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Poésie Japonaise

FESTIVALS DE RIZICULTURE 3/3

11 Septembre 2025, 09:36am

Récolte du riz et mise en bottes, estampe de Uttagawa Hiroshige

Récolte du riz et mise en bottes, estampe de Uttagawa Hiroshige

Riz à maturité

Riz à maturité

Un festival rural de riziculture au Japon est bien plus qu’un événement agricole : c’est une célébration communautaire, spirituelle et culturelle autour du cycle de la vie du riz, marquée par des rituels ancestraux, de la musique, de la danse, et une forte dimension symbolique.

But du festival
  • Honorer les kamis (divinités shintō) des champs et de la nature.

    Demander une bonne récolte ou remercier après la moisson.

    Renforcer les liens communautaires dans les villages agricoles.

Ces festivals rythment le calendrier agricole traditionnel, en particulier au moment de la plantation ou de la récolte du riz.

 

Les deux grandes périodes

1. Printemps : festivals de plantation (taue matsuri )
Objectif :
  • Bénir les jeunes plants et les champs.

    Assurer pluie, croissance et fertilité.

Déroulement typique :
  1. Rituel shintō d’ouverture :

    • Offrandes (riz, saké, légumes) au sanctuaire.

      Prière d’un prêtre (kannushi).

    Plantation rituelle :

    • Jeunes femmes en kimono plantent du riz dans un champ sacré (shinden).

      Parfois, le champ est béni avec de l’eau sacrée.

    Danses et musiques rituelles :

    • Taue-odori : danses stylisées autour de la plantation.

      Tambours (taiko), flûtes, chants agricoles (taue-uta).

    Défilés de chars ou animaux :

    • Bœufs décorés, mikoshi (sanctuaires portatifs), etc.

Exemples célèbres :
  • Sumiyoshi Taisha Otaue-sai (Osaka)

    Ise Jingū Otaue-sai (Mie)

    Mibu no Hana Taue (Hiroshima) – inscrit à l’UNESCO

  •  

2. Automne : festivals des moissons (Niinamesai, Aki Matsuri, etc.)
Objectif :
  • Remercier les divinités pour la récolte.

    Bénir le riz nouveau.

    Partager le fruit du travail de l’année.

Déroulement typique :
  1. Offrandes du riz nouveau dans les sanctuaires.

    Mochi-tsuki (battage de mochi) public : symbolise la transformation du riz en nourriture.

    Banquets collectifs et danses traditionnelles (comme le bon-odori).

    Fête de village avec stands, musiques, jeux, parfois lanternes flottantes.

Rôle social et spirituel

  • Le festival permet aux agriculteurs de communiquer avec les forces invisibles de la nature.

    C’est un moment fort de la transmission intergénérationnelle : enfants, anciens, familles participent ensemble.

    Il souligne l’idée que le riz est un don des dieux – pas seulement une production humaine.

Exemple actuel : Mibu no Hana Taue

  • Lieu : Préfecture de Hiroshima.

    Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO (2009).

    Vraies rizières, jeunes femmes en kimono, chants traditionnels, costumes colorés, bœufs décorés de fleurs.

    Un mélange impressionnant de spiritualité, esthétique rurale et fête populaire.

En résumé :

Un festival rural de riziculture, c’est :

  • Une cérémonie sacrée et festive centrée sur le riz,

    Une mise en scène communautaire du lien entre l’homme, la nature et les dieux,

    Un héritage culturel vivant encore très respecté dans les zones rurales japonaises.

  •  

POÉSIE COMPOSÉE PAR PHILEMON

Tanka

Sous la pleine lune
Les épis d’argent dansent
Chants du festival
Les tambours accompagnent
La fête des récoltes

  1.  

Main du paysan
Cueille chaque grain doré
Offrande au foyer
Le riz devient souvenir
Chaîne de générations

  1.  

Le riz en saké
Ivresse douce au banquet
Rires partagés
La chaleur de la boisson
Embrase le froid mordant

 

Haïbun

RÉCOLTE

À l’automne, la faucille entaille les tiges sèches. Le souffle du vent emporte les poussières dorées comme une pluie de lumière.
Un cri de corbeau
Parmi les bottes liées
S’élève vers l’aube

 

A TABLE

À la table basse, trois générations partagent le même bol. Le riz circule, simple, mais empli d’histoire et de respect.
Au fond du bol noir,
Le grain resté solitaire
Mémoire d’un festin

 

 

OFFRANDE

Dans le sanctuaire, un prêtre dépose une poignée de riz devant l’autel. Offrande immobile, qui pourtant contient le mouvement des saisons entières.
Riz blanc sur la pierre
Immobile dans le vent
Écho de prières

 

Philémon

 

Ainsi s'achève ma chronique en trois parties sur la culture du riz au Japon, rehaussée de composition poétique.
​​​​​​​

Séchage des bottes de tiges de riz, estampe de Kawase Hasui , 1920

Séchage des bottes de tiges de riz, estampe de Kawase Hasui , 1920

Plantation mécanique du riz

Plantation mécanique du riz

Rizière et Fuji San

Rizière et Fuji San

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RITUELS LIES AU RIZ AU JAPON 2/3

5 Septembre 2025, 15:30pm

Rizière recouverte de chaume en hiver, estampe de Utagawa Hiroshige

Rizière recouverte de chaume en hiver, estampe de Utagawa Hiroshige

Plantation du riz et reflet du Mont Fuji

Plantation du riz et reflet du Mont Fuji

Le riz n’est pas seulement une nourriture au Japon : il est sacré, profondément lié aux croyances shintō et aux rituels saisonniers. Ces pratiques honorent les kamis (divinités) de la nature et assurent l’abondance des récoltes.

Principaux rituels traditionnels :
Niinamesai : Fête des premières récoltes
  • Célébrée le 23 novembre.L’empereur offre le nouveau riz à Amaterasu (déesse solaire) et aux autres kami, puis en consomme pour symboliser l’union spirituelle entre le peuple et les dieux.

    C’est l’acte central de son rôle religieux.

Otaue Matsuri : Rituels de plantation
  • Célébré dans de nombreuses régions au moment de la plantation du riz (mai-juin).

    Exemples célèbres :

    • Otaue-sai à Sumiyoshi Taisha (Osaka) ou à Ise-jingū.

    Ce sont des cérémonies publiques impliquant des prêtres, des jeunes femmes plantant le riz en costume traditionnel, et parfois des danses et musiques rituelles.

Inari Matsuri
  • En l’honneur de la divinité Inari, protectrice des récoltes et du riz.

    Fushimi Inari-taisha (Kyoto) est le sanctuaire principal.

    Les kitsune (renards), messagers d’Inari, y sont vénérés.

Rituels domestiques
  • Offrandes de riz (ou de mochi) sur les autels domestiques (kamidana).

    Riz jeté ou placé lors de rites de purification (harai) ou pour chasser les mauvais esprits (ex. Setsubun avec les haricots, mais parfois aussi du riz).

Types de riz japonais

Le Japon cultive principalement du riz japonica, à grains courts ou moyens, collant après cuisson. Voici les principales variétés et types utilisés :

Par type de grain :
Koshihikari
  • Originaire de Niigata.

    Texture douce, légèrement sucrée, très brillante.

    Très prisé pour les repas haut de gamme, sushis.

Akitakomachi
  • De la préfecture d’Akita.

    Moins collant que Koshihikari, bon équilibre goût/texture.

Hitomebore
  • Originaire du Tōhoku.

    Polyvalent, bon pour le riz de tous les jours.

Millets et riz rouge/noir (kome alternatifs)
  • Moins courants, utilisés dans des mélanges santé (zakkokumai), souvent dans une optique diététique ou traditionnelle.

  •  

 

POÉSIE COMPOSÉE PAR PHILEMON

Tanka

À l’automne rouge
Les tiges ploient sous le grain
Bercées par le vent
La faucille scintille
Un chant ancien résonne

  1.  

Bol blanc devant lui
Une fumée qui s’élève
Odeur de la mer
Chaque grain est un voyage
De la terre à sa bouche

 

 

Dans les mains d’un moine
Des grains posés un à un
Prière discrète
La vapeur se mêle aux chants
D’un bon repas nourrissant

 

 

Les terrasses vertes

Transforment la montagne

Ecailles de dragon

Un souffle ancien s’endort

Au rythme d'un filet d’eau

 

 

Haïbun


RIZ NOUVEAU

Au marché du matin, des paniers de riz luisent comme s’ils contenaient des perles. Les marchands échangent peu de mots, un sourire suffit pour fixer le prix.


Bol fumant au coin
Chaque grain en équilibre
Avant le soleil

 

 

A TABLE

À la table basse, trois générations partagent le même bol. Le riz circule, simple, mais empli d’histoire et de respect.


Au fond du bol noir,
Le grain resté solitaire
Mémoire d’un festin

 

Philémon



​​​

Hamanoura no Tanada rizières

Hamanoura no Tanada rizières

RITUELS LIES AU RIZ AU JAPON     2/3
RITUELS LIES AU RIZ AU JAPON     2/3

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LA CULTURE DU RIZ AU JAPON 1/3

1 Septembre 2025, 18:41pm

Plantation du riz, vue lointaine du Mont Daisen, estampe de Utagawa Hiroshige

Plantation du riz, vue lointaine du Mont Daisen, estampe de Utagawa Hiroshige

 

La culture du riz au Japon est bien plus qu’une simple activité agricole : elle est au cœur de l’histoire, de la société, de la religion et de l’identité culturelle japonaise. Voici un aperçu de son évolution et de son importance depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui :

Origine :

  • Introduction depuis l’Asie continentale :
    Le riz a été introduit au Japon depuis la Chine via la Corée, probablement entre
    le IIIe et le Ier millénaire avant notre ère, pendant la période Jōmon (env. -14 000 à -300). Toutefois, c’est au début de la période Yayoi (env. -300 à 300 ap. J.-C.) que la culture intensive du riz irrigué se développe réellement.

    Techniques de riziculture :
    Les Yayoi ont introduit des techniques de riziculture en rizières inondées, ce qui a permis une agriculture plus productive. Cela a aussi mené à l’établissement de
    sociétés sédentaires, hiérarchisées et à la formation des premiers villages et chefferies.

Périodes historiques et développement
Période Yayoi (env. -300 à 300)
  • Début de la riziculture inondée.

    Structuration sociale autour de la gestion de l’eau et des récoltes.

Période Kofun et Nara (300–794)
  • Le riz devient un élément fondamental du système économique et politique.

    Les impôts sont souvent payés en riz.

    Le riz est également offert aux divinités shintoïstes, symbolisant la vie et la prospérité.

Période Heian à Edo (794–1868)
  • Le riz devient un indicateur de richesse et une monnaie d’échange.

    Les seigneurs féodaux (daimyō) sont évalués selon leur production de riz (mesurée en koku, environ 180 litres de riz).

    Développement de réseaux d’irrigation, de techniques agricoles avancées et de marchés du riz (notamment à Osaka).

Dimension religieuse et culturelle
  • Shintō et riz :
    Le riz est au centre de nombreux
    rites shintoïstes. La divinité Inari est la protectrice des rizières.
    Le cycle agricole est rythmé par des fêtes telles que :

    • Niinamesai : fête des premières récoltes, encore célébrée aujourd’hui par l’empereur.

      Otaue Matsuri : festivals de plantation du riz.

    Symbolisme :
    Le riz est un symbole de
    pureté, d’abondance, de solidarité communautaire. Il est omniprésent dans les repas traditionnels et cérémonies (mariages, funérailles, offrandes...).

Époque moderne et contemporaine
  • Modernisation agricole (ère Meiji, 1868–1912) :
    Introduction de nouvelles technologies, engrais, et organisation étatique de la production rizicole.

    Après-guerre :
    Le riz reste un
    aliment de base. L’État japonais instaure un contrôle strict des prix et de la production via le Nōrinshō (ministère de l’Agriculture).

    Années 1990 à aujourd’hui :

    • Baisse de la consommation due à la diversification alimentaire (pain, pâtes).

      Vieillissement des agriculteurs et déclin du nombre de rizières.

      Le riz reste cependant au cœur de l’identité japonaise, et des politiques soutiennent sa culture pour des raisons écologiques, culturelles et patrimoniales.

Aujourd’hui : entre tradition et innovation
  • Le Japon produit du riz de haute qualité, souvent cultivé selon des méthodes traditionnelles ou biologiques.

    Il existe des variétés emblématiques comme le Koshihikari, prisé pour sa saveur et sa texture.

    L’industrie du riz reste active : riz nature, saké, mochi, senbei, etc.

En résumé

La culture du riz au Japon est l’un des piliers historiques, culturels et spirituels de la nation. Plus qu’une simple ressource alimentaire, elle incarne les valeurs communautaires, la relation à la nature, et une tradition millénaire qui perdure malgré les défis du monde moderne.

Rizières de Chichibu

Rizières de Chichibu


 

POÉSIE COMPOSÉE PAR PHILEMON

Tanka

Riz au Japon

  1. Sous la pluie d’été
    Les rizières miroitent
    Grenouilles sautent
    Chaque pousse fragile boit
    Un éclat du ciel nouveau

  2.  

  3. Main calleuse douce
    Elle plante dans la boue tiède
    Pluie dans ses cheveux
    Ses pas laissent des offrandes
    Dans la terre nourricière

  4.  

  5. Matin de rosée
    Les champs dressent des miroirs
    Aux montagnes bleues
    Un grand héron silencieux
    Glisse dans l’eau endormie

  6.  

  1. Haïbun

    PLUIE BATTANTE

    La pluie s’abat sans répit sur les rizières. Le paysan, pieds nus dans la boue, sait que cette eau, aujourd’hui lourde et froide, deviendra demain nourriture et chaleur.


    Sous l’averse grise
    Grenouille au chant persistant
    Le riz prend racine.


    Philémon

rizière décorée

rizière décorée

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LE PÈLERINAGE DU MONT FUJI

23 Août 2025, 08:22am

Fuji San et marécages, estampe de Utagawa Hiroshige

Fuji San et marécages, estampe de Utagawa Hiroshige

Le Fuji San au loin, estampe de Katsushika Hokusaï

Le Fuji San au loin, estampe de Katsushika Hokusaï

Entre ascension physique et élévation spirituelle.

 

Mont Fuji, flanc sud-est . Il est quatre heures du matin. Une file silencieuse de marcheurs progresse lentement à la lumière des lampes frontales. Le froid mord les visages, le souffle se fait plus court.

Pourtant, aucun mot de plainte ne se fait entendre. Ce n’est pas une simple randonnée. Pour beaucoup, c’est un pèlerinage. Une quête intérieure, aussi importante que le sommet lui-même.

Depuis des siècles, gravir le Mont Fuji est un acte de foi autant qu’un effort physique. Ce pèlerinage, enraciné dans les traditions religieuses japonaises, est une expérience que vivent chaque année des milliers de personnes. Si les motivations modernes sont diverses : sportives, touristiques, personnelles , le caractère sacré de la montagne reste, lui, intact.

Le pèlerinage remonte au VIIIe siècle, à l’époque de l’éveil du bouddhisme et du syncrétisme religieux au Japon.

Dans le shintoïsme, la montagne est perçue comme un kami, une divinité de la nature. Pour les bouddhistes, elle est une métaphore de l’ascension vers l’illumination.

Le sommet, caché dans les nuages, symbolise l’éveil après une vie de souffrances et d’épreuves.

Le moine Matsudai Shōnin est considéré comme l’un des premiers à avoir institutionnalisé ce pèlerinage, au XIe siècle.

Au fil des générations, des groupes appelés Fuji-kō, des confréries de dévots, se formaient à travers tout le pays.

Ils organisaient ensemble leur voyage, portaient des habits blancs ( couleur de la purification ) et suivaient des rituels précis avant, pendant et après l’ascension.

Traditionnellement, le pèlerinage commençait au niveau de la mer, à Fujisan Hongū Sengen Taisha, un sanctuaire shinto situé dans la ville de Fujinomiya. Là, les marcheurs demandaient la protection de la déesse Konohanasakuya-hime, l’esprit du volcan.

De ce lieu, ils entamaient une montée en plusieurs étapes, ponctuée de stations rituelles (ou ) où prières, offrandes et chants accompagnaient les pauses.

Encore aujourd’hui, certains itinéraires de pèlerinage sont conservés, comme l’ancienne route Yoshida, qui commence au sanctuaire Kitaguchi Hongū Fuji Sengen Jinja, au nord.

Le sentier traverse des forêts sacrées, des torii de pierre, et de petits autels cachés dans la roche volcanique.

Le moment principal du pèlerinage est l’arrivée au sommet avant l’aube, pour assister au Goraikō : littéralement "la venue de la lumière". Voir le soleil se lever au-dessus de la mer de nuages, depuis le plus haut point du Japon, est une vision mystique.

Pour les pèlerins, cela symbolise la renaissance, la lumière intérieure après l’épreuve.

À ce moment, beaucoup ferment les yeux, récitent des prières, ou simplement laissent couler leurs larmes. Ce n’est plus une simple randonnée, mais une expérience de transformation.

Si la modernité a modifié les pratiques , nombreux sont ceux qui montent en baskets, munis de gourdes et de smartphones mais l’esprit du pèlerinage subsiste.

Certains groupes perpétuent les rituels ancestraux, accompagnés de moines ou de guides spirituels. Des sanctuaires, des rites de purification, des cérémonies de départ sont toujours actifs.

L’État japonais reconnaît d’ailleurs ce patrimoine immatériel : le Fuji Shinkō (le culte du Mont Fuji) est inscrit au titre du patrimoine mondial pour sa signification religieuse et culturelle.

Le Mont Fuji n’est pas qu’une montagne. C’est un sanctuaire à ciel ouvert.

Un temple sans murs, dont chaque pierre, chaque souffle d’air porte le poids d’un millénaire de prières.

 

POÉSIE COMPOSÉE PAR Philémon

 

Un grand corbeau vole 
Puis disparaît dans le vent
Le sommet t’appelle
Tu grimpes sans le vouloir
Poussé par le silence

 

Brume sur les flancs 
Le mont chante en lui tout bas
Des mots invisibles
Il s’abandonne sans nom
Devant ce dieu sans visage

 

À l’aube Fuji 
Porte un manteau de lumière
Chaque rayon touche
Une corde de son esprit
Qui résonne en harmonie

 

Le vent sur les pierres 
Lui récite un vieux poème
Sans début ni fin
Tout son être s’évanouit
Dans cette voix millénaire

 

Il s’incline bas 
Devant le géant sacré
Pas de mot pas d’yeux
Juste une immense présence
Qui bénit sans un geste

 

 

L’ aube sur Fuji-San

Avant que le soleil ne perce l’horizon, le moine s’arrête. L’air est sacré, lourd d’une attente. Le mont veille. Il ne dort jamais. En lui sommeille un dieu immobile.

Flamme du matin
Fuji ouvre lentement
L’œil de l’univers

 
Les cendres de l’ego

Il dépose son passé sur la lave ancienne. Sous la neige éternelle, ses erreurs fondent. L’âme se polit comme pierre sous pluie.

Nuées sur la cime
Tu te perds dans le nuage
Tu deviens lumière
 
Philémon
 


​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Fuji yama, estampe de Katsushika Hokusaï

Fuji yama, estampe de Katsushika Hokusaï

Coup de vent, estampe de Katsuskika Hokusaï

Coup de vent, estampe de Katsuskika Hokusaï

Mont Fuji et cerf volants, estampe de Utagawa Hiroshige

Mont Fuji et cerf volants, estampe de Utagawa Hiroshige

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LE MONT FUJI

18 Août 2025, 07:55am

Orage sur le mont Fuji estampe de Katsushika Hokusaï

Orage sur le mont Fuji estampe de Katsushika Hokusaï

Mont Fuji, estampe de Utagawa Hiroshige

Mont Fuji, estampe de Utagawa Hiroshige

Mont sacré qui traverse l’histoire

Le mont Fuji, ou Fuji-san, est le plus haut sommet du Japon, culminant à 3 776 mètres.

Ce volcan majestueux, situé sur l’île principale de Honshu, à environ 100 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, est un symbole incontournable du Japon, tant sur le plan naturel que spirituel.

Le mont Fuji est un stratovolcan formé par la superposition de plusieurs couches de lave et de cendres issues d'éruptions successives. Il s’est formé sur plusieurs centaines de milliers d’années, avec trois grands stades volcaniques :

  • Komitake Fuji (le plus ancien) :

    • C’est la première activité volcanique, il y a plus de 700 000 ans.

      Il s’agit d’un ancien volcan aujourd’hui enfoui sous les couches plus récentes.

    Ko Fuji (le "vieux Fuji") :

    • Il s’est édifié il y a environ 100 000 à 10 000 ans.

      Son activité a donné naissance à un grand stratovolcan, mais il a ensuite été fortement érodé et en partie détruit par des éruptions

      et enfin Shin Fuji (le "nouveau Fuji"), dont les éruptions ont sculpté le cône actuel

    • C’est la phase actuelle, commencée il y a environ 10 000 ans.

      C’est ce cône volcanique symétrique et majestueux que l’on voit aujourd’hui.

    Un peu comme 3 volcans “empilés” l’un sur l’autre.

La dernière éruption connue, appelée l’éruption Hōei, a eu lieu en 1707. Bien que considéré comme actif, le volcan est aujourd’hui en sommeil.

Au-delà de sa majesté naturelle, le mont Fuji a une place centrale dans la culture et la spiritualité japonaises. Il est considéré comme une montagne sacrée depuis des siècles.

Dans le shintoïsme, il est associé à Konohanasakuya-hime, la déesse des fleurs et du volcan. Beaucoup de pèlerins gravissent la montagne pour honorer les divinités qui y résident.

Pendant l’époque d’Edo (1603–1868), les ascensions rituelles du mont Fuji étaient pratiquées par des groupes religieux appelés Fuji-kō, renforçant le lien spirituel entre les Japonais et la montagne.

Aujourd’hui encore, escalader le mont Fuji reste un acte à la fois physique et spirituel pour de nombreux Japonais et touristes.

La phrase célèbre "Celui qui escalade le mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou" résume bien cette tradition.

Le mont Fuji est un motif omniprésent dans l’art japonais, notamment dans les estampes célèbres comme "La Grande Vague de Kanagawa" de Hokusai, où il apparaît en arrière-plan. Il figure également sur des objets quotidiens, des billets de banque, et dans la littérature. C’est une véritable icône nationale.

En 2013, le mont Fuji a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que "site culturel", en reconnaissance de son influence artistique et spirituelle.

 

 

Poésie composée par Philémon

Haibun

Brume du matin

Au petit matin, la vallée dort encore. Les clochettes des pèlerins tintent à peine, comme des échos du rêve. Le sentier s'efface dans une mer de brume, et soudain, dans un souffle du vent, le mont Fuji surgit , silhouette sacrée, suspendue entre ciel et silence. Je reste figé. Le monde entier se recueille dans cette apparition.

Fuji dans la brume
Un dieu se lève en silence
Parmi les cigales

 

Sous la lune d’automne

À l’automne, la neige blanche recouvre déjà la cime du mont Fuji. Il marche seul sur les rives du lac Kawaguchi. La lune s’y reflète, ronde et froide, comme un œil ancien qui le regarde. Même les roseaux se taisent. Le souffle de l’éternité passe entre les pierres.

Ombre du Fuji
La lune d'automne tremble
Dans une onde claire

 
Tanka sur le mont Fuji
 

Tant de voyageurs
Ont laissé leurs pas là-haut
Et pourtant toujours
Le sommet reste lointain
Un silence de nuage

 

Des vents violents
Fouettent les pins en contrebas
Lui reste impassible
Fuji San garde les cieux
Au creux de sa solitude

 

Sous le grand Fuji
Un sanctuaire caché
Entre deux cyprès
Le dieu de la montagne
N’a pas besoin d’encensoir

 

Philémon

 


​​​​

Fuji San et marais , estampe de Utagawa Hiroshige

Fuji San et marais , estampe de Utagawa Hiroshige

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FÊTE DE LA MONTAGNE AU JAPON

12 Août 2025, 13:23pm

vue du lac de Hakone, estampe de Utagawa Hiroshige

vue du lac de Hakone, estampe de Utagawa Hiroshige

Tateyama dans la province d'Etchu, estampe de Utagawa Hiroshige

Tateyama dans la province d'Etchu, estampe de Utagawa Hiroshige

Il existe une profonde vénération et un lien spirituel avec la nature au Japon grâce à la religion Shintō, qui met l’accent sur le pouvoir et la divinité de la nature. Les esprits, ou kami prennent la forme d’objets présents dans la nature comme les montagnes, les arbres, les rivières, etc.

Trois montagnes sont considérées comme les montagnes les plus sacrées du Japon :

le mont Fuji,

le mont Haku (Hakusan

et le mont Tate (Tateyama ).

Ensemble, ils sont connus sous le nom de Sanreizan , ou les Trois Monts Saints et sont censés posséder des pouvoirs spirituels.

En plus d’être un symbole du Japon, le Mont Fuji est un point de rassemblement pour les esprits des ancêtres.

La principale divinité associée au Mt Fuji est la déesse Shintō Konohana Sakura Hime, la déesse des arbres en fleurs. « Fuji » est également le mot pour « feu », ainsi le dieu du feu est associé au Mt Fuji et honoré lors d’une cérémonie du feu à la fin de la saison d’escalade de chaque année.

Si le mont Fuji est associé au feu, le mont Haku, situé près de Kanazawa dans la préfecture d’Ishikawa, est vénéré comme le dieu de l’eau. En effet, trois rivières voisines tirent leur eau de cette montagne. L’eau de ces rivières est essentielle pour les agriculteurs locaux.

Le Hakusan, qui signifie montagne blanche, est recouvert de neige pendant la majeure partie de l’année, ce qui en fait une destination populaire pour les skieurs et les snowboardeurs.

Enfin, le Mt Tate est connu comme le lieu où les esprits reviennent. C’était autrefois le lieu d’entraînement des moines bouddhistes, mais c’est aujourd’hui une destination de randonnée populaire, comme ses homologues des montagnes sacrées.

En plus de la randonnée, les gens profitent des « onsen »* lorsqu’ils visitent cette montagne. Elle est également recouverte de neige pendant une grande partie de l’année, ce qui en fait un sommet difficile à escalader la plupart du temps.

*Bassin naturel d’eau de source chaude géothermale utilisé pour les bains publics. Cette pratique culturelle est renommée pour purifier le corps et l’esprit et soigner quelques douleurs.

Chaque année, le 11 août, on célèbre la Journée de la montagne, ou « Yama no Hi » au Japon. Il s’agit du plus récent jour férié du pays, promulgué en 2014 dans l’intention d’encourager les gens à rendre hommage aux montagnes et à en apprécier les bénédictions.

Il ne faut pas s’étonner qu’il existe au Japon un jour férié célébrant les montagnes. Plus de 70 % du pays est montagneux et le plus haut sommet, le Mont Fuji (Fujisan,) à 3 775 mètres, est l’une des montagnes les plus célèbres au monde.

Traditionnellement, les montagnes ont une grande signification spirituelle dans la culture japonaise et elles sont souvent vénérées en tant que lieux sacrés. Cela prend tout son sens quand on pense à la relation forte que la religion Shintō entretient avec la nature.

Le Club alpin japonais et d’autres amateurs de randonnée, de trekking et de ski ont plaidé en faveur d’un jour férié pour célébrer les paysages montagneux du pays. La loi instituant la Journée de la montagne a été promulguée en 2014 et appliquée pour la première fois en 2016.

 

On dit que le 11 août a été choisi parce que le kanji** pour « huit » () ressemble à une montagne et que le chiffre 11 ressemble à deux arbres.

** idéogramme qui a un sens propre et qui est d’origine chinoise.

Le mont Asuka à Edo, ce parc existe encore aujourd'hui à Tokyo. Estampe de Utagawa Hiroshige

Le mont Asuka à Edo, ce parc existe encore aujourd'hui à Tokyo. Estampe de Utagawa Hiroshige

Poésie composée par Philémon :

Tanka sur la montagne au Japon

 

Sentier escarpé
Des pas gravent dans la roche
Un chant éphémère
Au sommet l’aube s’enflamme
Sur la mer de nuages

  1.  

Sous le torii rouge
La montagne s’incline
Dans le soir tombant
L’encens danse avec le vent
Les dieux murmurent leurs vœux

  1.  

Pluie sur les mousses
Le temple en bois centenaire
S’imbibe de paix
Un moine passe en silence
Écho d’un monde ancien

 

Sur le Mont Koya
Des tombes sous les cyprès
Et mille légendes
Un moine trace un kanji
Dans la terre humide et froide

  1.  

Nuit sans un murmure
Seule la lune s’attarde
Sur le vieux sommet
Un loup rôde sous la brume
Gardien des âmes errantes

 

Haïbun sur la montagne

 

La brume et le torii

 

L’ascension fut longue. Le sentier serpente entre des cèdres centenaires, et chaque pas le rapproche du sommet. Là-haut, un torii vermillon se dresse, embrassé par la brume. Il s’arrête. Tout autour, la montagne disparaît dans un voile cotonneux. Juste un instant, il est suspendu entre ciel et terre, comme si le monde des hommes s’effaçait derrière lui.

Torii dans la brume
Un aigle s’élève seul
Vers l’invisible

  1. Philémon

Le col dans la province de Kaï, estampe de Katsushika Okusaï

Le col dans la province de Kaï, estampe de Katsushika Okusaï

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MOINES MARATHONIENS ( suite et fin ) leçons de plénitude

11 Août 2025, 14:24pm

MOINES MARATHONIENS   ( suite et fin ) leçons de plénitude
MOINES MARATHONIENS   ( suite et fin ) leçons de plénitude

38 400 kilomètres sur la voie de l’illumination

Chaque matin, durant 100 jours, les aspirants partent courir et marcher sur 30 kilomètres à travers les montagnes, pour aller prier dans les temples répartis de part et d’autre de la région. Un choix doit se faire le matin du 101e jour : arrêter et entrer dans les ordres, ou continuer le chemin pouvant mener à l’illumination, sur une distance de 38 400 kilomètres et pour une durée de 1 000 jours. 

 

Cette pratique s’étale sur sept ans. Elle est divisée en plusieurs sections de 100 jours. Les jours de repos sont consacrés à la méditation, à l’apprentissage de la calligraphie et à la réalisation des tâches monacales habituelles. Mis à part les chants et les prières devant être effectués à chaque temple situé sur une route définie, d’autres règles sont à respecter : il est interdit de s’arrêter pour boire ou se rafraîchir, de retirer la robe, le chapeau et les sandales de paille qui composent la tenue, et il n’est possible de s’asseoir qu’une fois par jour. Celui qui décide de poursuivre sa route le 101e jour prête un serment faisant de lui un chercheur, et il doit en tant que tel s’engager à un défi supplémentaire : s’il échoue dans sa quête, il devra mettre fin à ses jours. Il n’est donc pas étonnant que seuls 46 moines aient réussi à tenir 1 000 jours.

 

Malgré les épreuves, la récompense est grande pour les persévérants. Toute personne terminant le Kaihogyo, puis qui survit aux neuf jours sans nourriture, sans boisson et sans sommeil (à ne pas négliger), est élevée au statut de Bouddha vivant et est considérée comme un saint pour le restant de ses jours. En poussant leur corps et leur mental jusqu’aux dernières limites des capacités humaines, ces moines ont la réputation d’être en mesure de vivre pleinement l’expérience humaine. Grâce à des exercices physiques extrêmes, à un mental d’acier et à un engagement spirituel sans faille, ils sont parvenus à consacrer corps, esprit et âme à leur dévotion.

A son apogée Enryakuji comptait jusqu'à 3 000 sous-temples et des milliers de moines en résidence.

Le complexe de temples a été détruit par Oda Nobunaga en 1571 pour étouffer le pouvoir des moines guerriers. Il a été reconstruit dans les années qui ont suivi et la plupart des bâtiments actuels datent du XVIIe siècle. Enryakuji a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1994. Aujourd'hui, il abrite d'importants biens culturels et continue d'être un centre du bouddhisme Tendai.

Des moines célèbres et la diffusion du bouddhisme depuis le mont Hiei

De nombreux moines célèbres et influents ont étudié et se sont entraînés au temple Enryakuji avant de répandre le bouddhisme et de fonder d'autres sectes importantes. Le mont Hiei a été un centre d'études bouddhistes important qui a façonné le bouddhisme japonais.

Parmi les moines célèbres ayant des liens avec le mont Hiei, on peut citer:

Honen - Fondateur de la secte Jodo (Terre pure)

Shinran - Disciple de Honen qui a fondé la secte Jodo Shinshu

Nichiren - Fondateur de la secte Nichiren

Dogen - Fondateur du zen Soto

Eisai - introduit le zen Rinzai de Chine

 

Tous ces moines ont d'abord été formés à Enryakuji, ce qui démontre le rôle central du mont Hiei dans les études bouddhistes avant que ces personnalités influentes ne diffusent de nouvelles idées à travers le Japon.

 

Le Kaihōgyō : 7 années d’endurance extrême , résumé :


 

Années 1 à 3
  • Chaque jour : 30 km à pied (environ un marathon, sur terrain montagneux)

    Durée : 100 jours consécutifs.

    Objectif : habituer le corps et l’esprit à l’effort, et mémoriser les 250 lieux sacrés du parcours.

Années 4 et 5
  • Distance doublée : 60 km/jour.

    Durée : 200 jours dans l’année (en 2 périodes).

    Épreuve clé en 5ᵉ année : le dōiri

    • 9 jours sans nourriture, eau, sommeil ni repos (ils sont juste assis, priant continuellement).

      Le but est symboliquement de “mourir” au monde profane.

      C’est juste après cette épreuve que le moine est aidé par un pousseur lors des courses.

      • Il est tellement affaibli que le tsukebito le soutient, l’encourage, lui donne le rythme, et peut physiquement le pousser un peu dans les côtes.

    Ce “pousseur” n’est pas là pour courir à leur place, mais pour les maintenir éveillés, leur rappeler le rythme, et parfois même les pousser légèrement dans les montées, car à ce stade l’épuisement est extrême.

     

Année 6
  • Toujours 60 km/jour, sur 100 jours.

    Le moine est désormais très connu sur la montagne, vu comme un ascète presque surhumain.

Année 7
  • Phase finale :

    • 100 jours à 84 km/jour (double marathon quotidien).

      Puis 100 derniers jours à 30 km/jour pour “redescendre” symboliquement.

le pousseur en action

le pousseur en action

le pousseur et son poussoir

le pousseur et son poussoir

MOINES MARATHONIENS   ( suite et fin ) leçons de plénitude
Modèle de sandale

Modèle de sandale

POESIE COMPOSEE PAR Philémon

 

Chaussé de vent pur
Il traverse la brume
Comme un feu paisible
L’éveil a le visage

D’un homme qui s’oublie

  1.  

Nuit sans fond dehors
Mais de la clarté grandit
A l’intérieur de lui-même
Le sentier est lumineux
Que les yeux ne peuvent voir

 

Le souffle du Mont

Le vent est plus qu’un souffle : c’est un maître. Il gifle, il caresse, il rappelle que la nature n’est ni douce, ni cruelle.

Brume sur les pins
L’ombre du moine traverse
Sans troubler le sol
 
Le cercle accompli

Sept ans. Mille jours. Les mêmes chemins. Mais aujourd’hui, tout est neuf. Il a cessé de marcher, et c’est le monde qui avance. Il a atteint l’état sans début ni fin.

Chute de feuilles
Sans regret ni bruit du cœur
Vide plein « d’être »
 
Philémon
En prières

En prières

MOINES MARATHONIENS   ( suite et fin ) leçons de plénitude
MOINES MARATHONIENS   ( suite et fin ) leçons de plénitude
MOINES MARATHONIENS   ( suite et fin ) leçons de plénitude

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Les Moines Marathoniens du Mont Hiei (2ème suite/3)

8 Août 2025, 19:02pm

Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)

Le monastère principal où résident les moines marathoniens est le :

Enryaku-ji

C’est le siège du bouddhisme Tendai au Japon, fondé en 788 par le moine Saichō

Le complexe d'Enryaku-ji est vaste, composé de plusieurs pavillons, temples secondaires, et lieux de retraite, répartis sur les flancs du mont Hiei.

Altitude du mont Hiei
  • Mont Hiei culmine à environ 848 mètres d’altitude.
    Il marque la frontière entre les préfectures de
    Kyoto et Shiga.

La méditation extrême de 9 jours sans nourriture, eau, sommeil ni repos s'appelle le :

Doiri , parfois orthographié Dōiri
  • Littéralement, cela signifie « entrer dans le hall ».

  • Le lieu où se déroule cette épreuve est appelé Myōō-dō , soit le hall du Roi de Sagesse, situé dans l’enceinte du complexe du Enryaku-ji.

Pendant le Doiri, le moine reste dans ce local sous la surveillance constante de deux assistants, récitant continuellement le mantra du Fudō Myōō, divinité protectrice et immobile du feu et de la détermination.

 

Le moine marathonien est une figure emblématique des marathoniens du mont Hiei, au Japon. Ces moines bouddhistes, appelés gyōja ou plus précisément kaihōgyō, accomplissent un pèlerinage extrêmement rigoureux autour du mont Hiei, près de Kyoto, sur plusieurs années, en marchant jusqu’à 84 km par jour, parfois pendant 1000 jours. Leur tenue est à la fois simple, traditionnelle et hautement symbolique.

Tenue du moine marathonien :
  1. Kimono blanc (hakui) :

    • Couleur de la pureté… mais aussi du deuil. En effet, le blanc est la couleur des linceuls au Japon traditionnel : ce kimono rappelle donc que le moine accepte la possibilité de mourir pendant le kaihōgyō.

      Ce vêtement ample favorise une bonne liberté de mouvement, tout en respectant les codes de la tradition bouddhiste.

    Couvre-chef (tokin) :

    • Petit chapeau noir ou blanc en forme de boîte ou de carré, parfois orné d’un symbole religieux.

      Il protège symboliquement l’esprit et rappelle l’engagement spirituel du moine.

    Cape ou manteau (kesa) :

    • Parfois portée en plus du kimono, notamment par temps plus frais ou pluvieux.

      C’est le vêtement liturgique des moines, porté en bandoulière.

    Bâton de marche (kongō-zue) :

    • Représente le Bouddha ou le maître spirituel.

      Sert de soutien physique mais aussi spirituel pendant la marche.

      En cas de chute ou de découragement, le moine s’adresse parfois à son bâton comme à un guide.

Les "chaussures de marche" du moine marathonien :

Ce sont loin d’être des chaussures modernes de trail ou de running. Les moines portent des zōri ou waraji, des sandales traditionnelles faites de paille de riz (wara) ou parfois de corde.

Description :
  • Matériau : corde végétale tressée (paille de riz ou de chanvre).

    Forme : semelle plate, sans support orthopédique, nouée aux pieds avec des cordelettes.

    Tenue au pied : les sandales sont attachées avec des liens qui passent entre les orteils et autour de la cheville.

    Poids : très légères.

    Protection : minimale. Elles laissent les pieds exposés aux cailloux, à l’humidité, au froid.

Particularités :
  • Le moine en use plusieurs paires par an car elles s’usent vite, surtout avec de telles distances.

    L’absence d’amorti moderne ou de semelle épaisse oblige une démarche très attentive, posée, fluide , ce qui correspond bien à l’esprit méditatif de leur marche.

    Leur fragilité rappelle aussi la précarité du corps, la nature éphémère de toute chose (impermanence, ou mujō en japonais).

     

Un moine marathonien (kaihōgyō) du mont Hiei use environ 4 à 5 paires de sandales par mois, ce qui représente environ 50 à 60 paires de sandales par an.

Détails :
  • Les sandales en paille (waraji) sont très peu durables : elles s'usent vite à cause des longues distances (jusqu’à 84 km/jour) et des terrains accidentés du mont Hiei.

    Les moines doivent parfois changer de paire en cours de journée s’il pleut ou si le terrain est particulièrement abrasif.

    Sur l’ensemble d’un kaihōgyō de 1000 jours (répartis sur 7 ans), un moine peut utiliser plus de 300 paires de sandales.

  •  

POESIE COMPOSEE PAR Philémon

 

 

Huit cents nuits froides
A gravir le même flanc
Toujours différent
La montagne enseigne
L’abandon de l’illusion

  1.  

Un pas, puis un pas
Sans regard vers la cime
Ni vers la vallée
Seule compte la vraie voie
Qui consume les formes

  1.  

Chapelets battants
Contre la poitrine nue
D’un cœur incanté
La forêt le reconnaît
Ce rythme du silence

 

 

Au bord de l'effort
Le moine danse immobile
Dans sa fatigue
Le temps devient labyrinthe
Où se perd enfin l’ego

 

L’épreuve du non-retour

Il a atteint ce point : où l'on doit mourir ou s’éveiller. Il prie, mais non pour la vie mais pour la vérité intrinsèque.

Fil de cloche ténu
Le bâton à son côté
Tranche l’illusion
 
Philémon
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)

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Les Moines Marathoniens du Mont Hiei : L’Ultime Quête de l’Éveil

5 Août 2025, 08:16am

Les Moines Marathoniens du Mont Hiei : L’Ultime Quête de l’Éveil
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei : L’Ultime Quête de l’Éveil

Perché au nord-est de Kyoto, le mont Hiei est un lieu sacré, enveloppé de brumes, de forêts épaisses et de silence. C’est ici que réside l’un des ordres bouddhistes les plus énigmatiques du Japon : les moines marathoniens, ou plus précisément, les moines du kaihōgyō, une discipline issue de la tradition Tendai.

Il s’agit d’une pratique religieuse où la foi se mesure en pas, en souffrance, en endurance quasi surhumaine. Les moines du mont Hiei courent non pas pour la gloire, mais pour le salut qui est devenue une une tradition millénaire.

Le mont Hiei est depuis le IXe siècle le berceau du bouddhisme Tendai, importé de Chine par le moine Saichō. Dans cette tradition, le corps n’est pas un obstacle à la spiritualité, mais un outil à transcender. Ainsi naquit, au fil des siècles, une forme extrême de pratique ascétique : le kaihōgyō.

Ce mot signifie littéralement « la pratique du circuit libérateur ». Il s’agit d’un pèlerinage intérieur autant qu’extérieur, consistant à parcourir à pied des distances gigantesques autour du mont Hiei, tout en observant vœux, rituels et méditation. Ces hommes ne sont pas des coureurs au sens moderne du terme. Ce sont des moines guerriers de l’âme, des marathoniens de l’esprit.

Au sommet de cette pratique se trouve le Sennichi Kaihōgyō, ou "pratique de mille jours". Ce parcours initiatique, qui s’étale sur sept ans, impose aux moines une routine quotidienne que peu d’humains oseraient tenter :

  • 1 000 jours de marche répartis sur 7 ans.

    Jusqu’à 84 km par jour, pendant 100 jours consécutifs, sans interruption, qu’il pleuve, qu’il neige ou que le soleil accable de chaleur.

    Des parcours escarpés, boisés, dangereux, de nuit comme de jour.

    En sandales de paille.

Et ce n’est pas tout. À la sixième année, le moine doit entreprendre une épreuve ultime : ne pas boire, ne pas manger, ne pas dormir et ne pas s’allonger pendant neuf jours. Il reste assis, immobile, en méditation, récitant continuellement des mantras. Deux assistants veillent sur lui, car la mort n’est pas rare.

À chaque étape, les moines prient, méditent, chantent des sutras, rendent hommage aux lieux sacrés. Ce n’est pas une course : c’est une traversée de l’impermanence, une marche vers l’éveil.

La question résonne naturellement : pourquoi infliger de telles souffrances ? La réponse est aussi simple que vertigineuse : atteindre la bouddhéité de son vivant.

Dans la tradition Tendai, le kaihōgyō est une forme de purification radicale. Chaque pas est un abandon de l’ego, un dépouillement des illusions. À travers la douleur, le doute, l’épuisement, le moine s’approche de l’essence du bouddhisme : la vacuité, l’interdépendance, la compassion universelle.

Mais c’est aussi une offrande pour les autres. Les moines ne courent pas seulement pour eux : ils courent pour alléger la souffrance du monde. Leur pénitence est un acte d’amour.

Ce chemin n’est pas sans risque. Dans les temps anciens, les moines devaient emporter avec eux une corde et un couteau. En cas d’échec — s’ils ne pouvaient pas terminer leur marche — ils devaient se donner la mort, car briser un vœu aussi sacré était considéré comme une faute cosmique.

Aujourd’hui, cette obligation n’est plus pratiquée, mais l’esprit de dévotion totale reste intact.

Depuis plus de 100 ans, moins de 50 moines ont accompli le sennichi kaihōgyō. Ce chiffre témoigne non seulement de la difficulté de l’épreuve, mais aussi de sa pureté : rien ici n’est pour la performance. Aucun record à battre, aucune médaille à accrocher.

Parmi les plus célèbres, Yūsai Sakai, qui termina sa pratique à 60 ans passés, pour la seconde fois,  le 12 mai 1992,  ou Genshin Fujinami alors âgé de 44 ans qui termina le 28 septembre 2003 et  dont les traits étaient décrits comme "lumineux comme la lune" à la fin de sa marche.

Ce sont les héritiers d’un Monde Silencieux.

 

Dans un Japon hypermoderne, bruyant, pressé, les moines marathoniens incarnent un contrepoint radical. Ils rappellent que le progrès n’est pas toujours dans la vitesse, mais parfois dans l’arrêt. Que l’exploit véritable n’est pas visible sur un écran, mais dans les replis invisibles de l’âme.

Le mont Hiei reste leur sanctuaire, leur terrain d’entraînement, leur temple. Là-haut, dans le vent et les chants d’oiseaux, résonnent encore les pas silencieux de ceux qui cherchent l’Éveil... en courant.

Les moines marathoniens du mont Hiei ne sont pas des athlètes. Ils sont des alchimistes spirituels, transformant la souffrance en paix, la sueur en prière, les kilomètres en éveil. À travers leur marche, c’est toute l’humanité qu’ils honorent.

Et pendant qu’en bas la ville s’agite, là-haut, dans les forêts sacrées, un homme marche. Et prie. Encore et encore.

 

POESIE COMPOSEE PAR Philémon

Le sentier du silence vers la liberté

 

Cordes aux chevilles
Le moine fend la rosée
Des mille matins
Chaque pierre sous ses pieds
Est un mot de son sutra

  1.  

Mont Hiei s’éveille
A la flamme du mental
Inextinguible
La boucle intérieure
Commence dans le vide

 

Silence du sentier
Le battement d’un seul pas
Brise l’aube en deux
Le souffle et la prière
Ne font plus qu’un dans l’ombre

 

Le premier pas

Au pied du mont, la brume colle aux paupières. Il n’y a pas de début, seulement le silence avant le silence.

Matin de rosée
L’herbe plie sous la sandale
Et se relève
 
Le feu intérieur

Le moine ne court pas pour arriver. Chaque pas est un monde, une offrande au vide. Mille jours et pourtant, toujours ici.

Flamme dans la gorge
Réciter en avançant
Jusqu’à disparaître
 
Philémon
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei : L’Ultime Quête de l’Éveil
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei : L’Ultime Quête de l’Éveil

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POUR LES AMOUREUX DU RAIL

28 Juillet 2025, 08:53am

POUR LES AMOUREUX DU RAIL
POUR LES AMOUREUX DU RAIL
POUR LES AMOUREUX DU RAIL

Le Shinkansen (train à grande vitesse japonais)

 

L’origine du Shinkansen, le célèbre train à grande vitesse du Japon, remonte à l'après-Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de reconstruction économique et de modernisation rapide du pays.

Contexte historique
  • Années 1950 : Le Japon connaît une forte croissance économique, surnommée le « miracle économique japonais ».

    Le réseau ferroviaire classique est saturé, notamment la ligne Tōkaidō (entre Tokyo et Osaka), très utilisée pour le transport de passagers et de marchandises.

Conception du projet
  • L’idée d’un train à grande vitesse germe dès les années 1930 avec un projet de ligne rapide entre Tokyo et Shimonoseki, mais il est abandonné pendant la guerre.

    En 1957, Hideo Shima, ingénieur visionnaire, et Shinji Sogō, président de la Japan National Railways (JNR), relancent l’idée avec le soutien du gouvernement japonais.

Réalisation
  • 1959 : Début des travaux de construction de la première ligne Tōkaidō Shinkansen.

    Le projet est ambitieux : construire une ligne dédiée uniquement aux trains à grande vitesse (pas de partage avec le fret ou les trains lents), avec des courbes plus larges et peu de pentes.

Inauguration
  • Le 1er octobre 1964, à temps pour les Jeux olympiques de Tokyo, le premier Shinkansen entre en service entre Tokyo et Osaka.

    Vitesse initiale : 210 km/h (révolutionnaire pour l'époque).

    Il est surnommé "Hikari" (lumière) et devient le train le plus rapide du monde à ce moment-là.

Conséquences
  • Le succès est immédiat : gain de temps énorme, ponctualité remarquable, confort et sécurité inégalés.

    Le Shinkansen devient un symbole de la modernisation du Japon et un modèle pour d’autres pays.

    L'évolution technologique du Shinkansen est l'une des plus impressionnantes au monde. Elle reflète des décennies d’innovation continue en matière de vitesse, sécurité, confort et efficacité énergétique.

Débuts et perfectionnements: années 1960 à 1980
  • 1964 – Série 0 (Type 0) : Premier Shinkansen, vitesse max de 210 km/h. Design simple mais novateur.

    1970s–1980s : Amélioration des moteurs, aérodynamique, suspension. Apparition de la Série 100 (1985), plus rapide (230 km/h), plus silencieuse et plus confortable.

    Vitesse et confort Années 1990 :

  • Série 300 (1992) : Forme en "bec de canard", vitesse jusqu’à 270 km/h.

    Série 500 (1997) : Design futuriste, jusqu’à 300 km/h. Très avancée mais coûteuse à produire.

    Introduction de la suspension active et de systèmes de freinage régénératif.

Efficacité énergétique et sécurité : années 2000–2010
  • Série N700 (2007) : Vitesse de croisière à 300 km/h (puis portée à 285 km/h pour réduction de bruit et consommation), meilleur confort, inclinaison des rames en courbe pour maintenir la vitesse.

    Amélioration du système de contrôle automatique des trains (ATC) et de la résilience aux séismes (le train peut freiner d’urgence à la moindre secousse détectée).

Technologies intelligentes et durabilité : depuis 2010 :
  • Série N700A et N700S (2020) : Plus légers, modulaires, moins gourmands en énergie, encore plus sûrs.

    Le N700S est le premier Shinkansen à pouvoir rouler même en cas de panne de courant, grâce à des batteries de secours.

    Forte réduction du bruit à grande vitesse et de la consommation électrique.

L'avenir : Maglev
  • Le Chūō Shinkansen, en construction, utilisera la technologie Maglev (lévitation magnétique).

    Vitesse prévue : 500 km/h.

    Le premier tronçon entre Tokyo et Nagoya pourrait ouvrir dans les années 2030, après plusieurs retards.

    Avantages : vitesse extrême, absence de frottement, mais coût élevé et enjeux environnementaux.

Les trains au Japon sont plus utilisés que les voitures, car ils sont beaucoup plus pratiques et apportent de nombreux avantages tels que :

  • Aide à la santé :

    La personne doit marcher jusqu'à la station de train ;

     

  • Sans frais - :

    Beaucoup d'entreprises prennent souvent en charge toutes les dépenses liées à un pass ;

     

    Sécurité - :

    Il n'y a aucun danger qu'une voiture percute la vôtre ;

     

    Ponctualité :

    Les trains au Japon sont super ponctuels, les retards sont de quelques secondes et la compagnie s'excuse,

 

Sans embouteillages :

Vous n'aurez aucun problème de circulation ;

 

  • Professionnalisme :

    Le service client est la priorité, toutes les stations sont organisées, les employés sont en uniforme;

     

    Vie nocturne :

    Grâce aux trains, passer une nuit de fun devient plus facile ;

     

    Lire et étudier :

    Dans les trains, vous avez toute la liberté de lire, d'étudier et même de dormir ;

     

    Paysages urbains :

    Vous aurez une promenade beaucoup plus agréable;

     

    Environnement :

    Les trains polluent moins et consomment moins d'énergie que les voitures;

     

    Transport :

    Grâce aux trains, il est possible de voyager dans tout le pays en quelques heures ;

 

Le célèbre train à grande vitesse appelé shinkansen en japonais, est le moyen de transport le plus rapide et le plus sûr au monde. Ils fonctionnent généralement à une vitesse allant jusqu'à 320 km/h.

Actuellement, le système shinkansen s'étend sur plus de 2 397 kilomètres, reliant tout le Japon. Les trains à grande vitesse japonais sont confortables et silencieux, presque comme un avion sur rails.

 

Tanka Composés par Philémon

A très vite !

Train au fil du temps
Le monde glisse sans un bruit
Derrière la vitre
Tokyo devient un rêve
Qu'on oublie déjà trop vite

 

Comme un sabre fin
Il fend les rizières vertes
A l’aube d’été
Même le Fuji s’efface
Dans son souffle argenté

 

Haïbun
Le murmure du futur

Assis près de la vitre, il regarde défiler le Japon à une vitesse irréelle. Ce n’est pas un voyage, c’est une glissade. Les villes surgissent et s’évanouissent comme des bulles. Rizières, collines, maisons à toit de tuiles , tout s'efface sans qu'on ait le temps de les saluer. Et pourtant, dans ce silence feutré du train, le cœur est calme. C’est le futur, mais il ne fait pas de bruit.

Fuji en passant
Il le regarde à peine
Lui l’homme pressé
Arrêts invisibles

Le Shinkansen ne s’arrête pas dans son village. Il le traverse comme un trait de lumière. Quand il était enfant, il le guettait depuis la colline. En une seconde, il était là, puis déjà ailleurs. Aujourd’hui, l’homme est à l’intérieur. Il repasse devant ce même village, sans s’y arrêter. Une partie de lui reste là-bas, figée au bord de la voie.

Rien ne bouge et puis
Tout s’efface en une ligne
L’univers est traversé

Philémon

Je tiens à remercier les services techniques japonais qui m'ont aidé à rédiger cet article grâce  aux explications fournies.

POUR LES AMOUREUX DU RAIL
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