OKAYAMA KORAKUEN
C’est l’un des trois plus beaux jardins du Japon, et un site culturel renommé dans le monde entier.
Ikeda Tsunamasa, le Daimyo (seigneur féodal) d'Okayama, a en 1687, ordonné à son vassal Tsuda Nagatada de commencer la construction d'Okayama Korakuen.
Il a été achevé en 1700 et a conservé son aspect d'origine depuis la période Edo jusqu'à nos jours, à l'exception de quelques changements effectués par divers Daimyo.
Korakuen est l'un des rares jardins Daimyo dans les provinces où le changement historique peut être observé, grâce aux nombreuses peintures de la période Edo, aux registres de la famille Ikeda et aux anciens documents.
Ce jardin a été utilisé comme lieu de réception pour des invités importants mais aussi comme maison de repos pour le Daimyo, bien que des gens ordinaires aient également la possibilité de le visiter durant certains jours.
En 1884, la propriété a été transférée à la préfecture d'Okayama et le jardin a été ouvert au grand public.
Le jardin a subi de graves dommages pendant les inondations de 1934 et durant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale en 1945, mais a heureusement été restauré sur la base de tableaux et de diagrammes datant de la période Edo.
En 1952, le parc Korakuen a été désigné comme site pittoresque du jardin en vertu de la Loi sur la protection des biens culturels, et est géré en tant que bien culturel historique à transmettre aux générations futures.
Aujourd’hui, plus de 60 grues sont élevées dans la préfecture dOkayama, plaçant ainsi cette préfecture numéro un dans l’élevage de ces volatiles,
Huit grues sont actuellement entretenues dans une volière à Korakuen, mais chaque année, au jour de l’an, elles sont libérées dans le jardin pour mettre en valeur leur belle silhouette.
POÉSIE par Philémon
Jardin KORAKUEN
Étang paisible
Une grue boit l’eau claire
Rideau de nuages
Château noir d’Okayama
Veille sur les pins anciens
Matin de printemps
Les cerisiers du jardin
Ouvrent leurs nuages
Une odeur de terre humide
Monte des rives tranquilles
Au bord du sentier
Une lanterne de pierre
Guette la rosée
Les pas d’un visiteur seul
S’effacent dans la verdure
La pluie de juillet
Dessine mille cercles fins
Sur l’eau de l’étang
Les carpes disparaissent
Dans les profondeurs vertes
Sous le pont courbé
Le vent d’été glisse encor
Parmi les iris
Nul ne trouble le miroir
Où s’endort le ciel du soir
Herbes d’automne
Ondulent sur Yuishinzan
Au loin les corbeaux
La lumière du couchant
Embrase les feuilles rouges
Le pavillon vide
Écoute s’écouler l’eau
Du ruisseau courbe
Un érable laisse choir
Sa dernière feuille d’or
Entre les roseaux
La lune d’automne hésite
Comme une barque
Les étoiles se dispersent
Sur la surface obscure
Trois cents ans déjà
Et pourtant le même rêve
Demeure vivant
Dans les allées Korakuen
Marche encore l’ancien temps
Haïbuns
Le château
Depuis certaines allées, le château d’Okayama surgit derrière les arbres. Sa silhouette sombre contraste avec la douceur des pelouses. Le jardin et la forteresse semblent dialoguer à travers les siècles.
Au-delà des pins
Le château noir se dresse
Chant d’une cigale
Les grues
Il s’arrête devant l’étang principal. Deux grues avancent lentement sur un îlot de verdure. Rien ne semble pressé. Les arbres, les nuages et les oiseaux se reflètent ensemble dans une eau si calme qu’elle paraît retenir le temps.
Des grues dans l’étang
Le ciel descend doucement
Jusqu’à leur reflet
-
Pluie d’été
-
Une pluie légère tombe sans vent. Les visiteurs ouvrent leurs ombrelles. Le jardin change alors de visage ; les couleurs deviennent plus profondes, les mousses plus lumineuses.
Sous les gouttes d’eau
Un autre jardin surgit
Dans cette ondée -
Soir d’automne
-
Le soleil disparaît derrière les collines. Les érables se teintent de cuivre. Les derniers promeneurs ralentissent le pas, comme s’ils souhaitaient prolonger encore quelques instants cette lumière.
Feuilles écarlates
Le soir emporte avec lui
La voix des hôtes
-
Hiver
Le froid vide les allées. L’espace paraît immense. Quelques oiseaux traversent le ciel gris. Le Korakuen retrouve alors quelque chose de son ancien secret, lorsque seuls les hôtes du Daimyō pouvaient le parcourir.
Jardin déserté
Dans l’étang couleur d’acier
Un nuage passe
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