C’est l'un des évènements authentiques les plus célèbres du Japon féodal. Il illustre les valeurs fondamentales du code des samouraïs, le bushidō*, notamment la loyauté, l'honneur et le sacrifice.
Ce code d’honneur repose sur 7 vertus essentielles : honnêteté, courage, bonté, respect, sincérité, honneur et loyauté.
*Bushido (l’âme du Japon)
Origine :
Au début du XVIIIe, le Japon était gouverné par des Shoguns (Général en Chef des armées) et la société était organisée selon des règles strictes . Les Samouraïs servaient leurs Daimyos (Seigneurs) et en cas de décès ou en cas de disgrâce de leur maître, ils devenaient des Rônins (Samouraï sans maître) et leur biens étaient confisqués.
Or , en 1701, le Daimyo Asano Naganori, Seigneur du domaine d’Ako, fut convoqué au château du Shogun, pour participer à des cérémonies.
Il eut en charge de suivre les instructions du maître de cérémonie, haut fonctionnaire connu pour être corrompu et arrogant et celui-ci l’aurait provoqué et humilié à différentes reprises.
Exaspéré , Asano dégaina son sabre dans le château du Shogun et blessa le provocateur.
Cet acte commis dans un lieu sacré où l’utilisation d’armes est interdite, constitua une offense grave. Il fut aussitôt condamné à se faire Seppuku ( suicide rituel)*, son domaine fut confisqué , laissant ses Samouraïs sans maître, donc Rônins.
*Le suicide est la dernière manière d’assumer un échec, pour ce faire il existait quatre grandes raisons pour les Samouraïs :
- La défaite au combat
- Les remontrances
- La sanction pénale
- l’accompagnement dans la mort
Cette pratique destructrice causa des pertes irréparables, pouvant rassembler jusqu’à 500 guerriers,
Il fallut attendre jusqu’en mai 1663 pour que le Shogun Tokugawa promulgue un édit afin de faire cesser cette pratique
Privés de maître et de revenus ils furent 47 à décider de venger l’honneur de leur maître injustement condamné, malgré les interdictions de la loi. Pendant deux ans , tout en louant leur service pour défendre la population rançonnée par des bandits afin de se procurer des revenus, ils préparaient les conditions de leur vengeance.
C’est ainsi que dans la nuit du 14 décembre 1702, les 47 attaquèrent la résidence du haut fonctionnaire qui fut décapité et sa tête déposée en offrande sur la tombe de leur maître Asano.
Bien que leur acte ait été perçu comme une démonstration exemplaire de loyauté et d’honneur, ils avaient enfreint la loi en prenant leur vengeance sans autorisation. Toutefois, le Shogun leur permit de se faire seppuku plutôt que d’être exécutés comme des criminels.
Cet évènement est devenu une source d’inspiration au Japon et le temple Sengaku-ji ou repose le seigneur Asamo et ses 47 rônins est devenu aujourd’hui , un lieu de pèlerinage.
Le 14 décembre de chaque année, une commémoration qui s’intitule « Festival Ako Gihisai » se déroule dans les rues de Tokyo et comprenant un défilé en costumes de l’époque, depuis le Temple Zojoji au Temple Zen de Sengakuji où se trouvent les tombeaux du Samouraï Ako Gihisai entouré des Rônins.
Sur les marchés du parcours, l’ont peut acheter et déguster des « takoyaki » : boulettes de poulpe et des « yakisoba » : nouille sautées , à l’occasion du festival.
La production culturelle autour de ce fait historique a été dense : cinéma, littérature : récit de Jirô Osaragi (4/10/1897 – 30/4/1973) adapté en films et séries TV. Tous les arts y ont participé même les compositions musicales et le kabuki.
POÈMES Tanka composés par Philémon
Foule recueillie
Murmure des prières
Mémoire intacte
Dans un Tokyo automnal
Le passé trouve sa voix
Sous les étoiles
Des ombres s’avancent fières
47 vies
Leur devoir transcendait tout
L’honneur brille dans l’histoire
Philémon