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Poésie Japonaise

L’AUTOMNE AU JAPON

21 Septembre 2025, 14:49pm

Feuilles d'érable au nouveau palais, artiste inconnu,1888.

Feuilles d'érable au nouveau palais, artiste inconnu,1888.

Feuilles d'automne au temple de Kaianji à Kinagawa, estampe de Utagawa Hiroshige III et Utagawa Kuniaki II, 1881 III et

Feuilles d'automne au temple de Kaianji à Kinagawa, estampe de Utagawa Hiroshige III et Utagawa Kuniaki II, 1881 III et

Mésange charbonnière sur une branche de paulovnia, estampe de Ohara Koson, 1925-1936

Mésange charbonnière sur une branche de paulovnia, estampe de Ohara Koson, 1925-1936

La proximité bien connue des Japonais avec la nature et l’attention qu’ils portent aux cycles saisonniers explique que l’automne , avec le printemps, fasse partie des thèmes les plus présents dans la tradition poétique et les estampes

 

Au Japon, l’iconographie de l’automne fait la part belle au moment où l’on contemple les érables, le monijigari.

 

Ce rituel de contemplation longtemps réservé à l’aristocratie s’est répandu au cours des siècles, dans toutes les couches de la société.

 

Parfois, un coup de vent accélère la chute des feuilles qui tourbillonnent et retombent formant sur les rivières un tapis ondoyant qu’on observe depuis la rive.

 

L’automne a aussi ses activités agricoles spécifiques, à commencer par la récolte du riz, à la fin du mois de septembre ainsi que la récolte des graines et feuilles d’érables que l’on cuit ou que l’on sèche pour les utiliser dans la pharmacopée traditionnelle.

 

Les signes de la nature en cette saison inspirent les poètes comme la stridulation des grillons, le brame du cerf ou le passage des oies sauvages.

 

Parmi les temps forts qui jalonnent cette période de l’année, deux sont d’une importance particulière :

 

- l’apparition de la pleine lune d’automne donc le début de la saison

- puis quelques semaines plus tard, la contemplation des érables

 

c’est la fête de Tsukimi qui se déroule vers la fin septembre ; sa célébration consiste à contempler la pleine lune durant cette nuit-là car le temps est encore clément et le ciel particulièrement pur.

 

Certains iront admirer ses reflets dans l’eau comme l’évoque le célèbre poète

Matsua Bashô dans un haïku :

 

Pleine lune

J’ai fait toute la nuit

Le tour de l’étang

 

Surnommée la lune des moissons, cette lune d’automne est également associé à la culture du riz récolté à cette époque : on remercie alors l’astre de s’être montré généreux, d’avoir apporté la prospérité et l’on partage avec lui les fruits de la terre sous forme d’offrandes que les personnes assemblées dégusteront ensuite, ( en particulier les mochis*)

 

*friandises rondes à base de pâte de riz.

 

L’autre grand évènement naturel marquant de l’automne c’est le changement de couleur des feuillages qui débute au mois de septembre à des dates variables selon le climat régional.

 

Tandis que la floraison des cerisiers, au printemps, s’amorce dans le sud de l’archipel et se déplace de semaine en semaine vers le nord, le rougeoiement des érables à l’inverse, commence donc dans l’île d’Hokaïdo, la plus septentrionale du Japon, pour descendre ensuite vers le sud durant deux mois.

 

Il existe des points points panoramiques réputés pour la beauté du spectacle, dans certaines montagnes notamment, mais aussi dans les grands parcs publics ou les nombreux jardins de temples et de palais.

 

Cependant, chacun sait que cette beauté est fugitive puisque la couleur éclatante des feuilles précède de peu leur chute.

 

L’automne est aussi l’expression spécialisée dans le domaine sensible d’une poésie de l’éphémère.

 

Je tiens à remercier Anne Séfrioui, éditrice et autrice spécialisée dans le domaine du livre d’Art, qui m’a aidé à composer cette introduction.

 

Poésies par Philémon

 

Tanka sur l’automne au Japon

Sous les érables
Un vent rouge nous traverse,
Une odeur de feu
Le ruisseau se rappelle
Les pluies des jours anciens.

  1.  

Des grains de riz mûrs
Au loin les cigales mortes,
Le ciel se vide,
Les pas lents des paysans
Résonnent dans la brume.

  1.  

Le clair de lune
S’accroche aux champs dorés
Un cerf s’avance
Son cri fend le silence
Dans cet air froid du matin

 

 

Les Matsutakés*
Au parfum de montagne
Rien ne pèse plus
Que ce goût éphémère
Apporté par la saison.

 

Haïbun

Le pont de bois

Il traverse un pont étroit, où l’eau reflète des milliers de feuilles rouges. Les enfants jouent plus bas, jetant des galets dans la rivière. L’air est vif, chaque souffle dessine une fumée blanche. Dans sa poitrine, une nostalgie sans nom se lève comme un vent d’amont.

Feuilles éparses
Un vrai tourbillon d’idées
Ailes de papillons

 

 

*Le matsutaké est un champignon très apprécié au Japon.

  • Son nom signifie littéralement « champignon (take) des pins (matsu) », car il pousse souvent au pied des pins rouges japonais (akamatsu).

    C’est un champignon rare, à la saveur boisée et à l’arôme très particulier, à la fois résineux, épicé et légèrement sucré.

    Au Japon, il est considéré comme un mets de luxe, symbole de l’automne, souvent offert en cadeau ou dégusté grillé, dans le riz (matsutaké gohan) ou dans une soupe claire (dobin mushi).

Son prix peut être très élevé, parfois plusieurs centaines d’euros le kilo, surtout pour les spécimens japonais, car ils sont de plus en plus rares à cause de la disparition de leur habitat naturel.

Ce n’est pas seulement un mets raffiné, c’est aussi une image poétique et culturelle forte dans la littérature japonaise :

    • Dans les waka et haïku, le matsutaké est un kigo (mot de saison) qui évoque l’automne.

      Sa simple mention suffit à situer le poème dans la saison des feuilles rouges et du riz mûr.

      Parce qu’il est rare et difficile à trouver, il symbolise les plaisirs fugaces de la vie.

      Comme les feuilles qui tombent, il rappelle que la beauté est passagère.

      Son parfum particulier est souvent lié à la nostalgie et à la mémoire des forêts anciennes.

      Dans la poésie, l’odeur du matsutaké devient une métaphore pour un souvenir qui s’élève, subtil et persistant.

      Le pin, avec lequel il partage son nom, est un symbole de longévité et de fidélité au Japon.

      Associer le champignon au pin ajoute une nuance de force et de permanence, contrastant avec son côté éphémère.

      Dans certains poèmes zen, le matsutaké représente la pureté simple de la nature et l’attention à ce qui est caché.

      Le cueillir est un acte de communion avec la montagne.

Par exemple, dans des haïku classiques, on peut trouver des images où le matsutaké apparaît non pas comme un simple aliment, mais comme un signe discret de la saison, chargé de senteurs et de silence.


 

Philémon

Feuilles d'érables rouge au pont de Tsûten, estampe Utagawa Kunisada, 1854e Tsuten, estampe

Feuilles d'érables rouge au pont de Tsûten, estampe Utagawa Kunisada, 1854e Tsuten, estampe

Femmes brûlant des feuilles d'érable pour chauffer du saké, estampe de Suzuki Harunobu, vers 1768

Femmes brûlant des feuilles d'érable pour chauffer du saké, estampe de Suzuki Harunobu, vers 1768

Poème de Sarumaru Dayû, estampe de Katsushika Hokusai, 1839

Poème de Sarumaru Dayû, estampe de Katsushika Hokusai, 1839

Erables au sanctuaire de Tekona, estampe de Utagawa Hiroshige, 1857

Erables au sanctuaire de Tekona, estampe de Utagawa Hiroshige, 1857

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FESTIVALS DE RIZICULTURE 3/3

11 Septembre 2025, 09:36am

Récolte du riz et mise en bottes, estampe de Uttagawa Hiroshige

Récolte du riz et mise en bottes, estampe de Uttagawa Hiroshige

Riz à maturité

Riz à maturité

Un festival rural de riziculture au Japon est bien plus qu’un événement agricole : c’est une célébration communautaire, spirituelle et culturelle autour du cycle de la vie du riz, marquée par des rituels ancestraux, de la musique, de la danse, et une forte dimension symbolique.

But du festival
  • Honorer les kamis (divinités shintō) des champs et de la nature.

    Demander une bonne récolte ou remercier après la moisson.

    Renforcer les liens communautaires dans les villages agricoles.

Ces festivals rythment le calendrier agricole traditionnel, en particulier au moment de la plantation ou de la récolte du riz.

 

Les deux grandes périodes

1. Printemps : festivals de plantation (taue matsuri )
Objectif :
  • Bénir les jeunes plants et les champs.

    Assurer pluie, croissance et fertilité.

Déroulement typique :
  1. Rituel shintō d’ouverture :

    • Offrandes (riz, saké, légumes) au sanctuaire.

      Prière d’un prêtre (kannushi).

    Plantation rituelle :

    • Jeunes femmes en kimono plantent du riz dans un champ sacré (shinden).

      Parfois, le champ est béni avec de l’eau sacrée.

    Danses et musiques rituelles :

    • Taue-odori : danses stylisées autour de la plantation.

      Tambours (taiko), flûtes, chants agricoles (taue-uta).

    Défilés de chars ou animaux :

    • Bœufs décorés, mikoshi (sanctuaires portatifs), etc.

Exemples célèbres :
  • Sumiyoshi Taisha Otaue-sai (Osaka)

    Ise Jingū Otaue-sai (Mie)

    Mibu no Hana Taue (Hiroshima) – inscrit à l’UNESCO

  •  

2. Automne : festivals des moissons (Niinamesai, Aki Matsuri, etc.)
Objectif :
  • Remercier les divinités pour la récolte.

    Bénir le riz nouveau.

    Partager le fruit du travail de l’année.

Déroulement typique :
  1. Offrandes du riz nouveau dans les sanctuaires.

    Mochi-tsuki (battage de mochi) public : symbolise la transformation du riz en nourriture.

    Banquets collectifs et danses traditionnelles (comme le bon-odori).

    Fête de village avec stands, musiques, jeux, parfois lanternes flottantes.

Rôle social et spirituel

  • Le festival permet aux agriculteurs de communiquer avec les forces invisibles de la nature.

    C’est un moment fort de la transmission intergénérationnelle : enfants, anciens, familles participent ensemble.

    Il souligne l’idée que le riz est un don des dieux – pas seulement une production humaine.

Exemple actuel : Mibu no Hana Taue

  • Lieu : Préfecture de Hiroshima.

    Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO (2009).

    Vraies rizières, jeunes femmes en kimono, chants traditionnels, costumes colorés, bœufs décorés de fleurs.

    Un mélange impressionnant de spiritualité, esthétique rurale et fête populaire.

En résumé :

Un festival rural de riziculture, c’est :

  • Une cérémonie sacrée et festive centrée sur le riz,

    Une mise en scène communautaire du lien entre l’homme, la nature et les dieux,

    Un héritage culturel vivant encore très respecté dans les zones rurales japonaises.

  •  

POÉSIE COMPOSÉE PAR PHILEMON

Tanka

Sous la pleine lune
Les épis d’argent dansent
Chants du festival
Les tambours accompagnent
La fête des récoltes

  1.  

Main du paysan
Cueille chaque grain doré
Offrande au foyer
Le riz devient souvenir
Chaîne de générations

  1.  

Le riz en saké
Ivresse douce au banquet
Rires partagés
La chaleur de la boisson
Embrase le froid mordant

 

Haïbun

RÉCOLTE

À l’automne, la faucille entaille les tiges sèches. Le souffle du vent emporte les poussières dorées comme une pluie de lumière.
Un cri de corbeau
Parmi les bottes liées
S’élève vers l’aube

 

A TABLE

À la table basse, trois générations partagent le même bol. Le riz circule, simple, mais empli d’histoire et de respect.
Au fond du bol noir,
Le grain resté solitaire
Mémoire d’un festin

 

 

OFFRANDE

Dans le sanctuaire, un prêtre dépose une poignée de riz devant l’autel. Offrande immobile, qui pourtant contient le mouvement des saisons entières.
Riz blanc sur la pierre
Immobile dans le vent
Écho de prières

 

Philémon

 

Ainsi s'achève ma chronique en trois parties sur la culture du riz au Japon, rehaussée de composition poétique.
​​​​​​​

Séchage des bottes de tiges de riz, estampe de Kawase Hasui , 1920

Séchage des bottes de tiges de riz, estampe de Kawase Hasui , 1920

Plantation mécanique du riz

Plantation mécanique du riz

Rizière et Fuji San

Rizière et Fuji San

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RITUELS LIES AU RIZ AU JAPON 2/3

5 Septembre 2025, 15:30pm

Rizière recouverte de chaume en hiver, estampe de Utagawa Hiroshige

Rizière recouverte de chaume en hiver, estampe de Utagawa Hiroshige

Plantation du riz et reflet du Mont Fuji

Plantation du riz et reflet du Mont Fuji

Le riz n’est pas seulement une nourriture au Japon : il est sacré, profondément lié aux croyances shintō et aux rituels saisonniers. Ces pratiques honorent les kamis (divinités) de la nature et assurent l’abondance des récoltes.

Principaux rituels traditionnels :
Niinamesai : Fête des premières récoltes
  • Célébrée le 23 novembre.L’empereur offre le nouveau riz à Amaterasu (déesse solaire) et aux autres kami, puis en consomme pour symboliser l’union spirituelle entre le peuple et les dieux.

    C’est l’acte central de son rôle religieux.

Otaue Matsuri : Rituels de plantation
  • Célébré dans de nombreuses régions au moment de la plantation du riz (mai-juin).

    Exemples célèbres :

    • Otaue-sai à Sumiyoshi Taisha (Osaka) ou à Ise-jingū.

    Ce sont des cérémonies publiques impliquant des prêtres, des jeunes femmes plantant le riz en costume traditionnel, et parfois des danses et musiques rituelles.

Inari Matsuri
  • En l’honneur de la divinité Inari, protectrice des récoltes et du riz.

    Fushimi Inari-taisha (Kyoto) est le sanctuaire principal.

    Les kitsune (renards), messagers d’Inari, y sont vénérés.

Rituels domestiques
  • Offrandes de riz (ou de mochi) sur les autels domestiques (kamidana).

    Riz jeté ou placé lors de rites de purification (harai) ou pour chasser les mauvais esprits (ex. Setsubun avec les haricots, mais parfois aussi du riz).

Types de riz japonais

Le Japon cultive principalement du riz japonica, à grains courts ou moyens, collant après cuisson. Voici les principales variétés et types utilisés :

Par type de grain :
Koshihikari
  • Originaire de Niigata.

    Texture douce, légèrement sucrée, très brillante.

    Très prisé pour les repas haut de gamme, sushis.

Akitakomachi
  • De la préfecture d’Akita.

    Moins collant que Koshihikari, bon équilibre goût/texture.

Hitomebore
  • Originaire du Tōhoku.

    Polyvalent, bon pour le riz de tous les jours.

Millets et riz rouge/noir (kome alternatifs)
  • Moins courants, utilisés dans des mélanges santé (zakkokumai), souvent dans une optique diététique ou traditionnelle.

  •  

 

POÉSIE COMPOSÉE PAR PHILEMON

Tanka

À l’automne rouge
Les tiges ploient sous le grain
Bercées par le vent
La faucille scintille
Un chant ancien résonne

  1.  

Bol blanc devant lui
Une fumée qui s’élève
Odeur de la mer
Chaque grain est un voyage
De la terre à sa bouche

 

 

Dans les mains d’un moine
Des grains posés un à un
Prière discrète
La vapeur se mêle aux chants
D’un bon repas nourrissant

 

 

Les terrasses vertes

Transforment la montagne

Ecailles de dragon

Un souffle ancien s’endort

Au rythme d'un filet d’eau

 

 

Haïbun


RIZ NOUVEAU

Au marché du matin, des paniers de riz luisent comme s’ils contenaient des perles. Les marchands échangent peu de mots, un sourire suffit pour fixer le prix.


Bol fumant au coin
Chaque grain en équilibre
Avant le soleil

 

 

A TABLE

À la table basse, trois générations partagent le même bol. Le riz circule, simple, mais empli d’histoire et de respect.


Au fond du bol noir,
Le grain resté solitaire
Mémoire d’un festin

 

Philémon



​​​

Hamanoura no Tanada rizières

Hamanoura no Tanada rizières

RITUELS LIES AU RIZ AU JAPON     2/3
RITUELS LIES AU RIZ AU JAPON     2/3

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LA CULTURE DU RIZ AU JAPON 1/3

1 Septembre 2025, 18:41pm

Plantation du riz, vue lointaine du Mont Daisen, estampe de Utagawa Hiroshige

Plantation du riz, vue lointaine du Mont Daisen, estampe de Utagawa Hiroshige

 

La culture du riz au Japon est bien plus qu’une simple activité agricole : elle est au cœur de l’histoire, de la société, de la religion et de l’identité culturelle japonaise. Voici un aperçu de son évolution et de son importance depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui :

Origine :

  • Introduction depuis l’Asie continentale :
    Le riz a été introduit au Japon depuis la Chine via la Corée, probablement entre
    le IIIe et le Ier millénaire avant notre ère, pendant la période Jōmon (env. -14 000 à -300). Toutefois, c’est au début de la période Yayoi (env. -300 à 300 ap. J.-C.) que la culture intensive du riz irrigué se développe réellement.

    Techniques de riziculture :
    Les Yayoi ont introduit des techniques de riziculture en rizières inondées, ce qui a permis une agriculture plus productive. Cela a aussi mené à l’établissement de
    sociétés sédentaires, hiérarchisées et à la formation des premiers villages et chefferies.

Périodes historiques et développement
Période Yayoi (env. -300 à 300)
  • Début de la riziculture inondée.

    Structuration sociale autour de la gestion de l’eau et des récoltes.

Période Kofun et Nara (300–794)
  • Le riz devient un élément fondamental du système économique et politique.

    Les impôts sont souvent payés en riz.

    Le riz est également offert aux divinités shintoïstes, symbolisant la vie et la prospérité.

Période Heian à Edo (794–1868)
  • Le riz devient un indicateur de richesse et une monnaie d’échange.

    Les seigneurs féodaux (daimyō) sont évalués selon leur production de riz (mesurée en koku, environ 180 litres de riz).

    Développement de réseaux d’irrigation, de techniques agricoles avancées et de marchés du riz (notamment à Osaka).

Dimension religieuse et culturelle
  • Shintō et riz :
    Le riz est au centre de nombreux
    rites shintoïstes. La divinité Inari est la protectrice des rizières.
    Le cycle agricole est rythmé par des fêtes telles que :

    • Niinamesai : fête des premières récoltes, encore célébrée aujourd’hui par l’empereur.

      Otaue Matsuri : festivals de plantation du riz.

    Symbolisme :
    Le riz est un symbole de
    pureté, d’abondance, de solidarité communautaire. Il est omniprésent dans les repas traditionnels et cérémonies (mariages, funérailles, offrandes...).

Époque moderne et contemporaine
  • Modernisation agricole (ère Meiji, 1868–1912) :
    Introduction de nouvelles technologies, engrais, et organisation étatique de la production rizicole.

    Après-guerre :
    Le riz reste un
    aliment de base. L’État japonais instaure un contrôle strict des prix et de la production via le Nōrinshō (ministère de l’Agriculture).

    Années 1990 à aujourd’hui :

    • Baisse de la consommation due à la diversification alimentaire (pain, pâtes).

      Vieillissement des agriculteurs et déclin du nombre de rizières.

      Le riz reste cependant au cœur de l’identité japonaise, et des politiques soutiennent sa culture pour des raisons écologiques, culturelles et patrimoniales.

Aujourd’hui : entre tradition et innovation
  • Le Japon produit du riz de haute qualité, souvent cultivé selon des méthodes traditionnelles ou biologiques.

    Il existe des variétés emblématiques comme le Koshihikari, prisé pour sa saveur et sa texture.

    L’industrie du riz reste active : riz nature, saké, mochi, senbei, etc.

En résumé

La culture du riz au Japon est l’un des piliers historiques, culturels et spirituels de la nation. Plus qu’une simple ressource alimentaire, elle incarne les valeurs communautaires, la relation à la nature, et une tradition millénaire qui perdure malgré les défis du monde moderne.

Rizières de Chichibu

Rizières de Chichibu


 

POÉSIE COMPOSÉE PAR PHILEMON

Tanka

Riz au Japon

  1. Sous la pluie d’été
    Les rizières miroitent
    Grenouilles sautent
    Chaque pousse fragile boit
    Un éclat du ciel nouveau

  2.  

  3. Main calleuse douce
    Elle plante dans la boue tiède
    Pluie dans ses cheveux
    Ses pas laissent des offrandes
    Dans la terre nourricière

  4.  

  5. Matin de rosée
    Les champs dressent des miroirs
    Aux montagnes bleues
    Un grand héron silencieux
    Glisse dans l’eau endormie

  6.  

  1. Haïbun

    PLUIE BATTANTE

    La pluie s’abat sans répit sur les rizières. Le paysan, pieds nus dans la boue, sait que cette eau, aujourd’hui lourde et froide, deviendra demain nourriture et chaleur.


    Sous l’averse grise
    Grenouille au chant persistant
    Le riz prend racine.


    Philémon

rizière décorée

rizière décorée

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