres affirment que non. Car les renards comme elle ne meurent pas vraiment.

Ils attendent. Ils observent. Et un jour… peut-être…

Sous un autre nom, dans une autre cour… Elle reviendra.

 

L’histoire de Tamamo-no-Mae a été abondamment fournie dans l’art japonais, en particulier dans les estampes ukiyo-e entre le XVIIIe et le XIXe siècle.

Ces représentations ne racontent pas toute l’histoire d’un seul coup, mais en montrent des moments clés, un peu comme des “arrêts sur image”

Des estampes bien réelles… et très nombreuses.

L’histoire était si populaire qu’elle est devenue une pièce de kabuki, immortalisée par des artistes comme Utagawa Toyokuni .

TAMAMO

POÉSIES TAMAMO par Philémon

Sous la lune pâle
Neuf queues dans le silence
Brûlent les secrets
Son regard ensorcelle
Les cœurs faibles s’égarent

  1.  

Courtisane fine
Son rire cache le feu
Des anciens démons
Dans les plis de ses manches
Sommeille mille mensonges

  1.  

Un masque parfait
La beauté comme poison
Offert sans méfiance
Le cœur à vif de l’empereur
Se perd dans son illusion

  1.  

D’un ciel écarlate
La renarde révèle
Ses queues spectrales
Son cri perce la nuit noire
Et le mensonge s’effondre

 

Pierre maudite
Souffle encore son venin
Aux âmes errantes
Même figée dans le temps
Elle ne connaît de repos

  1.  

Dans ses yeux d’ambre
Se reflètent mille vies
Et autant de morts
Immortelle illusion
Prisonnière de désir

 

Haibun

 

KITSUNE

Le palais brillait sous mille lanternes. Elle avançait, silencieuse, chaque pas mesuré comme une prière. Nul ne voyait la bête derrière la soie.

Lune sur les toits
Un souffle brûle la nuit
Queues invisibles

 

 

L’INCONNUE

On disait qu’elle venait de loin, peut-être d’un autre monde. Pourtant, son regard connaissait trop bien les faiblesses humaines.

Dans ses paumes blanches
Le destin des hommes dort
Un rire léger

 

BAS LES MASQUES

Quand la vérité éclata, il était trop tard. Les jardins étaient déjà fanés, et l’empire portait la marque de son passage.

Vent sur les cendres
Neuf ombres fuient à l’aube
Silence brisé

 

 

ÉNIGME

Certains disent qu’elle n’était pas qu’un monstre. Peut-être une âme perdue, trop puissante pour aimer sans détruire.

Clair de lune froid
Dans ses yeux passe un regret
Nuit sans un pardon

TAMAMO
TAMAMO
TAMAMO
TAMAMO

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YASUI KONPIRAGU

24 Avril 2026, 09:05am

Entrée du sanctuaire

Entrée du sanctuaire

Roche pour faire des voeux

Roche pour faire des voeux

File d'attente

File d'attente

Maintenant, je vous invite à découvrir un sanctuaire tout à fait particulier et difficile à trouver sur place.

 

Yasui Konpiragu est un sanctuaire ancien situé au sud du quartier touristique de Gion au cœur de Kyoto au Japon.

Surnommé le "sanctuaire des liens rompus", il est connu pour son mystérieux rocher percé auquel on confie ses prières pour des amours heureuses.

Il abrite aussi un petit musée consacré aux plaquettes de vœux  ema, et recueille les peignes abîmés des geiko ( apprenties geisha)


Yasui Kompiragu est un petit sanctuaire dissimulé parmi la multitude de lieux de cultes de Gion ,  Yasaka dans l’est de Kyoto, et se trouve à proximité du quartier des geiko  et du grand temple Kennin-ji.

Réminiscence de l’époque de Heian

L’endroit accueillait initialement un petit temple Fuji -dera, fondé dans la seconde moitié du VIIe siècle par le clan Fujiwara.

L’empereur Sutoku (1119 - 1164) appréciait les glycines violettes de son enceinte et en finança des réparations en 1146.

Quelques années plus tard, l’esprit courroucé de cet empereur mort en exil dans la province de Sanuki (actuelle préfecture de Kagawa à Shikoku) s’y manifeste.

Pour l’apaiser, l’empereur Go-Shirakawa ordonne la construction du temple Komyoin Kanshoji, qui sera ensuite détruit lors de la guerre d’Onin (1467 - 1477).

Au XVIIe siècle, le transfert sur cet espace sacré du Rengekoin du quartier Uzumasa Yasui à l’ouest de Kyoto est l’occasion d’enchâsser officiellement 3 esprits et kami :

  • l’empereur Sutoku ;

    Omononushi no kami, la divinité du Kotohiragu Kompira-san de Shikoku ;

    et Yorimasa Minamoto (1106 - 1180), un protagoniste de la guerre de Gempei qui clôt l’époque de Heian.

Après la restauration de Meiji (1868), le nom de Rengekoin tombe en désuétude et l’enceinte sacrée devient Yasui Jinja, puis Yasui Konpiragu.

Le surnom populaire de Yasui Konpiragu est "enkiri jinja" , c’est-à-dire le "sanctuaire pour couper les liens".

Il abrite un grand rocher haut de 1,5 m et large de 3 mètres dont la forme rappelle celle d’une ema, et est percé en sa partie inférieure d’un trou juste assez large pour laisser passer un adulte.

La pierre est nommée en japonais Enkiri enmusubi ishi ,( roche pour couper ou nouer des liens) et « Power stone » monument en anglais, et est placée près du pavillon principal Honden.

Elle est ainsi nommée car on lui attribue le pouvoir de couper les liens avec un ancien amant, ou au contraire de favoriser la formation d’un nouveau couple.

Pour cela, il faut accomplir un rituel autour du rocher :

  • - tout d’abord se procurer un talisman katashiro auprès du sanctuaire, assez semblable à celui utilisé lors de Nagoshi no Harae ( rituels shintoïste de purifications d’été )

    - puis se faufiler 2 fois dans le trou au cœur du rocher en formulant son souhait ;

    et enfin déposer le talisman sur le rocher.

La véritable forme de la pierre n’est quasiment plus discernable car elle est couverte de milliers de katashiro. ( papiers rituels anthropomorphes )

Les visiteurs sont en effet nombreux à se presser pour y prier pour leurs amours, d’autant plus que l’on peut effectuer le rituel 24 heures sur 24, les talismans étant disponibles en libre-service à condition d'effectuer un don dans la boîte prévue à cet effet près de la pierre.

Comme tout lieu de culte japonais, l’enceinte de Yasui Konpiragu s’anime plusieurs fois par an pour des festivités précises. Outre les classiques Ganjitsu ( jour de l’An férié) et Setsubun ( fête du lancer de haricot), on peut citer notamment :

  • le grand festival de printemps  Konpira (Shunki Konpira Taisai) le 10 mai, où les vœux déposés sur le rocher sont incinérés au cours d’un rite de purification ;

    Nagoshi no harae, la grande purification de mi-année autour du 30 juin ;

    Kushi matsuri, le "festival du peigne", une cérémonie qui a lieu le 4ème lundi de septembre. Les peignes kushi et épingles à cheveux kanzashi usés ou abîmés sont déposés sur le monticule Kushizuka situé au nord de l’enceinte pour les purifier.

    Les Geiko et Maiko ( autres noms des apprenties geisha ) y apportent leurs ornements de cheveux inutilisables pour leur témoigner leur gratitude avant de les jeter.

Yasui Konpiragu est un sanctuaire sans prétention, mais qui ne désemplit pas de touristes japonais ou internationaux venus déposer leur prière de bonheur en couple, et se prêter au jeu du passage dans la pierre.

Il peut constituer une étape romantique entre la visite du Kyoto traditionnel des geisha et des temples solennels tels que Kennin-ji ou Kodai-ji.

Poésie par Philémon

 

Tankas

  1.  

Pierre percée sombre
Souffle ancien y demeure
Il rampe en silence
Un vœu glisse sous sa peau
Les liens tombent sans bruit

  1.  

Papier noué blanc
Frissonne au vent d’automne
Des vœux emmêlés
Amours défaits sans mémoire
Le passé défait

  1.  

Sous torii discret
L’ombre avale des regrets
Odeur de mousse
Le bois garde les secrets
Qui sont déjà délaissés

  1.  

Un trou dans la pierre
Comme bouche du destin
Il passe lentement
Laisser derrière sa peur
Renaître de l’autre côté

  1.  

Nuit sur Kyoto
Lampes rouges vacillent
Il faut faire un vœu
Dans la froidure du sanctuaire
Son cœur se libère de tout

 

Haibun

 

LA DÉCISION

Le chemin est étroit, presque dissimulé entre les maisons. Rien de grandiose. Seulement une pierre, massive, trouée comme par une volonté ancienne. Les visiteurs se font petits, s’agenouillent, rampent. Le geste est étrange, presque humiliant, mais nécessaire. On entre avec ses liens, on ressort sans certains d’entre eux.

Dans la pierre froide
Ton nom accroche un instant
Puis se détache

 

VOEUX

Des papiers blancs recouvrent la pierre, superposés, collés, tremblants sous le vent. Chacun porte une histoire qu’on ne lit pas. Ruptures murmurées, dépendances secrètes, promesses de recommencer. Le sanctuaire n’impose rien , il laisse simplement partir.

Vent d’hiver léger
Les papiers se soulèvent
Ces liens déjà morts

 

LA FILE

Il regarde ceux qui passent avant lui. Certains rient, d’autres hésitent longtemps. Une femme ferme les yeux avant de ramper. Lorsqu’elle ressort, elle ne dit rien. Mais son visage a changé, comme si quelque chose avait été laissé derrière, à l’intérieur de la pierre.

Silence après
Le passage dans l’ombre

Un cœur est plus clair

Pavillon des prières

Pavillon des prières

Pavillon des 3 divinités kami

Pavillon des 3 divinités kami

Plaques votives ema déposées au sanctuaire

Plaques votives ema déposées au sanctuaire

Visiteuse traversant un anneau de paille

Visiteuse traversant un anneau de paille

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BUNKYO TSUTSUJI MATSURI

19 Avril 2026, 17:44pm

BUNKYO TSUTSUJI MATSURI
BUNKYO TSUTSUJI MATSURI

C’est le festival des azalées du sanctuaire shinto Nezu-jinja, situé dans l'arrondissement de Bunkyo au nord de Tokyo .

Plusieurs évènements traditionnels et culturels y sont également organisés pendant ce festival saisonnier haut en couleurs.


Le printemps, lancé avec la saison des sakuras  (cerisiers ornementaux), poursuit sa balade avec d'autres inflorescences tout aussi magnifiques à contempler, notamment celle des azalées du Japon ( azarea ou  tsutsuji), un genre de rhododendrons qui fleurit au cours du mois d'avril à Tokyo.

Au nord de la capitale, le sanctuaire  Nezu-Jinja héberge l'un des 5 grands festivals saisonniers de son arrondissement, baptisé Bunkyo Tsutsuji Matsuri

Ce dernier a lieu pendant tout le mois d'avril et se concentre autour du jardin aux 3.000 azalées,  ouvert pour l'occasion dans l'enceinte spirituelle.

La floraison d'une centaine d'espèces différentes de rhododendrons se fait de manière progressive, avec un pic moyen constaté autour de la mi-avril (sous réserve des conditions météorologiques des semaines précédentes).

Sanctuaire déjà remarquable avec ses pavillons vermillons à l'architecture traditionnelle préservée, Nezu-jinja se pare de couleurs flamboyantes pendant la floraison de ses azalées : du blanc étincelant en passant par toutes les nuances de rose, de violet et de rouge.

Certains bosquets affichent également des fleurs jaunes ou orange. Ce paysage coloré et fleuri contraste alors merveilleusement avec le vert des jeunes feuilles des arbres environnant.

Perchés sur une colline, les premiers massifs floraux ont été plantés il y a plus de 350 ans à l'initiative de Tokugawa Tsunashige (1644 - 1678), fils du shogun Tokugawa Iemitsu à l'époque Edo (1603 - 1868) et seigneur du domaine féodal de Kofu.

Le jardin d'azalées fut d'abord baptisé « Tsutsujigaoka »  (colline des Azalées) et depuis ce belvédère, l'on peut toujours admirer la vue sur :

  • la porte Romon du sanctuaire et le petit tunnel Senbon-Torii.

Il faut préciser que ces points de vue en hauteur sont réalisables uniquement pendant la durée du matsuri  (festival); les allées du jardin étant fermées au public le reste de l'année.


En plus des floraisons, plusieurs évènements sont organisés pendant les week-ends et les jours fériés du festival permettant d’ assister à des manifestations comme :

 

  • une parade de chars mikoshi (sanctuaires portatifs shintoistes).

    une représentation du maniement du matoi (objet d’identification en forme de drapeau).

    un marché aux antiquités.

Un goshuin spécial(sceau sacré à collectionner),  en série limitée, est également mis en vente à 1.000¥ (5,34€) pendant cette période.

Ce festival est un évènement saisonnier prisé des Japonais, qui sont par ailleurs en vacances nationales à compter de la fin avril pour la Golden Week (vacances nationales de 7 à 10 jours autour de 4 jours fériés)

Bunkyo Tsutsuji Matsuri attire la foule et l'on recommande de privilégier plutôt un jour en semaine pour découvrir les azalées du Nezu-jinja, les week-ends étant très chargés,

Dans la région ouest de Tokyo, il est également possible de visiter le temple Shiofune Kannon-Ji , installé dans une vallée où fleurissent environ 17.000 rhododendrons, ce qui promet encore de longs moments de contemplation, en perspective.

Tunnel de torii

Tunnel de torii

Poésie par Philémon

 

Nezu, saison des tsutsuji

On entre par les torii successifs, et soudain le jardin s’ouvre. Les rhododendrons occupent tout l’espace. Il n’y a plus vraiment de chemin, seulement une progression lente entre les masses de fleurs.

Beaucoup de rouge
Même le pas hésite
A continuer.

Près du sanctuaire Nezu

 

Allée étroite
Les tsutsuji débordent
Presque trop proches
Ton épaule effleure
Un printemps de silence

  1.  

Torii vermillon
Derrière lui les massifs
Rouges sur rouges,
Mais le regard hésite
Entre bois et pétales.

 

À l’aube fragile
Les lampions s’éteignent tous
Reste le parfum
D’un souvenir partagé
Qui ne veut pas s’achever

 

Haïbun

Fragments du matsuri

Les ruelles de Bunkyō se remplissent lentement. Les premiers lampions s’allument comme des étoiles domestiquées. Une vieille femme ajuste son yukata (kimono léger), puis s’incline devant le temple.

Lumière tremblante
Une main ridée s’attarde

Sur le bois sacré.

 

Sous les rhododendrons

Le jardin du temple disparaît sous les rhododendrons en fleurs. Les allées deviennent des couloirs de couleur, où l’on avance lentement, presque avec respect, comme dans une mer vivante.

Les allées fleuries
Chaque pas soulève un peu
De parfum dense


Transmission

Un vieil homme explique à son petit-fils que ces fleurs reviennent chaque année, mais jamais identiques. L’enfant regarde, sérieux, comme s’il cherchait à s’en souvenir pour toujours.

Même arbuste
Et pourtant autre printemps
Dans son regard neuf


Nocturne

Les fleurs de tsutsuji débordent des jardins. Leur couleur semble irréelle sous les lanternes. On dirait que la nuit elle-même fleurit.

Nuit en pétales
Le rouge des azalées
Éclaire l’ombre

 

Dernière visite

Au petit matin, les rues sont presque vides. Quelques lanternes éteintes roulent doucement sous le vent. Le matsuri s’est retiré comme une marée.

Après la fête
Le silence recueille
Les tout derniers pas.


BUNKYO TSUTSUJI MATSURI
BUNKYO TSUTSUJI MATSURI
BUNKYO TSUTSUJI MATSURI
BUNKYO TSUTSUJI MATSURI

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INTERLUDE

15 Avril 2026, 20:12pm

INTERLUDE
INTERLUDE
INTERLUDE

Les jardins japonais sont une véritable expression de la nature

Les jardins japonais traditionnels sont des lieux de paix et de contemplation tranquille. Ils se caractérisent par des courbes et une asymétrie, les designers cherchant à créer une expression de la nature à travers une combinaison astucieuse d'arbres, de fleurs, de rochers et d'eau.

L’objectif n’est pas de parvenir à une reproduction parfaite des vues naturelles, mais de construire des versions à échelle réduite de paysages idéalisés.

Dans les jardins kaiyushik(de style promenade), qui intègrent divers éléments traditionnels autour d’une pièce d’eau, les visiteurs se promènent le long de sentiers entourant un grand étang central.

Des collines artificielles, des îles, des ponts, des pavillons, de gros rochers et d’autres éléments sont utilisés pour représenter des scènes célèbres de tout le pays.

Le charme des jardins japonais réside dans les vues qui changent lorsqu'elles sont vues sous différents angles et à différentes saisons ou heures de la journée.

On pense que les premiers jardins japonais ont été construits à l'époque de Nara (710–794).

À partir du Xe siècle environ, de nombreux temples ont construit des jardins de jōdo (terre pure), basés sur les descriptions bouddhistes du paradis.

À l'époque de Muromachi (1333–1568) karesansui, ou “ruisseau de montagne sec”, les jardins fleurissaient dans les temples bouddhistes zen où les moines utilisent la roche, le sable et le gravier pour représenter la terre et l’eau.

D'autres styles typiques incluent le roji ou Chaniwa (théières) rattachées aux salons de thé et aux jardins de promenade construits par les seigneurs féodaux dans leur château ou leur manoir.

D’autres jardins ont continué à être construits par des propriétaires fonciers privés, des établissements publics et des hôtels jusqu’à l’ère moderne.

Aujourd'hui, la plupart des grands jardins appartenant aux seigneurs féodaux sont des biens culturels désignés, ouverts au public et attirant de nombreux touristes.

De nombreux jardins célèbres sont concentrés à Kyoto, l'ancienne capitale et siège de l'aristocratie, qui compte également de nombreux temples dotés de terrains spacieux.

On dit que les “trois jardins célèbres” du Japon sont :

 

 Kenrokuen à Kanazawa, préfecture d'Ishikawa, 

Kōrakuen à Okayama, préfecture d'Okayama, et 

Kairakuen à Mito, préfecture d'Ibaraki.

 

Ces vastes espaces verts ont tous été construits par des seigneurs féodaux à l'époque d'Edo (1603–1868) et peuvent être appréciés tout au long de l'année.

Les rochers sont un élément essentiel d’un jardin japonais. Le célèbre guide Sakuteiki (Traité sur la création de jardins), écrit à un moment donné de la période Heian (794–1185), commence par discuter de l'emplacement des roches.

Selon ce guide, le paysagiste ne doit pas personnellement choisir où les placer, mais doit demander aux rochers eux-mêmes où ils souhaitent être posés et suivre leurs désirs.

Le jardin de rocaille du temple zen de Kyoto Ryōanji est peut-être l'exemple le plus connu de la karesansui (style qui utilise le sable et les pierres pour évoquer les collines et les cours d'eau)

Les gros rochers sont comme des îles dans une mer de gravier. Les 15 rochers et pierres ont été disposés de manière à ce qu'il ne soit pas possible d'en voir plus de 14, quel que soit l'angle sous lequel vous regardez.

Les jardins japonais reflètent les perspectives philosophiques et religieuses traditionnelles sur les propriétés éternelles de l’âme et de la nature.

Ce sont des mondes individuels qui transcendent la beauté simple à travers la composition d’éléments naturels.

Entrez dans l'une de ces îles vertes de calme depuis l'agitation de la ville et vous aurez l'impression d'entrer dans un petit univers.

INTERLUDE
INTERLUDE
INTERLUDE

Poésie par Philémon

Brume du matin
Les cerisiers frissonnent
Pétales en pluie
Sous le vent léger de mars
Le temps suspend son souffle

 

Rivière paisible
Reflet de fleurs éphémères
Glissant en silence
Un pas puis l’autre s’efface
Dans la douceur renaissante

 

VOYAGE

Le train ralentit à l’approche du village. Déjà, les collines semblent poudrées de rose. Sur le quai, quelques voyageurs s’arrêtent sans parler, comme s’ils entraient dans un sanctuaire invisible. Le printemps n’est pas seulement une saison ici il est un passage, une respiration fragile entre ce qui fut et ce qui disparaît déjà Il marche sous les cerisiers. Chaque pétale tombe avec une précision silencieuse, et pourtant rien n’est perdu. Tout se transforme en souvenir du moment même où cela existe.


Pluie de pétales
Dans le creux de ta paume
Un instant il tient.

 

 

Au vent de printemps
Un pétale s’attarde
Sur son écharpe


 

Sous les sakuras
Un rire d’enfant s’envole

Les fleurs s'éparpillent

INTERLUDE
INTERLUDE

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