Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Poésie Japonaise

Les Moines Marathoniens du Mont Hiei (2ème suite/3)

8 Août 2025, 19:02pm

Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)

Le monastère principal où résident les moines marathoniens est le :

Enryaku-ji

C’est le siège du bouddhisme Tendai au Japon, fondé en 788 par le moine Saichō

Le complexe d'Enryaku-ji est vaste, composé de plusieurs pavillons, temples secondaires, et lieux de retraite, répartis sur les flancs du mont Hiei.

Altitude du mont Hiei
  • Mont Hiei culmine à environ 848 mètres d’altitude.
    Il marque la frontière entre les préfectures de
    Kyoto et Shiga.

La méditation extrême de 9 jours sans nourriture, eau, sommeil ni repos s'appelle le :

Doiri , parfois orthographié Dōiri
  • Littéralement, cela signifie « entrer dans le hall ».

  • Le lieu où se déroule cette épreuve est appelé Myōō-dō , soit le hall du Roi de Sagesse, situé dans l’enceinte du complexe du Enryaku-ji.

Pendant le Doiri, le moine reste dans ce local sous la surveillance constante de deux assistants, récitant continuellement le mantra du Fudō Myōō, divinité protectrice et immobile du feu et de la détermination.

 

Le moine marathonien est une figure emblématique des marathoniens du mont Hiei, au Japon. Ces moines bouddhistes, appelés gyōja ou plus précisément kaihōgyō, accomplissent un pèlerinage extrêmement rigoureux autour du mont Hiei, près de Kyoto, sur plusieurs années, en marchant jusqu’à 84 km par jour, parfois pendant 1000 jours. Leur tenue est à la fois simple, traditionnelle et hautement symbolique.

Tenue du moine marathonien :
  1. Kimono blanc (hakui) :

    • Couleur de la pureté… mais aussi du deuil. En effet, le blanc est la couleur des linceuls au Japon traditionnel : ce kimono rappelle donc que le moine accepte la possibilité de mourir pendant le kaihōgyō.

      Ce vêtement ample favorise une bonne liberté de mouvement, tout en respectant les codes de la tradition bouddhiste.

    Couvre-chef (tokin) :

    • Petit chapeau noir ou blanc en forme de boîte ou de carré, parfois orné d’un symbole religieux.

      Il protège symboliquement l’esprit et rappelle l’engagement spirituel du moine.

    Cape ou manteau (kesa) :

    • Parfois portée en plus du kimono, notamment par temps plus frais ou pluvieux.

      C’est le vêtement liturgique des moines, porté en bandoulière.

    Bâton de marche (kongō-zue) :

    • Représente le Bouddha ou le maître spirituel.

      Sert de soutien physique mais aussi spirituel pendant la marche.

      En cas de chute ou de découragement, le moine s’adresse parfois à son bâton comme à un guide.

Les "chaussures de marche" du moine marathonien :

Ce sont loin d’être des chaussures modernes de trail ou de running. Les moines portent des zōri ou waraji, des sandales traditionnelles faites de paille de riz (wara) ou parfois de corde.

Description :
  • Matériau : corde végétale tressée (paille de riz ou de chanvre).

    Forme : semelle plate, sans support orthopédique, nouée aux pieds avec des cordelettes.

    Tenue au pied : les sandales sont attachées avec des liens qui passent entre les orteils et autour de la cheville.

    Poids : très légères.

    Protection : minimale. Elles laissent les pieds exposés aux cailloux, à l’humidité, au froid.

Particularités :
  • Le moine en use plusieurs paires par an car elles s’usent vite, surtout avec de telles distances.

    L’absence d’amorti moderne ou de semelle épaisse oblige une démarche très attentive, posée, fluide , ce qui correspond bien à l’esprit méditatif de leur marche.

    Leur fragilité rappelle aussi la précarité du corps, la nature éphémère de toute chose (impermanence, ou mujō en japonais).

     

Un moine marathonien (kaihōgyō) du mont Hiei use environ 4 à 5 paires de sandales par mois, ce qui représente environ 50 à 60 paires de sandales par an.

Détails :
  • Les sandales en paille (waraji) sont très peu durables : elles s'usent vite à cause des longues distances (jusqu’à 84 km/jour) et des terrains accidentés du mont Hiei.

    Les moines doivent parfois changer de paire en cours de journée s’il pleut ou si le terrain est particulièrement abrasif.

    Sur l’ensemble d’un kaihōgyō de 1000 jours (répartis sur 7 ans), un moine peut utiliser plus de 300 paires de sandales.

  •  

POESIE COMPOSEE PAR Philémon

 

 

Huit cents nuits froides
A gravir le même flanc
Toujours différent
La montagne enseigne
L’abandon de l’illusion

  1.  

Un pas, puis un pas
Sans regard vers la cime
Ni vers la vallée
Seule compte la vraie voie
Qui consume les formes

  1.  

Chapelets battants
Contre la poitrine nue
D’un cœur incanté
La forêt le reconnaît
Ce rythme du silence

 

 

Au bord de l'effort
Le moine danse immobile
Dans sa fatigue
Le temps devient labyrinthe
Où se perd enfin l’ego

 

L’épreuve du non-retour

Il a atteint ce point : où l'on doit mourir ou s’éveiller. Il prie, mais non pour la vie mais pour la vérité intrinsèque.

Fil de cloche ténu
Le bâton à son côté
Tranche l’illusion
 
Philémon
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)
Les Moines Marathoniens du Mont Hiei   (2ème suite/3)
Commenter cet article
M
Incroyable mais vrai !<br /> Bon dimanche Philémon.
Répondre
C'est assez stupéfiant mais cela démontre la puissance de la foi qui , dit-on, soulève des montagnes.<br /> <br /> Belle semaine Dominique.
B
Une très belle suite de ce reportage sur les Moines Marathoniens qui usent beaucoup de sandales...<br /> Bon WE Philémon<br /> Bien amicalement
Répondre
En raison de la rareté de cet évènement, il ne fallait pas passer à côté.<br /> <br /> Je suis désolé pour certaines photos que j'ai eues beaucoup de mal à me procurer.<br /> <br /> Belle semaine à toi Béa.<br /> <br /> Bien amicalement.
J
Il ne manque pas de courage ce moine-là, merci Philémon.... jill
Répondre
Oui, c'est certain, mais surtout il faut un "Fuji yama" de foi inébranlable .<br /> <br /> Amitiés JB.