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Poésie Japonaise

Le Printemps au Japon

20 Mars 2025, 08:54am

La plaine de Koganei, Ce lieu était, jadis, un endroit célèbre pour ses cerisiers, contemplés chaque année par les habitants de Edo  (XIXe , Tokyo aujourd’hui ) ,estampe de Utagawa Hiroshige

La plaine de Koganei, Ce lieu était, jadis, un endroit célèbre pour ses cerisiers, contemplés chaque année par les habitants de Edo (XIXe , Tokyo aujourd’hui ) ,estampe de Utagawa Hiroshige

HANAMI- Contemplation des cerisiers en fleurs

C’est sans doute la tradition printanière la plus célèbre. Les Japonais se réunissent sous les cerisiers en fleurs (sakura) pour pique-niquer en famille, entre amis ou avec des collègues.

Les parcs comme ceux de Tokyo (Ueno, Shinjuku Gyoen) ou Kyoto (Maruyama) deviennent des lieux de fête, avec de la nourriture, du saké et une ambiance conviviale.

Shunbun no Hi - Équinoxe de printemps (autour du 20 mars)

Ce jour férié est une période où les Japonais rendent hommage à leurs ancêtres en visitant les tombes familiales et en faisant des offrandes de fleurs et de nourriture. C’est aussi une journée qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit.

Festival de Takayama (mi-avril)

L'un des plus beaux festivals du Japon, avec de magnifiques chars décorés (yatai) qui défilent dans la ville historique de Takayama. Ce festival célèbre le renouveau et la prospérité pour l’année à venir.

Yabusame tir à l'arc à cheval, avril-mai

C’est une tradition spectaculaire où des archers montés à cheval tirent sur des cibles en bois. Ce rituel shintoïste se tient lors de festivals comme celui de Kamakura et symbolise la prière pour de bonnes récoltes.

Le printemps est aussi une période où de nombreux aliments saisonniers sont consommés, comme les fraises, les pousses de bambou et les plats à base de sakura (comme les sakura mochi ).

Visiter le Japon au printemps, c'est une des meilleures saisons pour profiter du paysage et des festivités !

Au Japon, chaque saison a ses propres ingrédients phares, et au printemps, la nature offre des produits frais et délicats, souvent associés à la renaissance et à la légèreté.

Voici quelques aliments typiques du printemps au Japon :

Aliments liés aux cerisiers (Sakura)
  • Sakura Mochi :

    Une pâtisserie traditionnelle faite de riz gluant rose, fourrée de pâte de haricots rouges sucrée (anko) et enveloppée dans une feuille de cerisier marinée. La feuille est parfois consommée.

     

    Des boissons à base d’extraits de fleur de cerisier :

    Sakura Latte / Sakura Frappuccino servis dans les cafés

  • Sakura Yokan : Une gelée sucrée à base de haricots rouges et parfumée aux fleurs de cerisier.

Légumes et plantes sauvages printanières :
  • Takenoko – Pousses de bambou :

  • Très appréciées au printemps, elles sont utilisées dans des soupes, des plats mijotés ou simplement grillées.

    Sansai – Plantes de montagne :

    Ce sont des herbes sauvages comestibles comme le fuki (pétasite du Japon), le warabi (fougère) et le kogomi (têtes de fougère). Elles sont souvent servies en tempura ou en accompagnement avec du riz.

  • Nanohana – Fleurs de colza :

  • Elles sont souvent blanchies et assaisonnées avec de la sauce soja ou du miso.

Fruits de saison
  • Ichigo – Fraises :

    Le printemps est la saison des fraises au Japon, avec des variétés luxueuses comme la "Tochiotome" ou la "Amaou" :

    On les trouve dans des pâtisseries, comme les Ichigo Daifuku (mochi fourré de fraise et d’anko).

    Dekopon – Agrume sucré :

    Un hybride entre une mandarine et une orange, souvent consommé frais.

Poissons et fruits de mer printaniers

 

  • Shirasu – Petites sardines blanches : Elles sont souvent consommées fraîches sur du riz ou séchées.

    Katsuo – Bonite : Poisson très consommé au printemps, en particulier sous forme de Katsuo Tataki, où il est légèrement grillé à l’extérieur et servi avec du gingembre et de la sauce soja.

    Hamaguri – Palourdes : Utilisées dans des soupes claires ou simplement grillées.

Thé nouveau Shincha

 

Le printemps marque aussi la première récolte du thé vert (shincha), qui a une saveur douce et fraîche, très appréciée par les amateurs de thé.

Tous ces aliments reflètent la fraîcheur et la délicatesse du printemps au Japon.

 

Poèmes tanka de saison 

Composés par Philémon

INFLORESCENCE

 

Le Printemps se réveille

Les fleurs étirent leurs pétales

Peints par le soleil

Dans l’air chants festifs d’oiseaux

La nature revit

 

Le Printemps s’installe

L’herbe verdit timide

Soleil hésitant

Dans l’espace parfums légers

Promesses de jours heureux

 

Les rus babillent

Joyeux sous le ciel d’azur

Printemps chuchote

Les ruches ouvrent les volets

L’éveil de la vie en chœur.

 

Philémon

Le Printemps au Japon

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LE THÉÂTRE TRADITIONNEL AU JAPON 2ème partie Théâtre No

17 Mars 2025, 17:00pm

Masque de No

Masque de No

Acteur de No

Acteur de No

Le théâtre No (ou Noh) trouve son origine au Japon au XIVe siècle, sous l'influence de diverses formes de spectacles plus anciens, notamment le dengaku, le sarugaku, le kagura et le bugaku.

Il a été codifié principalement par Kan'ami Kiyotsugu (1333-1384) et son fils Zeami Motokiyo (1363-1443), qui ont affiné cette forme artistique et en ont défini les principes esthétiques.

Zeami a notamment écrit plusieurs traités sur l’art du No  introduisant la notion de yūgen (une beauté subtile et mystérieuse) comme idéal du théâtre.

Le théâtre No était étroitement lié à la classe des samouraïs et, en particulier, avec le shogun Ashikaga Yoshimitsu, qui en a soutenu le développement.

Ce style est resté un art aristocratique et spirituel, mêlant danse, musique et poésie, et s’inspirant souvent de récits issus du bouddhisme zen, du shintoïsme et de la littérature classique japonaise.

Aujourd’hui encore, le No est pratiqué et apprécié comme une forme majeure du théâtre traditionnel japonais.

 

Le No et le Kabuki sont deux formes majeures du théâtre japonais, mais ils présentent des différences fondamentales sur le plan scénique. Voici leurs principales distinctions :

Scène et décor
  • No

    La scène est minimaliste, en bois, avec un toit rappelant un sanctuaire shinto. Il y a peu d’éléments de décor, souvent un simple arbre peint en arrière-plan, symbolisant la connexion entre les mondes terrestre et spirituel.

    Kabuki :

    La scène est grande, ornée et dynamique, avec des décors élaborés et mobiles. Elle peut inclure des machineries complexes, des trappes et des ponts escamotables comme le hanamichi, une passerelle qui traverse le public.

Jeu des acteurs
  • No

    Le jeu est lent, stylisé et épuré. Les mouvements sont contrôlés et codifiés, proches de la danse. L’expression repose beaucoup sur la posture et le port du masque.

  • Kabuki :

    Le jeu est exagéré et expressif, avec des poses dramatiques appelées mie pour souligner l’intensité des émotions. Le maquillage flamboyant kumadori remplace les masques du No.

Costumes et accessoires
  • No :

    Costumes raffinés mais sobres, avec plusieurs couches de tissus. Les personnages principaux portent souvent un masque en bois sculpté, tandis que les seconds rôles jouent à visage découvert.

    Kabuki :

    Costumes extravagants et colorés, parfois volumineux avec des perruques imposantes. Les acteurs utilisent un maquillage très marqué pour identifier leur rôle (rouge pour les héros, bleu pour les méchants, etc.).

Musique et chant
  • No:

    La musique est assurée par un petit ensemble de tambours et une flûte, accompagnant un chant proche du récitatif. Le rythme est lent et méditatif.

    Kabuki :

    La musique est plus variée et dramatique, avec des instruments comme le shamisen (luth à 3 cordes). Les dialogues sont souvent chantés ou scandés pour renforcer le rythme de la pièce.

Thèmes et ambiance :
  • No :Souvent inspiré de la mythologie, du bouddhisme et des légendes japonaises, avec des thèmes mélancoliques et spirituels. Il met en scène des fantômes, des divinités et des guerriers déchus

  • Kabuki :

  • Plus terre-à-terre et spectaculaire, il mélange drames historiques, intrigues amoureuses et récits héroïques. Certaines pièces sont pleines d’action et d’effets spéciaux.

Conclusion :

Le No est un art plus introspectif et spirituel, tandis que le Kabuki est un spectacle énergique, visuel et accessible. Le premier vise à exprimer le mystère et l’émotion intérieure, alors que le second cherche à captiver le public avec des représentations dynamiques et visuelles.

Le No a une profondeur unique, avec son atmosphère méditative et sa poésie visuelle. Son esthétisme épuré et son rythme lent demandent une certaine sensibilité, mais c’est ce qui le rend si fascinant.

Son lien avec le monde des esprits, les fantômes mélancoliques et les récits empreints de bouddhisme et de shintoïsme en font une forme d’art profondément mystique.

Les pièces de No ont souvent des personnages hantés par le passé, comme un guerrier déchu ou une femme abandonnée, qui reviennent sous forme de spectres pour raconter leur histoire. Tout est dans la subtilité : le jeu lent, les chants envoûtants, et cette sensation presque hors du temps.

 

Tankas composés par Philémon

 

Lumière tremblante
Les marionnettes dansent
Soft frémissement
Le destin se tisse lent
De fils d’or et de sang

 

Le tambour résonne
A l'ombrage des vieux temples
Les ombres s’étirent
Un drame naît sur scène
Et l’âme d’un homme meurt

 

Les geste se ruent
Au rythme des cymbales
Tissu des esprits
Un pas un cri une ombre
Le monde en attente

 

Philémon

Acteur sur scène

Acteur sur scène

Masques typiques du théâtre No

Masques typiques du théâtre No

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THÉÂTRE TRADITIONNEL JAPONAIS 1ère partie KABUKI

14 Mars 2025, 09:24am

Acteur Segawa Kikunojo III, estampe de Katsukawa Shimko, 1789

Acteur Segawa Kikunojo III, estampe de Katsukawa Shimko, 1789

Le théâtre Kabuki est né au Japon au début du XVIIe siècle, durant l’ère Edo (1603-1868). Il a été fondé par une prêtresse shinto nommée Okuni, qui aurait commencé à jouer vers 1603, à Kyoto, avec un style de danse théâtralisée excentrique et novateur. Son spectacle mêlait musique, danse et scènes dramatiques inspirées de la vie quotidienne et des récits populaires.

À l’origine, le kabuki odori (danse kabuki) était joué par des troupes exclusivement féminines. Ces spectacles étaient souvent suggestifs et atteignirent rapidement une grande popularité.

Cependant, en 1629, les autorités interdirent aux femmes de jouer sur scène, sous prétexte que cela encourageait la prostitution et troublait l’ordre public.

Le kabuki devint alors exclusivement masculin, avec des acteurs spécialisés (les onnagata) qui incarnaient les rôles féminins.

Durant le XVIIe et XVIIIe siècles, le Kabuki devint un art très structuré et raffiné. Il se distingua du (plus aristocratique et contemplatif) par son caractère spectaculaire, ses costumes flamboyants, ses maquillages élaborés (kumadori) et ses mises en scène dynamiques. Des genres narratifs comme les jidaimono (histoires historiques) et les sewamono (drames du quotidien) émergèrent.

Malgré des périodes de censure et de restrictions sous le shogunat Tokugawa, le Kabuki est resté un art vivant et populaire, évoluant avec le temps.

 Après l’ère Meiji (1868), il a survécu aux transformations culturelles et demeure aujourd’hui l’une des formes de théâtre traditionnel les plus emblématiques du Japon.


 

Tankas composés par Philémon

KABUKI

 

Masque de silence
La scène s'illumine lourde
Voix d’un samouraï
Le vent porte ses secrets
Sous l’arbre centenaire

Dans la brume noire
Le tambour frappe le cœur
Âme solitaire
Le vent effleure le bois
Son masque ne sourit plus

Sous le ciel d’azur
L’épée brille fauchant l’âme
Fierté dans la voix
Un héros tombe en silence
Le vent chante son nom


Philémon

THÉÂTRE TRADITIONNEL JAPONAIS    1ère partie    KABUKI
THÉÂTRE TRADITIONNEL JAPONAIS    1ère partie    KABUKI
Modèles de maquillage

Modèles de maquillage

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Matin de promesses

11 Mars 2025, 18:01pm

Jardin d'un temple de Nippori, estampe de Utagawa Hiroshige

Jardin d'un temple de Nippori, estampe de Utagawa Hiroshige

Matin de promesses

 

Haibun composé par Philémon

 

À l’aube, le temple repose dans une brume légère. Les premières lueurs du jour caressent la mousse des pierres anciennes. Un moine balaie lentement l’allée, ses gestes en harmonie avec le chant lointain du coucou. L’air est empli d’un parfum de pruniers en fleurs, et le printemps s’annonce avec une douceur infinie.

Songe matinal
Le gong du temple vibre
Écho du passé

 

Philémon
 

 Matin de promesses

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Haïbun sur la montagne au Japon en hiver

8 Mars 2025, 19:43pm

Neige de nuit à Kambara, estampe de Utagawa Hiroshige, vers 1833-1834

Neige de nuit à Kambara, estampe de Utagawa Hiroshige, vers 1833-1834

Montagne du silence

 

La neige tombe doucement sur les pentes du mont Haku. Chaque flocon danse un instant avant de disparaître dans le grand manteau blanc. Je marche lentement, mes pas crissant sur le sentier gelé. Une cabane en bois apparaît au détour d’un virage, fumée fine s’élevant dans l’air figé. J’y trouve un vieil homme assis près du feu, une tasse de thé fumante entre les mains. Nous échangeons un regard, aucun mot. Dans cette montagne silencieuse, le langage n’est qu’un murmure du vent.

Souffle hivernal
L’écho d’un grand corbeau noir
Se perd sous la neige

 

Philémon

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Festival des pruniers Suite

7 Mars 2025, 15:24pm

Les pruniers à Kamada, estampe de Utagawa Hiroshige

Les pruniers à Kamada, estampe de Utagawa Hiroshige

Tanka composés par Philémon

Brise matinale
Le parfum des pruniers bondi
Sous le jour naissant
Éveillant les souvenirs
D’un printemps doux et ancien

L’encens s’élève
Flottant parmi les pétales
Le sanctuaire rit
Où les ombrelles écloses
Plongent sous les fleurs d’Ume

Bois des pruniers

Bois des pruniers

Extrait d'un spectacle de Ume Matsuris

Extrait d'un spectacle de Ume Matsuris

Fête du prunier
Les kimonos chatoyants
Traversent la brume
Et sous les branches en fête
La neige fond en silence


Philémon

Neige de printemps, estampe de Takahashi Shotei, vers 1920

Neige de printemps, estampe de Takahashi Shotei, vers 1920

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Festivals de l’inflorescence des pruniers : UME MATSURIS

5 Mars 2025, 17:47pm

Le jardin des Pruniers à Kameido , estampe de Utagawa Hiroshige,  copie par Vincent Van Gogh, en 1887. Cet arbre était connu pour sa forme étrange appelée "Dragon au repos"

Le jardin des Pruniers à Kameido , estampe de Utagawa Hiroshige, copie par Vincent Van Gogh, en 1887. Cet arbre était connu pour sa forme étrange appelée "Dragon au repos"

Au Japon, les pruniers ont une forte représentation symbolique, ils évoquent la persévérance et la résilience car ils fleurissent en hiver, avant même l’arrivée du printemps, et se trouvent associés à la pureté, la longévité et la chance dans la culture japonaise.

Autrefois, ils étaient plus populaires que les cerisiers ornementaux (Sakura) car très appréciés par l’aristocratie, durant la période Héian (794-1885).

Lors d’un Ume*Matsuri, les week-ends et jours fériés accueillent pour l’occasion, des concerts de Kotos, des ateliers de Haïkus ainsi que des cérémonies de préparations du thé (Chanoyu) en extérieur , ainsi que des stands où le public peut se procurer différents produits à base de prunes : 

- Umesku : liqueur douce de prunes macérées dans de l’alcool et du sucre.

-Umeboski : prunes marinées, très salées et acides, souvent consommées avec du riz.

-Sirop d’Ume : utilisé pour la préparation de boissons rafraîchissantes.

 

* Ume : prunier (se prononce oumé)

 

Tanka composés par Philémon

Matsuris floraisons        Première partie

 

Rouge et blanc mêlés
Les fleurs d'Ume s’ouvrent fières
Dans l'air encore froid
Annonçant à voix légère
La fin proche de l’hiver

 

Telle une promesse
L’inflorescence d’Ume
Chuchote au silence
Des mots simples et fugaces
Bientôt portés par le vent

 

 

Coupe de saké
Les reflets d’un ciel d’azur
Valsent dans les mains
Les pruniers en fête chantent
Un printemps encor timide

 

Philémon
 


 

 

Chanoyu à l'extérieur

Chanoyu à l'extérieur

Festivals de l’inflorescence des pruniers : UME MATSURIS

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DES GEISHAS A KYOTO

28 Février 2025, 17:23pm

Ecole de Geishas

Ecole de Geishas

Tanka et Haïku composés par Philémon

 

 

Lampions tamisés
Elle danse ombre légère
Kimono de soie
Ses doigts peignent l'air limpide
Le vent suit son éventail

 

Brise de Kyoto
S’amuse dans son col blanc
Sous la lanterne
Ses gestes tracent l’histoire
Des fleurs d’un printemps ancien

 

Sous l’ombrelle rouge
Elle danse avec le vent
Pluie sur le jardin

  1.  

Brume sur Kyoto
Un regard derrière l'éventail
Neige sur les pins

  1.  

Shamisen vibrant
Sous la lune d’or suspendue
Elle a disparu


Philémon

 

  1.  

  1.  

  1.  

Cat Geisha

Cat Geisha

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LES GEISHAS Deuxième et dernière partie

20 Février 2025, 10:02am

LES GEISHAS     Deuxième et dernière partie

Les geishas jouent de plusieurs instruments traditionnels japonais, essentiels à leurs représentations artistiques.

Voici les principaux :

Shamisen :

L'instrument le plus emblématique des geishas.
Le shamisen est un luth à trois cordes avec une caisse de résonance recouverte de peau (autrefois de chat ou de chien, aujourd’hui souvent synthétique).
Il se joue avec un grand plectre appelé bachi et produit un son à la fois percussif et mélodieux. Les geishas l’utilisent pour accompagner le chant et la danse.

Le shamisen reste l’instrument principal des geishas, souvent combiné au chant (nagauta ou kouta) et à la danse traditionnelle. Ces instruments ajoutent à l’ambiance raffinée et intime des banquets où elles se produisent.

Tsuzumi : Tambours traditionnels

Les geishas jouent parfois du tsuzumi, un tambour en forme de sablier utilisé dans le théâtre Noh et Kabuki. Il en existe deux types :

  • Kotsuzumi : Plus petit, il se tient à l’épaule et produit un son aigu.

    Ōtsuzumi : Plus grand, il se joue sur la cuisse et a un son plus grave et puissant.

Fue : Flûte japonaise

Certaines geishas maîtrisent la fue, une flûte en bambou utilisée dans la musique traditionnelle et le théâtre Noh. La plus courante est la shakuhachi, qui produit un son profond et mélancolique.

Taiko : Tambour japonais
Bien que les geishas ne le jouent pas souvent elles-mêmes, le taiko accompagne parfois leurs performances de danse. C’est un grand tambour utilisé dans les festivals et les spectacles de musique traditionnelle.
Koto : Cithare japonaise

Moins courant chez les geishas, le koto est une grande cithare à 13 cordes, posée à plat et jouée avec des onglets fixés aux doigts. Il est souvent utilisé pour des pièces musicales plus sophistiquées.

Le koto trouve ses racines en Chine, où un instrument similaire, appelé guzheng existait depuis plus de 2 000 ans. Il a été introduit au Japon vers le VIIe siècle, durant la période de Nara (710-794), par l'intermédiaire de la culture chinoise et coréenne. À cette époque, il était utilisé dans la musique de cour impériale, appelée gagaku

Au fil des siècles, le koto a évolué pour devenir un instrument distinctement japonais. Voici quelques étapes clés de son développement :

  1. Période de Heian (794-1185)

    • Le koto devient un instrument prestigieux, joué principalement à la cour impériale par des nobles et des prêtres.

      Il est associé à l'élégance et à la poésie.

    Période d'Edo (1603-1868) : Popularisation

    • Le musicien (Yatsuhashi Kengyō 1614-1685) est considéré comme le "père du koto moderne". Il simplifie le répertoire et le rend accessible à un public plus large.

      Le koto commence à être joué par les samouraïs et les femmes de la noblesse.

    Époque moderne

    • Il devient un instrument important dans la musique traditionnelle japonaise.

      Des compositeurs contemporains l’intègrent dans des styles fusionnant tradition et modernité.

Caractéristiques du Koto
  • Traditionnellement fabriqué en bois de paulownia.

    13 cordes en soie ou en nylon, accordées avec des chevalets mobiles 

  • Joueurs célèbres

  • : Yatsuhashi Kengyō et Michio Miyagi (qui a modernisé le koto au XXe siècle).

Aujourd’hui, le koto est encore joué lors de concerts, festivals et même dans des collaborations avec des musiciens modernes

Compositions les plus renommées :

Rokudan no Shirabe Yatsuhashi Kengyō
 Un classique du XVIIe siècle, souvent considéré comme le morceau fondateur du koto moderne.

Haru no Umi Michio Miyagi
 Une pièce célèbre qui évoque la mer printanière, souvent jouée au Nouvel An au Japon.

Midare Yatsuhashi Kengyō

 

Tankas composés par Philémon

Sous le clair de lune
Un shamisen solitaire
Compose lentement
Une danse éphémère
Fleur née dans la brume d’or

 

Pluie sur les pavés
Parfum mêlé de cerise
Ombrelle pliée
Elle marche muse en fuite
Dans le soupir du matin

 

Les pas sur les pierres
Susurrent comme des feuilles
La nuit est témoin
D’un poème en mouvement
Gravé dans l’ombre du temps

 

Haïkus

Sous l’ombrelle rouge
Elle danse avec le vent
Pluie sur le jardin

Shamisen vibrant
Sous la lune d’or suspendue
Elle a disparu

 

Philémon
 

  1.  

 


 

Le bac de Yoroi Kaimi-chô, la Geisha s'apprête à embarquer, estampe de Utagawa Hiroshige

Le bac de Yoroi Kaimi-chô, la Geisha s'apprête à embarquer, estampe de Utagawa Hiroshige

LES GEISHAS     Deuxième et dernière partie
LES GEISHAS     Deuxième et dernière partie

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HISTOIRE DES GEISHAS AU JAPON 1ère partie

18 Février 2025, 19:36pm

A la nuit tombante, accompagnées d'une servante, deux Geishas s'apprêtent à quitter le marché aux cotonnades, estampe de Utagawa Hiroshige.

A la nuit tombante, accompagnées d'une servante, deux Geishas s'apprêtent à quitter le marché aux cotonnades, estampe de Utagawa Hiroshige.

Les geishas sont des artistes traditionnelles japonaises qui se consacrent aux arts du spectacle et au divertissement. Leur rôle est de divertir les clients lors de banquets et d'événements en proposant des performances artistiques raffinées, telles que la danse, la musique et la conversation.

L’histoire des geishas remonte à l'époque d'Edo (1603-1868), bien que des formes d’artistes féminines et masculines les aient précédées.

À l’origine, les premiers geishas étaient des hommes (appelés taikomochi), jouant un rôle similaire à celui des bouffons de cour en Europe. Mais au fil du temps, les femmes ont dominé cette profession, et dès le XVIIIe siècle, le terme "geisha" désignait exclusivement des femmes artistes.

Les geishas ont évolué indépendamment des courtisanes de haut rang (les oiran), avec lesquelles elles sont souvent confondues.

Contrairement aux oirans, qui appartenaient au monde de la prostitution légale de l’époque, les geishas étaient avant tout des maîtresses des arts, formées dans la danse, la musique et l'étiquette.

La formation est longue et rigoureuse. Elle commence dès l’enfance, généralement vers 15 ans, dans des écoles appelées okiya.

Les apprenties, appelées maiko à Kyoto (ou hangyoku à Tokyo), suivent un apprentissage qui peut durer plusieurs années. Elles apprennent :

  • La danse traditionnelle (nihon buyō)

    Le chant et la musique, notamment le shamisen (luth à 3 cordes)

    L’art de la conversation et de la séduction intellectuelle

    La cérémonie du thé

    La calligraphie et la poésie

Une fois leur formation achevée, elles deviennent des geishas accomplies et peuvent exercer de manière indépendante.

Les geishas sont donc des gardiennes des traditions japonaises et jouent un rôle clé dans la préservation des arts classiques. Elles divertissent les clients (souvent des hommes d’affaires ou des personnalités influentes) dans des maisons de thé (ochaya) et lors de banquets. Leur présence est synonyme de prestige et de raffinement.

Aujourd’hui, bien que leur nombre ait considérablement diminué, elles existent encore, principalement à Kyoto (notamment dans le quartier de Gion) et à Tokyo. Elles continuent d’incarner l’élégance et la maîtrise des arts traditionnels japonais.

 

DES GEISHAS A KYOTO

Tankas composés par Philémon

 

Senteur de Matcha 
Sur ses lèvres un soupir
Comme un léger tour
Elle sourit masque de neige
L’instant vole sous la soie

 

Rivière d'encre 
Ses cheveux glissent brillants
Sur laque et mystère
Un regard sous l’ombrelle
L’éveil d’un fragile secret

 

Le rouge éclatant
Sur sa bouche goutte de feu
Parle en silence
Son regard trace des vagues
Sur un océan de nuit

 

Philémon

  1.  

  1.  

HISTOIRE DES GEISHAS AU JAPON       1ère partie

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