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Poésie Japonaise

LES CHATS AU JAPON (1ère partie)

23 Mai 2026, 08:23am

LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)
LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)

Cette chronique est extraite, en partie, d’ un article paru dans Japanization par Maureen Damman.

 

Le chat est probablement l’animal qui occupe le plus de place dans la culture nippone, jusqu’à posséder son propre jour national, le 22 février.
Voici l’histoire du chat au Japon, de son arrivée sur l’archipel à sa transformation en figure culturelle d’importance.

Il est partout : dans les temples, les récits folkloriques, la littérature, dans les arts visuels, les mangas, les yokais  mais aussi dans l’économie touristique et la culture populaire contemporaine. 

Mascottes commerciales, personnages de fiction ou encore ambassadeurs involontaires de territoires ruraux, ils semblent omniprésents dans l’imaginaire collectif japonais.

Cette fascination n’est pas qu’un attachement domestique : elle s’inscrit dans une construction historique longue, où se mêlent pratiques religieuses, folklore, transformations sociales et production artistique.

Comprendre cette relation particulière suppose donc de retracer l’histoire de l’arrivée des chats dans l’archipel et d’observer la manière dont leur statut s’est progressivement transformé.

Les historiens situent l’arrivée des félidés dans l'archipel entre les VIe et VIIIe siècles, période marquée par des échanges culturels et religieux intenses avec la Chine et la péninsule coréenne.

Selon une analyse publiée par la Japan Society sur l’histoire culturelle des chats au Japon, ces animaux auraient été introduits par des moines bouddhistes afin de protéger des rongeurs, les fameux textes manuscrits des sutras, conservés sur des rouleaux de soie ou de papier.

Au départ, les chats étaient rares et associés aux milieux aristocratiques et religieux, comme l’atteste, par exemple le journal de l'empereur Uda ( à la charnière des IXe et Xe siècles)

Dans ce texte de 889, l’empereur décrit un chat offert par la Chine et explique qu’il est gardé comme un animal précieux.

 Les documents historiques suggèrent qu’au Xe siècle ils étaient encore considérés comme des animaux rares et réservés aux élites, parfois attachés par des cordons pour éviter qu'ils ne s'échappent .

Avec le temps, leur présence s’étend progressivement au reste de la société. Cette diffusion s’explique notamment par des raisons économiques. 

Les rongeurs représentaient une menace importante pour les réserves alimentaires  et pour certains secteurs de production. C’est particulièrement le cas pour la sériciculture.

Les vers à soie, essentiels à l’économie japonaise prémoderne, étaient menacés par les rats. Les chats deviennent donc progressivement des auxiliaires précieux pour protéger ces élevages. 

Le Maneki-neko : le chat devenu symbole de chance

Comme le souligne l’universitaire Michael Dylan Foster dans ses recherches sur la culture des yokais, le chat occupe une place liminale unique dans l’imaginaire japonais.

 Dans la tradition japonaise, imprégnée de shintoïsme, l’animal n’est jamais seulement un compagnon ; il est un réceptacle potentiel pour le sacré ou le surnaturel.

Cette indépendance caractéristique du félin, perçue comme une forme de mystère impénétrable, explique pourquoi il est si souvent dépeint comme un esprit capable de franchir le seuil entre le quotidien des hommes et les forces invisibles.

C’est un animal ambivalent dans le folklore japonais.

Avec le temps, les chats cessent d’être seulement des auxiliaires domestiques et deviennent aussi des figures importantes du folklore japonais. 

Dans l’imaginaire populaire apparaissent des créatures surnaturelles telles que le bakeneko ou le nekomata, des chats auxquels on attribue des pouvoirs extraordinaires.


Selon certaines légendes, ces animaux pourraient se transformer, parler ou manipuler les humains après avoir atteint un âge avancé.

 Dans la tradition japonaise, imprégnée de shintoïsme, l’animal n’est jamais seulement un compagnon ; il est un réceptacle potentiel pour le sacré ou le surnaturel.

Cette indépendance caractéristique du félin, perçue comme une forme de mystère impénétrable, explique pourquoi il est si souvent dépeint comme un esprit capable de franchir le seuil entre le quotidien des hommes et les forces invisibles.

Cette iconographie si bien connue désormais, apparaît durant l’époque d’Edo (1603-1868) et se diffuse largement au XIXᵉ siècle. 

Plusieurs légendes expliquent l’origine de cette image. L’une des plus connues raconte qu’un seigneur féodal aurait été sauvé d’un éclair après avoir suivi un chat qui semblait l’inviter à entrer dans un temple.

Au fil du temps, cette figure folklorique s’est transformée en symbole commercial largement diffusé. On la retrouve aujourd’hui dans les boutiques, les restaurants ou les entreprises, où elle est censée attirer la prospérité.

LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)

Au Japon, le chat est passé du rôle de gardien des sutras bouddhiques à celui d’esprit familier des ruelles d’Edo, compagnon des courtisanes, présage de fortune ou créature surnaturelle comme le bakeneko.

 

 

Poésie par Philémon

 

 

Sur les jonques noires
Venus des terres de Chine
Les chats regardaient
Les vagues du détroit pâle
Comme un royaume neuf

  1.  

Temple de Nara
Dans l’odeur du bois ancien
Un chat sommeillait
Vrai gardien silencieux des
Sutras contre les souris

 

Pont Nihonbashi
Le vendeur de figurines
Sourit au passant
Un maneki-neko luit
Dans la poussière d’été

 

Dans Tokyo la nuit
Entre bougies et pluie tiède
Un chat tigré va
Héritier des anciens ports
Et des temples oubliés

 

 

Haïbuns

 

Le chat des sutras

 

On raconte que les premiers chats arrivèrent avec les moines bouddhistes, depuis la Chine ou la Corée. Leur tâche était humble : protéger les rouleaux sacrés des rats. Pourtant, dans les salles obscures des temples, leur silence semblait déjà chargé de mystère.

Sous le gong du soir
Ce chat fixe sans bouger
La fumée d’encens

 

 

Les ruelles d’Edo

 

Dans Edo, les chats vivaient partout : sur les étals de poissons, les toits de tuiles, les bains publics encore fumants. Les graveurs d’estampes les aimaient pour leur indifférence élégante. Certains artistes disaient qu’un chat assis près d’eux empêchait les mauvais rêves d’entrer dans l’atelier.

La pluie de printemps
Sur l’estampe inachevée
Une empreinte grise


 

Le bakeneko

 

Dans les villages reculés, les anciens se méfiaient des chats trop âgés. Un animal vivant longtemps pouvait devenir bakeneko, esprit capable de parler ou de prendre forme humaine. Ainsi naquirent d’innombrables récits murmurés près du feu.

Maison désertée
Une ombre tourne la tête
Avant le typhon

LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)
LES CHATS AU JAPON   (1ère partie)
Commenter cet article
G
Animal plein de mystère, indépendant, qui adopte une maison plutôt que ses occupants. J'ai toujours adoré les chats, j'en ai eu plusieurs, actuellement je n'ai qu'une chatte, elle occupe tout l'espace et dicte sa loi au petit chien de mon mari, non mais !
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Les chats, chez nous , sont très combatifs et défendent leur territoire vis à vis des chiens, c'est un vrai félin qui n'a peur de rien. La nuit les chats aiment bien explorer le voisinage.<br /> <br /> Effectivement ils ont un côté mystérieux.<br /> <br /> Merci pour ta visite Marie-Thérèse et belle semaine ensoleillée.
B
Magnifique page sur les chats au Japon... "Chat"me plaît +++ !!!<br /> J'ai adoré tu t'en doutes...<br /> Le chat me fascine tellement !<br /> J'attends la suite.<br /> Je t'embrasse cher Philémon<br /> Bon WE de Pentecôte<br /> Amitiés
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Chat alors ! Patience Chère Béa, j'avoue avoir pensé à toi , en particulier, avant de faire cette publication et je suis satisfait du résultat , merci beaucoup.<br /> <br /> Passe ce WE en compagnie des meilleurs auspices météo.<br /> <br /> Je t'embrasse bien amicalement.
P
La littérature continue d'honorer les chats. L'autrice japonaise, Siyou Ishida, a sorti un roman léger où le chat tient la place centrale. Le roman s'appelle Chats sur ordonnance. Il raconte comment 4 personnes qui allaient mal, se sont vu prescrire un chat pour guérir. <br /> <br /> Je crois fermement que dans le chat, il y a une dimension mystique, spirituelle. Aujourd'hui une jeune chatte grise inconnue a squatté la maison toute la journée. La fenêtre ouverte a été pour elle une invitation. Elle a passé la journée tantôt sur le canapé, sur une chaise, sur les genoux de mon mari paraplégique ou me réclamant une caresse. Elle est reparti, il y a une heure comme elle est venue. Pourquoi a t'elle choisi notre maison ? Mystère. On verra si elle reviendra nous voir. <br /> <br /> Bonne nuit Philémon
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Oui, Brigitte, ton récit est dans la droite ligne de cette publication; le titre du livre que tu annonce est très évocateur.<br /> <br /> Il en est un autre paru en coffret, chez Babel :<br /> Les Mémoires d'un chat et Au revoir les chats par Hiro Arikawa.<br /> <br /> Il est des animaux qui guérissent, je l'ai déjà constaté.<br /> <br /> Passe une belle fin de semaine et je formule mes meilleurs souhaits pour la santé de ton mari.
M
Magnifiques estampes, magnifiques poèmes... et intéressant développement ! Pourtant bien sûr je ne puis m'empêcher de songer au chat-autobus de "mon voisin Totoro". Il est trop magique et tellement plus sympathique que le chat d'Alice au Pays des Merveilles ! C'est un chat porte-bonheur !
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Avec d'Alice le recul, il est possible de dire que chat du cheshire est facétieux, à la manière des yokais; quant au Chat Bus, il incarne le mystère de l'esprit de la forêt et la douceur.<br /> <br /> Beaucoup le considère comme le symbole de l'innocence et de la magie de l'enfance, pour le différencier de l'histoire de Lewis Carroll.<br /> <br /> J'apprécie beaucoup tes visites Chère Martine et te souhaite un rayonnant week-end.
M
merci pour cet article sur les chats au Japon <br /> bon samedi kénavo
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Depuis le temps que je lisais des publications sur les chats par nos amies du blog, je me devais de montrer qu'au Japon, le chat appartenait à la tradition nippone depuis des siècles.<br /> <br /> Excellent week-end ensoleillé.<br /> <br /> Kénavo
D
Une belle page retraçant cet amour pour les chats. Je souris en te lisant , mon beau frère qui est japonais a un amour incroyable pour ces petits félins, son épouse ne comprend pas cet attachement aux chats du quartier, je lui montrerai ton excellent article! Les estampes sont superbes.<br /> Très bon week-end<br /> amicalement<br /> danièle
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Il m'est amusant de savoir que ma chronique va servir de preuve, en quelque sorte !<br /> <br /> Merci Danièle pour la générosité de tes commentaires. Je te souhaite de vivre un excellent week-end plein de soleil.<br /> <br /> Amitiés.