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Poésie Japonaise
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LÉGENDE DE TAKACHIHO

27 Septembre 2026, 09:08am

Amaterasu déesse de la lumière

Amaterasu déesse de la lumière

 

La légende principale de Takachiho (dans la préfecture de Miyazaki, au Japon) est celle de la Grotte du Ciel (Ame-no-Iwato), un récit fondamental de la mythologie shintoïte expliquant le retour de la lumière sur terre.

L'Origine : La colère d'Amaterasu

Au commencement, Amaterasu Ōmikami, la déesse du soleil et souveraine du ciel, vivait dans le Takamagahara (la Plaine du Haut Ciel).

Son frère, Susanoo-no-Mikoto, le dieu de la tempête et des mers, était connu pour son tempérament violent et imprévisible.

Susanoo monta au ciel pour voir sa sœur avant de partir pour l'exil. Mais, dans un accès de rage et de tristesse, il provoqua un chaos terrible :

  • - Il jeta un cheval écorché à travers le toit de la salle de tissage sacrée où Amaterasu travaillait.

    - La servante d'Amaterasu, effrayée par la chute du cheval, se blessa mortellement avec son fuseau.

Terrifiée et furieuse par ce manque de respect envers le sacré, Amaterasu se réfugia dans la Grotte du Ciel (Ame-no-Iwato) et la ferma avec un énorme rocher.

Dès que la déesse du soleil se cacha, le monde entier fut plongé dans une obscurité éternelle.

Les dieux et les humains souffrirent, les maux apparurent, et le monde menaçait de sombrer dans le désordre.

Les huit millions de dieux se réunirent sur les rives de la rivière du ciel pour trouver une solution. Leurs actions comprenaient :

  • L'élevage d'un coq sacré pour chanter comme si l'aube arrivait.

    La mise en place de joyaux, de miroirs et d'offrandes sur un arbre sacré (le Yasakani no Magatama).

    La préparation d'un bain rituel pour purifier l'air.

L'étape cruciale fut la danse de Ame-no-Uzume-no-Mikoto, la déesse de l'aube et de la joie.

Elle se plaça sur un tonneau renversé devant la grotte, se déshabilla de manière provocante et commença une danse frénétique et comique, faisant claquer ses pieds et émettant des bruits étranges.

Les dieux rirent aux éclats, un rire si puissant et joyeux qu'il résonna dans tout le ciel.

Intriguée par les rires, Amaterasu entrouvrit légèrement la grotte pour voir ce qui se passait.

Une déesse nommée Ame-no-Tajikarao, cachée derrière le rocher, profita de cet instant pour écarter l'énorme pierre et tirer Amaterasu hors de la grotte.

Une autre déesse tendit un miroir sacré (Yata no Kagami) devant elle, Amaterasu, voyant son propre reflet lumineux, fut éblouie et sortit complètement, permettant à la lumière du soleil de revenir sur terre.

Le rocher fut ensuite scellé définitivement, mais la lumière resta.

Takachiho Aujourd'hui :

Le Bourg de Takachiho est considérée comme le lieu exact où cette grotte se trouve.

  • Le Sanctuaire Ame-no-Iwato :

    Situé au fond d'une gorge verdoyante, il marque l'entrée de la grotte.

  • Les visiteurs ne peuvent pas entrer dans la grotte elle-même (qui est considérée comme trop sacrée), mais peuvent voir le rocher depuis l'extérieur et écouter le bruit de la rivière Gokase qui coule en dessous.

    La Danse No 

    La légende est souvent commémorée par des danses rituelles appelées Iwato Mai, qui rejouent la danse d'Ame-no-Uzume.

    Les Pèlerinages :

    C'est un lieu de pèlerinage majeur où l'on vient pour prier pour la clarté de l'esprit et la réussite, symbolisant la sortie de l'obscurité vers la lumière.

C'est l'une des histoires les plus importantes du shintoïsme, car elle explique non seulement l'alternance jour/nuit, mais aussi l'importance de la joie, de la communauté et de la purification pour surmonter les moments les plus sombres.


Le bourg de Takachiho se situe dans le nord de la préfecture de Miyazaki, sur l'île de Kyushu, au sud-ouest du Japon.

Détails géographiques clés situant l’emplacement appelé : Le Bourg :

  • Région :

     Kyushu (île principale la plus au sud du Japon).

    Préfecture :

     Miyazaki (côte est de Kyushu, face à l'océan Pacifique).

    Localisation précise :

     Elle est enclavée dans les monts Sobo-Katamuki, au cœur d'une région montagneuse.

  • Le bourg est célèbre pour sa gorge spectaculaire, la gorge de Takachiho (Takachiho-kyo), creusée par la rivière Gokase.

    Accessibilité :

    • Elle est située à environ 1h30 à 2h de voiture de la ville de Miyazaki (la capitale de la préfecture) ou de l'aéroport de Miyazaki.

      Il n'y a pas de gare ferroviaire directe. Les visiteurs viennent généralement en bus depuis les gares de Kitakyushu, Kokura, ou Miyazaki.

En raison de son isolement géographique cela a contribué à sa réputation de « berceau de la mythologie japonaise » et à la conservation de ses légendes anciennes.

Située au cœur des montagnes, la région a été moins touchée par la modernisation rapide et les guerres du Japon moderne.

Cela a permis aux traditions orales, aux rituels et aux danses de survivre intactes pendant des siècles.

Aujourd'hui, si vous visitez Takachiho, vous ne verrez pas seulement des ruines ou des monuments, mais vous pourrez assister à des représentations de Kagura qui sont des reconstitutions vivantes de ces légendes anciennes, perpétuant ainsi, la mémoire des dieux shintoïstes.

Ce qui rend cette légende particulièrement intéressante: ce n'est pas seulement une histoire de dieux, mais un récit sur la disparition et le retour de la lumière, sur le lien entre le monde divin et le monde humain, et sur la manière dont le rire, la danse et le rituel peuvent rétablir l'harmonie.

LÉGENDE DE TAKACHIHO

Poésie de Takachiho par Philémon

 

Dans la caverne
Amaterasu se cache
le monde s’éteint
et forcément le soleil
semble retenir son souffle

 

Devant la pierre close
un rire monte dans la nuit
les dieux s’assemblent
et grâce au miroir tendu
la beauté est projetée

 

Amano-Iwato
garde encore le secret
de la lumière
la pierre n’est jamais muette
pour qui sait bien écouter

 

Ame-no-Uzume

danse devant la grotte
et son rire fend la nuit
les dieux frappent des mains
et la lumière jaillit

 

Quand revient la lumière
la montagne ouvre ses yeux
cernée de brume
Takachiho recueille
le premier souffle du jour

 

D’entre les rochers
l’eau descend sans faire de bruit
elle connaît les dieux
et garde au fond de son cours
la mémoire de ses débuts

 

Sous les grands cèdres
une ancienne présence veille
nul besoin de mots
la montagne elle-même
devient prière silencieuse

 

Les gorges de Takachiho

La rivière Gokase s’enfonce entre les parois volcaniques de la gorge. Les rochers dressés semblent garder la trace d’un monde très ancien. Ici, l’eau ne sépare pas le paysage de la légende : elle semble en prolonger le récit. On comprend alors pourquoi Takachiho demeure associé aux récits des origines. Dans cette terre de montagnes et de brumes, la nature n’est pas un décor posé autour du sacré. Elle en est l’une des expressions.

Entre deux falaises
la rivière emporte le ciel
les brumes se lèvent

 

Amano-Yasukawara

On raconte que les dieux se réunirent à Amano-Yasukawara pour chercher le moyen de faire revenir Amaterasu. Le lieu est aujourd’hui couvert de petites pierres déposées par les visiteurs. Elles s’accumulent dans les anfractuosités de la roche, comme autant de gestes minuscules adressés à l’invisible. Une pierre posée sur une autre paraît dérisoire. Pourtant le geste se répète. Et, par cette répétition, le silence devient prière.

Une pierre sur l’autre
le silence monte posément
vers la lumière cachée

 

Le pays des commencements

Takachiho est parfois présenté comme une terre où les dieux descendirent parmi les hommes. Les récits anciens y placent les commencements d’un monde où les montagnes, les rivières, les arbres et les rochers participent au même ordre invisible.

Peut-être est-ce cela que l’on ressent lorsque la brume descend sur les gorges : non pas la présence spectaculaire d’un dieu, mais quelque chose de plus discret. Une impression de continuité entre ce qui se voit et ce qui ne se voit pas.

La brume du soir
entre visible et invisible
un calme demeure

 

Gorges de Takachiho

Gorges de Takachiho

gorges suite

gorges suite

Plateforme de la visite des gorges

Plateforme de la visite des gorges

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TOYOTOMI HIDEYOSHI ( suite et fin)

21 Septembre 2026, 09:36am

TOYOTOMI HIDEYOSHI  ( suite et fin)

Mais son ambition ne connaissait pas de frontières.

Il voulait conquérir la Corée, puis atteindre la Chine des Ming.

En 1592, ses armées traversèrent la mer.

Au début, tout alla très vite.

Les troupes japonaises avancèrent profondément en Corée.

Mais elles rencontrèrent une résistance acharnée.

Et surtout, sur la mer, l'amiral coréen Yi Sun-sin infligea aux forces japonaises de lourdes défaites.

La guerre s'enlisa.

Des négociations commencèrent.

Puis échouèrent.

Hideyoshi refusa de renoncer à son rêve.

Une seconde invasion fut lancée en 1597.

Mais cette fois encore, la victoire lui échappa.

Pendant ce temps, Hideyoshi vieillissait.

Et il avait un problème plus terrible encore que la guerre :

son fils Hideyori était encore un enfant.

Hideyoshi comprit que tout ce qu'il avait construit pouvait disparaître avec lui.

Alors il réunit les grands seigneurs.

Il leur demanda de protéger son fils.

Parmi eux se trouvait encore...

Tokugawa Ieyasu.

Le vieux Hideyoshi mourut en 1598.

Il avait commencé sa vie comme un homme sans nom.

Il la terminait comme Toyotomi Hideyoshi, taikō du Japon.

Après sa mort, le fragile édifice commença à se fissurer.

Les grands seigneurs recommencèrent à se méfier les uns des autres.

Tokugawa Ieyasu.

Il attend.

Puis il agit

En 1600, les armées de l'Est et de l'Ouest se rencontrent à Sekigahara.

En quelques heures, le destin du Japon est décidé.

Tokugawa Yeyasu est victorieux.

Trois ans plus tard, en 1603, il reçoit de l'empereur le titre de shōgun.

Le shogunat Tokugawa commence.

Et cette fois, il va durer.

Deux cent soixante-quatre ans, c’est toute la période de mise en place d’une gouvernance et d’évolution des arts, des lettres, des graveurs et artistes peintres de cette période dite « Edo »

Hideyori, le fils de Hideyoshi, grandit à Osaka.

Mais le destin de la famille Toyotomi était scellé.

En 1615, le château d'Osaka tomba à la suite du siège conduit par les troupes de Tokugawa Yeyasu pour anéantir le dernier bastion du clan rival de la famille Toyotomi.

Hideyori et sa mère Yodo-dono se suicidèrent

Et avec eux, s'éteignit la maison de celui qui, quelques décennies auparavant, n'était encore qu'un petit garçon pauvre d'Owari.

Et c'est peut-être cela, le plus beau de son histoire

Si l'on regarde Hideyoshi uniquement comme un conquérant, on voit un homme ambitieux, parfois cruel, responsable de guerres terribles.

Mais si l'on écoute son histoire comme un conte...

on voit autre chose.

Un homme né tout en bas de l'échelle qui réussit à monter jusqu'au sommet du Japon.

Il n'était pas le fils d'un shōgun.

Il n'était pas issu d'une grande famille.

Il n'avait pas derrière lui une longue lignée de guerriers.

Il avait seulement son intelligence, son énergie, son extraordinaire capacité à comprendre les hommes et une ambition sans mesure.

Il conquit le Japon.

Il fit bâtir des châteaux.

Il collectionna les objets précieux.

Il organisa des fêtes sous les cerisiers.

Il s'entoura de poètes et de maîtres du thé.

Et, pourtant, lorsqu'il mourut, tout ce qu'il avait construit passa finalement aux mains de l'homme qui avait su attendre : Tokugawa Yeyasu.

C'est peut-être pourquoi Hideyoshi demeure si fascinant.

Parce que son histoire ressemble à une vieille leçon japonaise :

La fortune peut conduire un homme très haut.
Mais nul ne sait combien de temps il pourra y demeurer.

Et lorsque les cerisiers fleurirent à Daigo, au printemps de 1598, Hideyoshi était encore là, au milieu de ses proches, regardant les pétales tomber.

L’homme qui avait voulu maîtriser le destin se trouvait, comme tous les hommes, simplement assis sous les fleurs.

Il ne lui restait que quelques mois à vivre.

Hideyoshi s'éteignit en 1598.

Le Japon qu'il avait presque entièrement réuni lui survécut. Ses châteaux demeurèrent quelque temps. Ses trésors aussi. Mais son pouvoir, lui, s'en alla avec lui , comme la dernière lumière sur les toits d'or d'Ōsaka.

TOYOTOMI HIDEYOSHI  ( suite et fin)

Poésie par Philémon

 

 

Or sur les fusuma
dragons, pins et grues s’éveillent
dans les lieux de fête
le monde paraît éternel
sous la lumière des chandelles


 

Les cheveux blanchissent
les armures restent suspendues
dans les salles du château
et les jardins poursuivent
leur inflorescence sans lui


 

Il regarde Hideyori
comme un dernier printemps
le père veut retenir
entre les mains d’un enfant
un royaume déjà fragile


 

Sous les pluies d’été
un homme quitte ses palais
les bannières se taisent
et le vaste Japon demeure
plus grand que son conquérant


 

Le château d’Ōsaka

À Ōsaka, Hideyoshi voulut bâtir plus qu'une forteresse. Il voulut donner une forme visible à son pouvoir. Des milliers d'hommes transportèrent les pierres. Les murs montèrent. Les toits apparurent. Puis l'or vint couvrir les salles et les portes. De loin, le château semblait appartenir à un monde de légende. Mais derrière les murailles, le pouvoir avait son autre visage : intrigues, rivalités, alliances et inquiétude. Plus le château s'élevait, plus Hideyoshi devait veiller à ce que rien ne s'écroule.

Sur les pierres neuves
le soleil du soir s'attarde
un corbeau passe

 

La coupe de thé

On pourrait croire qu'un homme qui avait conquis le pouvoir ne connaissait que le tumulte des batailles. Pourtant, Hideyoshi aimait le thé. Dans une petite pièce, le monde extérieur disparaissait. Le sabre demeurait à l'écart. Une coupe passait de main en main. L'eau chantait doucement dans la bouilloire.Pendant quelques instants, l'homme qui commandait aux armées redevenait simplement un homme assis dans le silence. Peut-être est-ce là que le pouvoir paraît le plus fragile.

Le bambou frémit
une vapeur monte du bol
le guerrier se tait

 

Le dernier printemps

À la fin, les victoires ne suffirent plus. Hideyoshi vieillissait. Le grand conquérant savait que son œuvre dépendait désormais d'un enfant : son fils Hideyori. Il chercha à assurer son avenir, à obtenir des serments, à maintenir autour de lui les hommes qui pourraient protéger le jeune héritier. Mais aucun serment humain ne peut arrêter le temps. Dans les jardins, le printemps revint.

Fleurs de cerisier
elles tombent sans demander
qui fut le plus grand

TOYOTOMI HIDEYOSHI  ( suite et fin)
TOYOTOMI HIDEYOSHI  ( suite et fin)
TOYOTOMI HIDEYOSHI  ( suite et fin)
Triptyque par Utamaro sur Hideyoshi

Triptyque par Utamaro sur Hideyoshi

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TOYOTOMI HIDEYOSHI (1ère partie)

15 Septembre 2026, 10:05am

Toyotomi Hideyoshi

Toyotomi Hideyoshi

Toyotomi Hideyoshi

Toyotomi Hideyoshi

LE PETIT HOMME QUI VOULUT CONQUERIR LE JAPON

 

 

Il était une fois, dans une campagne de la province d'Owari, un garçon qui n'était pas destiné à devenir grand.

Il ne naquit ni dans un palais, ni dans une famille de puissants guerriers. Son père, selon les sources traditionnelles, avait été un simple soldat-paysan. Le garçon reçut le nom de Hiyoshi-maru.

Il était petit, vif, laid peut-être, mais surtout incroyablement débrouillard.

On raconte qu'il avait les traits fins et malicieux d'un singe, au point que son premier grand maître, Oda Nobunaga, le surnomma plus tard Saru : « le singe ».

Personne, à cette époque, n'aurait imaginé que ce petit garçon deviendrait un jour le maître du Japon.

Le garçon qui partit sur les chemins

Encore jeune, Hiyoshi-maru quitta son village.

Il connut les routes, les marchés, les auberges et les maisons de guerriers. Il servit différents maîtres avant que le destin ne le conduise auprès d'un jeune seigneur d'Owari : Oda Nobunaga.

Nobunaga était tout son contraire :

Il était grand seigneur, héritier d'une puissante famille, brutal, imprévisible et audacieux. Il méprisait les anciennes habitudes et rêvait lui aussi de soumettre les provinces du Japon.

Le petit serviteur plut à Nobunaga.

Il était toujours là où il fallait être.

Quand on lui confiait une tâche, elle était accomplie.

Quand il fallait trouver une solution, il en trouvait une.

Quand il fallait parler à quelqu'un, il savait comment s'y prendre.

Et surtout, il avait cette qualité rare chez les hommes de pouvoir : il comprenait les autres.

Peu à peu, le petit serviteur devint soldat, puis officier.

Hiyoshi-maru devint Hashiba Hideyoshi.

Et le singe commença son ascension.

Une histoire raconte qu'au cours d'une campagne militaire, Nobunaga devait prendre le château de Sunomata.

Le problème était simple : il fallait construire une forteresse.

Le problème était aussi énorme : cela demandait normalement beaucoup de temps.

Hideyoshi aurait alors imaginé une ruse.

Les éléments du château furent préparés à l'avance, loin des regards. Puis, pendant la nuit, ses hommes les transportèrent et les assemblèrent rapidement sur place.

Au matin, Nobunaga aurait découvert une forteresse là où, la veille encore, il n'y avait rien.

Était-ce réellement un château construit en une seule nuit ?

Les historiens discutent encore les détails.

Mais peu importe.

La légende était née.

Hideyoshi était désormais l'homme capable de faire en quelques jours ce que les autres accomplissaient en plusieurs mois.

Mais dans le Japon des guerriers, le destin pouvait basculer en une nuit.

Nous sommes en 1582.

Oda Nobunaga se trouve à Kyoto, au temple Honnō-ji, avec une petite escorte.

Il se croit en sécurité.

Mais l'un de ses propres généraux, Akechi Mitsuhide, se retourne contre lui.

À l'aube, les troupes d'Akechi encerclent le temple.

Nobunaga comprend qu'il est perdu.

Le grand conquérant se retire dans le bâtiment en flammes.

Et là, dans le feu du Honnō-ji, Oda Nobunaga meurt.

Hideyoshi est alors loin de Kyoto, occupé à combattre les forces de Mōri.

Lorsqu'il apprend la nouvelle, il comprend immédiatement ce que cela signifie.

Son maître est mort.

Le Japon est sans maître.

Et celui qui arrivera le premier à Kyoto pourra peut-être devenir son successeur.

Hideyoshi fait alors quelque chose d'extraordinaire.

Il négocie rapidement avec ses ennemis, conclut une paix provisoire, rassemble son armée et marche à une vitesse prodigieuse vers Kyoto.

Puis il rencontre Akechi Mitsuhide.

À Yamazaki, la bataille est brève.

Mitsuhide est vaincu.

Quelques jours plus tôt, il avait tué Nobunaga.

Quelques jours plus tard, il est mort à son tour.

Et Hideyoshi devient l'homme le plus puissant du Japon.

Mais il reste des rivaux

Hideyoshi n'est pas encore maître du pays.

D'autres grands seigneurs observent son ascension avec inquiétude.

Parmi eux se trouve un homme beaucoup plus discret :

Tokugawa Ieyasu.

Ieyasu ne ressemble pas à Hideyoshi.

Il ne cherche pas à éblouir.

Il attend.

Il observe.

Il sait patienter.

Hideyoshi, lui, avance comme une tempête.

Il gagne bataille après bataille, mais il comprend aussi qu'on ne gouverne pas le Japon uniquement avec une épée.

Alors il emploie une autre arme : la politique :

Il donne des terres.

Il en retire.

Il marie les familles.

Il accueille les ennemis.

Il transforme certains adversaires en alliés.

Et, surtout, il obtient de la cour impériale des titres prestigieux.

Il devient kanpaku, régent impérial.

Puis, lorsqu'il se retire officiellement, il prend le titre de taikō*

*régent à la retraite.

L'ancien petit serviteur possède maintenant un pouvoir presque sans égal.

Hideyoshi entreprend alors de transformer le Japon.

Il veut savoir qui possède quelle terre.

Combien elle rapporte.

Qui est paysan.

Qui est guerrier.

Il fait procéder à des relevés agricoles.

Il ordonne aussi aux paysans de rendre leurs armes.

C'est la fameuse « chasse aux sabres ».

Désormais, le paysan travaille la terre et le guerrier porte l'arme.

Hideyoshi veut ainsi mettre fin à cette époque où les hommes pouvaient changer de statut et prendre les armes à la faveur des guerres.

Le Japon commence à devenir un pays beaucoup plus rigoureusement organisé.

Et pourtant...

Voici le paradoxe.

Cet homme qui pouvait faire trembler les daimyō aimait passionnément le thé.

Dans une petite pièce silencieuse, devant un bol, quelques gestes suffisaient.

Verser l'eau.

Battre le thé.

Le présenter.

Attendre.

Tout l'opposé du fracas des batailles.

Hideyoshi avait rencontré le grand maître Sen no Rikyū, qui avait donné à l'art du thé une profondeur nouvelle.

Rikyū enseignait la simplicité, la sobriété, l'imperfection.

Hideyoshi, lui, aimait également l'or, la magnificence et les cérémonies grandioses.

Il fit même construire une extraordinaire salle de thé dorée.

On peut presque imaginer la scène :

un homme couvert de pouvoir entrant dans une minuscule pièce où l'on ne possède presque rien.

Et devant lui, un vieil homme lui tendant simplement un bol de thé.

Mais entre les deux hommes, quelque chose se brisa.

En 1591, Hideyoshi ordonna à Rikyū de mettre fin à ses jours.

Nous ne connaissons pas avec certitude la véritable raison de cette décision.

Et le mystère demeure.

Puis Hideyoshi regarda au-delà de la mer

À présent, Hideyoshi avait presque tout obtenu.

Le Japon était unifié.

Oda Nobunaga

Oda Nobunaga

Poésie par Philémon

 

 

Sous le ciel d’Owari
un enfant marche pieds nus
sur les chemins bruns
nul ne sait encore son nom
ni jusqu’où portera son pas

 

De simple ashigaru*
il gravit les marches du temps
une main sur le sabre
l’autre déjà tendue
vers les portes du pouvoir

*soldat d’infanterie de condition modeste

 

 

La nuit sur Honnō-ji
le tonnerre a changé de maître
Hideyoshi revient
et dans la poussière des morts
dessine un nouvel empire

 

Pierres sur pierres
s’élève Ōsaka au soleil
les murs prennent l’or
et sous les toits éclatants
le rêve devient forteresse

 

Il reçoit les grands
les daimyō baissent la tête
devant ses paravents
mais dans le silence du soir
qui donc écoute son cœur

 

 

Une coupe entre les mains
le guerrier devient silencieux
un souffle sur le bambou
et l’immense pouvoir d’un homme
tient dans un geste humble

 

 

Le garçon de Nakamura

Il était né loin des palais, dans un monde où le rang semblait écrit dès la naissance. Rien ne le destinait aux grandes salles, aux armures couvertes d’or ni aux audiences des puissants. Pourtant, il possédait ce que les chroniques reconnaissent rarement : une volonté qui ne savait pas demeurer immobile.Il partit sur les chemins avec presque rien. À chaque étape, il apprit. À chaque rencontre, il observa. Là où d’autres voyaient une frontière, lui cherchait un passage. Un jour, son nom serait prononcé dans tout le Japon.

Chemin de terre
sandales usées
le destin attend

 

Après Honnō-ji

La nouvelle arriva comme une flèche : Oda Nobunaga était mort à Honnō-ji. Hideyoshi se trouvait loin de Kyōto. Il comprit aussitôt que le Japon venait de basculer. Il ne fallait ni attendre, ni pleurer trop longtemps. Il fallait marcher. Les armées repartirent dans la hâte. Ce fut l'un des moments décisifs de son ascension. Celui qui avait commencé sa vie au plus bas se trouvait désormais à portée du sommet.

La nuit s'efface
les chevaux frappent la terre
l'aube change de maître

 

Construction du château de Sunamata

Construction du château de Sunamata

Fin de construction du château de Sunamata

Fin de construction du château de Sunamata

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ALPES JAPONAISES

8 Septembre 2026, 16:32pm

estampe de Hiroshige

estampe de Hiroshige

ALPES JAPONAISES

Et maintenant un peu de tourisme:

,

Les Alpes japonaises regroupent trois chaînes de hautes montagnes parfois volcaniques au centre de l’île principale Honshu, à 200 kilomètres environ au nord-ouest de Tokyo. Il s’agit des monts Hida au nord, des monts Kiso au centre et des monts Akaishi au sud, qui s’étendent sur les préfectures de Nagano, Gifu, Toyama, Niigata, Yamanashi et Shizuoka.

Ces chaînes montagneuses offrent un cadre naturel de toute beauté qui  change  en fonction des  saisons

C’est une destination touristique prisée des citadins à la recherche de grand air et de climat frais, elles attirent également les visiteurs étrangers en quête de paysages vertigineux et de patrimoine historique.

Alpiniste professionnel, le missionnaire anglais Walter Weston introduit ce sport extrême aux Japonais et fait ainsi connaître au monde occidental, à la fin du XIXe siècle, l’existence de ces montagnes aux accents alpins.

Reconnaissant, le pays célèbre chaque printemps sa mémoire lors de l’ouverture de la saison de l’alpinisme au Japon.

Les crêtes montagneuses des Alpes japonaises rivalisent avec le mont Fuji (3776m), situé non loin au sud-est. Ainsi, plusieurs sommets dépassent les 3.000 mètres d’altitude. Citons :

  • Kita-dake : 3.193m, pour le pic le plus élevé

    Hotaka-dake : 3.190m, deuxième plus haute montagne du Japon

    Aino-dake : 3.189m

    Yari-dake : 3.180m

    Higashi-dake : 3.141m

    Akaishi-dake : 3.120m

    Notori-dake : 3.026m

Les sportifs amateurs trouvent leur bonheur toute l’année entre les stations de ski en hiver et les chemins de randonnées ouverts entre le printemps et l’automne .

Les villages nichés proposent, quant à eux, un décor traditionnel entre maisons aux toits de chaumes, châteaux  féodaux, bains chauds onsen  et agriculture locale…

Le territoire se montre de plus en plus prisé et apprécié des visiteurs étrangers qui y trouvent une pause bienvenue entre les deux principales zones touristiques du littoral : Tokyo et le Kansai.


Les différentes activités possibles dans les Alpes japonaises :

Tout d'abord les randonnées:

Période : sentiers ouverts d’avril à novembre lors de la fonte des neiges

  • Route Alpine Tateyama Kurobe : 70km de trajet à travers la montagne avec 5 moyens de transport différents , accessible depuis Toyama ou Nagano (Omachi)

    Jigokudani : visite d’un parc naturel réservé aux singes ,accessible depuis Nagano, à faire de préférence en hiver

    Kamikochi : vallée forestière de 15km le long de la rivière Azusa , accessible depuis Matsumoto ou Takayama

    Cirque Karasawa : vallée à 2.300m d’altitude réputée pour ses couleurs d’automne début octobre , accessible depuis Matsumoto

    Utsukushigahara : plateau avec vue panoramique sur les montagnes environnantes et musée d’art en plein air ,accessible depuis Matsumoto

    Magome , Tsugamo : itinéraire pédestre de 8km le long de l’ancienne route d’Edo Nakasendo dans la vallée de Kiso , accessible depuis Matsumoto

Stations de ski

Période : uniquement en hiver, de décembre jusqu’à avril

  • Hakuba ou Shiga Kogen , accessible depuis Nagano

    Tateyama Sanroku , accessible depuis Toyama

    Domaine de Takasu , accessible depuis Gujo (Gifu)


Stations thermales Onsen

Période : toute l'année, mais plus agréable en hiver

  • Nosawa Onsen, Shibu Onsen : bains chauds naturels en pleine montagne ,accessible depuis Nagano

    Shirahone Onsen : présence d’un bain laiteux en plein air mixte , accessible depuis Matsumoto

    Bessho Onsen : ville d’eaux et temples , accessible depuis Ueda

    Gero Onsen : ryokan et bains de pieds publics , accessible depuis Takayama

Visites culturelles

Période : toute l’année :

  • Matsumoto : château japonais préservé , accessible depuis Nagano

    Takayama : ancienne cité à l’architecture féodale avec un matsuri célèbre accessible depuis Nagoya ou Kyoto

    Hida Furukawa : balade le long du canal Setogawa avec des bâtiments aux murs blancs - accessible depuis Takayama

    Shirakawa-go : villages historiques aux toits de chaume , accessible depuis Takayama

    Daio : grande ferme dédiée à la culture du wasabi , accessible depuis Azumino

Vaste territoire, les Alpes japonaises accueillent plusieurs parcs nationaux ; Chubu Sangaku reste le principal et se situe essentiellement dans les Alpes du Nord avec les monts Tateyama et Hotaka.

On trouve aussi une partie du parc Joshin'etsu-Kogen toujours au nord et au sud, le parc Minami Alps qui comprend notamment le mont Kita.

Au bord de la mer du Japon, la cité féodale de Kanazawa constitue également une bonne porte d'entrée pour explorer l'ouest des Alpes Japonaises, en particulier les villages de Shirakawa-go.

ALPES JAPONAISES

Poésie par Philémon

 

 

La brume se lève
sur les cimes de Hida
le torrent chante
et dans l'air froid du matin
un pin retient la lumière

 

Montagnes immenses
sous un ciel d'un bleu profond
le vent dans les herbes
sur les sentiers de Shinshū
nul pas ne trouble le silence

 

Entre deux forêts
le vieux chemin monte encor
vers les hauts sommets
une cloche au loin résonne
puis la montagne se tait

 

Une eau laiteuse
venue des neiges éternelles
les érables rouges
se penchent sur le courant
comme pour écouter l'eau

 

 

Dans les Alpes du Nord
tous les hêtres prennent feu
sous le ciel d'octobre
un corbeau traverse seul
la vallée silencieuse

 

Dernière lumière
sommets de Tateyama
le jour s'efface
et dans la vallée obscure
une lampe vient de s'allumer

 

 

Sentier montagneux

Le sentier monte entre les cèdres. La vallée disparaît peu à peu derrière les troncs. Seuls demeurent le souffle du vent et le murmure d'un torrent caché.

Plus haut, les arbres s'écartent. Les sommets apparaissent dans la lumière. Un gong résonne au loin, puis le silence reprend sa place.

Brume sur les sommets
une cloche entre les cèdres
le silence revient

 

Neige à Shirakawa

Au matin, la neige recouvre les toits de Shirakawa-go. Les maisons semblent assoupies sous leurs lourdes toitures blanches. Quelques pas traversent la rue déserte.

D'une cheminée monte une mince fumée. Elle se mêle au ciel gris avant de disparaître.

Village sous la neige
la fumée d'une cheminée
se perd dans le ciel

 

Après la pluie

La pluie s'est retirée des montagnes. Les pierres du chemin brillent encore et les érables gardent au bord de leurs feuilles quelques gouttes suspendues.

Dans la vallée, le torrent grossi par l'averse poursuit sa course. Puis la brume monte des forêts et enveloppe lentement les sommets.

Après la pluie
la montagne disparaît
dans la brume blanche

ALPES JAPONAISES
Les bains chauds (onsen ) n'attirent pas que les humains en hiver.

Les bains chauds (onsen ) n'attirent pas que les humains en hiver.

ALPES JAPONAISES
ALPES JAPONAISES

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