Poésie Japonaise
Mon intérêt pour la culture japonaise m'a conduit à écrire des poèmes Tanka, Senryu, Haïku sur des thèmes saisonniers ainsi que de la prose poétique selon la tradition de l'école de Bashô , illustrés par des estampes de paysages japonais la plupart du temps.
L’émerveillement de Noël
Estampe de Utagawa Hiroshige, "le samouraï Mitsuuji se rendant sous la neige avec ses serviteurs à un temple sur la plage d'Akashi, 1854le sur la plage
Au Japon, le concept de Noël (Kurisumasu) et du Père Noël est une tradition bien vivante. Les jeunes enfants japonais comme d’autres enfants du monde, l’attendent avec impatience pour les cadeaux qu’il aura laissés le matin au réveil, en espérant y trouver ce qu’ils lui avaient demandé par courrier.
Plutôt que d’être une fête familiale, c’est l’occasion pour les adultes de se réunir entre amis ou en couple et cela devient l’équivalent de notre Saint Valentin
Il n’y a pas de jour férié puisque c’est une fête chrétienne.
Poèmes tanka composés par Philémon
Danse des flocons
Blanche étreinte de l’Hiver
Arbres enneigés
Noël tendu de douceur
Magie du grand silence blanc
Vrai Noël neigeux
Ciel paré d’étincelles
Évanescence
Nature métamorphosée
Éternité sur les cimes
Philémon
JOYEUX NOËL
UN JOUR , LA NEIGE.....
Poèmes tanka composés par Philémon
Pièces d’eau figées
L’eau sommeille sous la glace
L’hiver les enserre
Une fragile mésange
Trouve abri au creux d’un tronc
Des pas dans la neige
Impriment leur trace fine
S’effaçant bientôt
Sous un ciel blanc de coton
La nature s’endort en paix
Sous l’épais manteau
La forêt garde ses secrets
Les loups silencieux
Errent dans l’ombre glacée
Seul le vent chante leur nom
Philémon
L’HIVER
Au Japon, la saison des neiges débute peu de temps avant Noël et se prolonge jusqu’à fin mars début avril, l’île d’Hokkaïdo, située la plus au nord de l’archipel, regroupe de très nombreuse stations de sport d’hiver où la neige poudreuse reste longtemps.
Pour les artistes peintres d’estampe polychrome transcrire la blancheur de la neige, donc par définition l’absence de couleur, constituait un véritable défi qu’ils ont relevé avec un immense talent et un succès inégalé
La neige nimbe de poésie des scènes d’extérieur où évoluent de jolies femmes, des voyageurs,,,,,
Les maîtres Japonais sont particulièrement sensibles à l’alternance des saisons, aux effets atmosphériques, à la lumière.
Thème récurrent de l’estampe, la neige apparaît également dans la littérature japonaise: bon nombre de recueils de poésies célébrant la neige sont illustrés par des peintres comme Utamaro et des romans comme Pays des neiges (1935) de Kawabata et La ballade de l’impossible (1987) de Murakami.
LA SAISON D’HIVER
Poèmes tanka composés par Philémon
Le vent froid s’installe
Premiers flocons éclaireurs
Le ciel est d’argent
Les branches nues frémissent
L’hiver dépose son voile
Le jour se retire
Place à la nuit tôt venue
L’hiver s’impose
Les étoiles brillent plus fort
Dans l’air glacé pénétrant
Le givre danse
Sur les vitres des maisons
Fleurs de cristal pur
Dans le matin engourdi
L’hiver dessine des rêves
Philémon
Histoire des 47 rônins suite
Au début les Samouraïs …
Ethymologie
Le mot "samouraï" est dérivé du verbe japonais saburau (侍う), qui signifie « servir » ou « être au service de quelqu’un ». Cela reflète leur rôle initial de serviteurs armés au service de seigneurs féodaux (les daimyos).
A l’origine c’étaient des hommes de guerre en armures dénommés « Bushi », qui apparurent réellement en 1185, quand ils gouvernèrent le pays.
Leur rôle les contraignait a toujours agrandir la puissance de leur clan, de cette façon le combat se situait au chœur des batailles qui étaient nombreuses.
Quelques siècles plus tard, vers 1615, les premiers Samouraïs apparurent en tant que fonctionnaires armés et délaissèrent l’armure pour le kimono.
Ils devaient obéissance à des seigneurs tous unifiés ( Shogun*et Daimyo**)
Dans la société japonaise ils constituaient une aristocratie gouvernant le Japon pour le compte du Shogun*.
Le devoir principal des samouraïs était de servir leur maître et de l’assister dans la gestion de ses domaines et de ses intérêts en échange de quoi ils percevaient une pension.
*Shogun : titre correspondant à Général. Le gouvernement était donc militaire
**Daimyo gouverneur local sous les ordres du Shogun
POÈMES Tanka composés par Philémon
Les rues animées
Des pas rythmés par la foi
D’un souffle ancien
Le vent porte le serment
De la vengeance assouvie
Des kimonos noirs
La soie glisse dans la brume
Défilé sacré
Au Temple Sengako-ji
L’encens flotte vers la gloire
Bannières rouges
Telles des flammes vives
Teignent l’espace
Chaque pas est une offrande
En l’honneur des Samouraïs
Échos des lames
Chants et tambour dans la nuit
L’honneur est vivant
Tokyo se couvre d’histoire
L’esprit des Rônins veille.
Philémon
Défilé du 14 décembre, dans les rues de Tokyo, en direction des tombes de Ako Gihisai et des 47 Rônins
Histoire des 47 rônins, également connue sous le nom de l'incident d'Asano.
Tokugawa Ieyasu qui instaura la plus longue dynastie qui règnera pendant toute la période Edo soit plus de 250 ans de paix retrouvée.
C’est l'un des évènements authentiques les plus célèbres du Japon féodal. Il illustre les valeurs fondamentales du code des samouraïs, le bushidō*, notamment la loyauté, l'honneur et le sacrifice.
Ce code d’honneur repose sur 7 vertus essentielles : honnêteté, courage, bonté, respect, sincérité, honneur et loyauté.
*Bushido (l’âme du Japon)
Origine :
Au début du XVIIIe, le Japon était gouverné par des Shoguns (Général en Chef des armées) et la société était organisée selon des règles strictes . Les Samouraïs servaient leurs Daimyos (Seigneurs) et en cas de décès ou en cas de disgrâce de leur maître, ils devenaient des Rônins (Samouraï sans maître) et leur biens étaient confisqués.
Or , en 1701, le Daimyo Asano Naganori, Seigneur du domaine d’Ako, fut convoqué au château du Shogun, pour participer à des cérémonies.
Il eut en charge de suivre les instructions du maître de cérémonie, haut fonctionnaire connu pour être corrompu et arrogant et celui-ci l’aurait provoqué et humilié à différentes reprises.
Exaspéré , Asano dégaina son sabre dans le château du Shogun et blessa le provocateur.
Cet acte commis dans un lieu sacré où l’utilisation d’armes est interdite, constitua une offense grave. Il fut aussitôt condamné à se faire Seppuku ( suicide rituel)*, son domaine fut confisqué , laissant ses Samouraïs sans maître, donc Rônins.
*Le suicide est la dernière manière d’assumer un échec, pour ce faire il existait quatre grandes raisons pour les Samouraïs :
- La défaite au combat
- Les remontrances
- La sanction pénale
- l’accompagnement dans la mort
Cette pratique destructrice causa des pertes irréparables, pouvant rassembler jusqu’à 500 guerriers,
Il fallut attendre jusqu’en mai 1663 pour que le Shogun Tokugawa promulgue un édit afin de faire cesser cette pratique
Privés de maître et de revenus ils furent 47 à décider de venger l’honneur de leur maître injustement condamné, malgré les interdictions de la loi. Pendant deux ans , tout en louant leur service pour défendre la population rançonnée par des bandits afin de se procurer des revenus, ils préparaient les conditions de leur vengeance.
C’est ainsi que dans la nuit du 14 décembre 1702, les 47 attaquèrent la résidence du haut fonctionnaire qui fut décapité et sa tête déposée en offrande sur la tombe de leur maître Asano.
Bien que leur acte ait été perçu comme une démonstration exemplaire de loyauté et d’honneur, ils avaient enfreint la loi en prenant leur vengeance sans autorisation. Toutefois, le Shogun leur permit de se faire seppuku plutôt que d’être exécutés comme des criminels.
Cet évènement est devenu une source d’inspiration au Japon et le temple Sengaku-ji ou repose le seigneur Asamo et ses 47 rônins est devenu aujourd’hui , un lieu de pèlerinage.
Le 14 décembre de chaque année, une commémoration qui s’intitule « Festival Ako Gihisai » se déroule dans les rues de Tokyo et comprenant un défilé en costumes de l’époque, depuis le Temple Zojoji au Temple Zen de Sengakuji où se trouvent les tombeaux du Samouraï Ako Gihisai entouré des Rônins.
Sur les marchés du parcours, l’ont peut acheter et déguster des « takoyaki » : boulettes de poulpe et des « yakisoba » : nouille sautées , à l’occasion du festival.
La production culturelle autour de ce fait historique a été dense : cinéma, littérature : récit de Jirô Osaragi (4/10/1897 – 30/4/1973) adapté en films et séries TV. Tous les arts y ont participé même les compositions musicales et le kabuki.
POÈMES Tanka composés par Philémon
Foule recueillie
Murmure des prières
Mémoire intacte
Dans un Tokyo automnal
Le passé trouve sa voix
Sous les étoiles
Des ombres s’avancent fières
47 vies
Leur devoir transcendait tout
L’honneur brille dans l’histoire
Philémon
LA LEGENDE DU TANUKI suite
Poèmes composés par Philémon
Sous l’ombre du pin
Tanuki joue son tambour
Farceur sans égal
Les étoiles dansent haut
Ivres des chants de la nuit.
Parmi les broussailles
Une gourde sous le bras
Tanuki s’égare
Ses rires hantent les clairières
L’aube le trouve endormi.
Au bord de l’étang
Le Tanuki transformé
Se moque des dieux.
Les nénuphars frissonnants
Gardent secrets ses malices.
Une pierre bouge
Tanuki ou illusion ?
La forêt en murmure
Tambour dans la nuit
Le Tanuki rit caché
Ombre sous la lune.
Philémon
LA LÉGENDE DU TANUKI
Le personnage apparaît au Japon entre les IVe et VIIe siècles. Représenté comme un raton laveur au ventre rebondi, il est perçu de bon augure sauf lorsqu’il prend une apparence humaine et n’hésite pas, alors, à mentir, à voler et même à tuer.
Le Tanuki fait partie du « Yokaï » : groupe d’entités paranormales.
Bien que son image ait évolué au fil des siècles, elle reste, néanmoins, .toujours aussi farceuse.
A l’époque Edo (1603-1868), ce protagoniste devient si populaire qu’il est représenté dans les estampes avec humour, souvent affublé d’un chapeau de paille, d’une gourde de saké, un ventre bombé et un scrotum (bourse) de grande taille qui touche le sol.
Avec un ventre aussi généreux qui lui sert de tambour, il émet un son distinctif « Pompoko pom pom ! » lorsqu’il le frappe.
Outre son apparence, l’animal facétieux est réputé pour son appétit inassouvi tant du saké que de la nourriture. Il semblerait qu’étymologiquement, son nom provienne de : « ta no nuku » (surpasser autrui).
Il utilise ses pouvoirs de métamorphoses en arbre, pierres, divers objets domestiques ou personne humaine afin de jouer des tours aux gens , ce dont il raffole.
Dans le Japon du XXIe siècle, il n’est pas rare de voir des effigies du Tanuki devant les restaurants et autres commerces, car cette créature est également synonyme de prospérité et de bonne fortune.
PS. Inoue HISASHI (1914-2010) écrivain japonais et maître du divertissement populaire a écrit le livre "LA BEDONDAINE DES TANUKIS" édité en France, en août 2024 qui est une épopée euphorique et qui se lit comme un film d'animation.
SOIREE D’AUTOMNE suite
Estampe de Utagawa Kunisida "Lanterne magique et contemplation de la lune d'après Inarka Genji (1847-1852)
Poèmes tanka composés par Philémon
Fin de journée
Horizon rouge
Le soleil peint les feuillages
Éclat de pourpre
L’ombre est projetée loin
La brise fredonne l’adieu
Rouge crépuscule
La pénombre gagne les champs
Vent mélancolique
Les arbres pleurent le reflet
D’un jour qui fuit à jamais
Philémon
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