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Poésie Japonaise

SYMPHONIE AUTOMNALE

29 Novembre 2025, 16:27pm

Tourbillon de feuilles d'érable, estampe de Suzuki Harunobu

Tourbillon de feuilles d'érable, estampe de Suzuki Harunobu

Estampe de Mizuno Toshikata, 1891-1893

Estampe de Mizuno Toshikata, 1891-1893

Poésie par Philémon

 

Feuilles écarlates
Sous le vieux pont de bois noir
L’eau qui tourbillonne
Chaque reflet emporte
Un fragment de ton souffle

 

Sur la véranda
Un bol oublié fume encore
Le soir s’installe
Des grillons accompagnent
Le silence des montagnes

 

Dans la rivière
Les feuilles rouges descendent
Lente dérive
Ce courant les emporte
Vers un océan lointain

  1.  

Un gong de temple
Dans le soir de novembre
Long écho profond
Les érables s’inclinent
Comme pour saluer l’ombre

 

Haibun

 

La fête de la lune

En ce soir clair, les familles s’assemblent sur la terrasse. Le riz nouveau brille dans les coupes, les pampas argentés se dressent dans un vase. La lune d’automne, ronde et immense, semble veiller sur chaque sourire.

lune d’automne
dans le bol de riz fumant
une mer de lait

 

La forêt rouge

Il traverse la vallée. Chaque érable semble embrasé, chaque pierre recouverte de feuilles éclatantes. Le vent disperse ces fragments comme des flammes fragiles. L’automne est un incendie qui ne détruit rien, seulement le temps.

érables en feu
le ruisseau emporte lentement
un ciel écarlate

 

 

Les kakis suspendus

Devant chaque maison, des grappes de kakis sèchent au soleil. Les cordes oscillent doucement dans le vent. Leur couleur orange éclaire les façades grises. On dirait des lanternes pour accueillir l’hiver.

kakis suspendus
dans le vent de la montagne
un parfum sucré

 

Philémon

  1.  

  1.  

SYMPHONIE AUTOMNALE

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LÉGENDE DU COUPEUR DE BAMBOUS

21 Novembre 2025, 19:42pm

LÉGENDE DU COUPEUR DE BAMBOUS
LÉGENDE DU COUPEUR DE BAMBOUS
Taketori Monogatari

La légende du Coupeur de Bambous est considérée comme le plus ancien récit de la littérature japonaise, souvent surnommée La princesse Kaguya (Kaguya-hime). Elle daterait du Xe siècle (période Heian, qui a été l’âge d’or de la culture impériale).

Origine :
  • Auteur : Inconnu, mais souvent attribué à un moine ou un lettré de cour.

    Sources possibles : anciennes légendes chinoises et contes populaires japonais sur les êtres célestes (tennyo).

    Thèmes : la beauté éphémère, la nostalgie du monde céleste, le refus des désirs terrestres, et la séparation entre le monde des hommes et le monde divin.

    Ce conte est parfois vu comme une première forme de science-fiction, car il met en scène une visite venue de la Lune : bien avant les récits modernes sur le sujet !

  •  

Il y a très longtemps, à une époque où les dieux marchaient encore parmi les hommes, vivait un humble coupeur de bambous nommé Taketori no Okina.


Chaque jour, il partait dans la forêt, son couteau à la main, pour couper les tiges vertes et élancées qui murmuraient au vent.


De la forêt de bambous il tirait de quoi vivre modestement avec son épouse : une vieille femme douce et bienveillante, mais au regard triste, car le couple n’avait jamais eu d’enfant.

 

Un soir, alors que le soleil s’effaçait derrière les collines, Taketori vit au loin un bambou qui luisait d’une étrange clarté, comme si la Lune elle-même y avait versé une larme.


Intrigué, il s’en approcha, coupa la tige… et là, au cœur du bambou, il découvrit une minuscule fillette, haute comme le pouce, baignée de lumière, elle souriait, paisible, et l’air autour d’elle semblait chanter.

Pris d’un grand émoi, le vieillard la porta contre son cœur et murmura :

« Si les cieux m’envoient un enfant, alors mon âme est comblée. »

Il la rapporta chez lui, et avec son épouse, ils l’élevèrent comme leur propre fille.


À mesure que les jours passaient, l’enfant grandissait à une vitesse miraculeuse. En quelques lunes, elle devint une jeune femme d’une beauté si éclatante que nul ne pouvait soutenir son regard sans frémir.


Ils la nommèrent Kaguya-hime, la princesse rayonnante de lumière.

Chaque fois que l'homme coupait du bambou, il trouvait dans certaines tiges des pépites d’or ou des étoffes précieuses, comme si la forêt elle-même bénissait le couple.


Bientôt, leur maison pauvre devint un petit palais, et Kaguya-hime fut élevée dans la splendeur.

Mais plus sa beauté grandissait, plus la rumeur se répandait.
Des seigneurs vinrent des provinces lointaines, des nobles en habits brodés se pressèrent à sa porte.


Cinq parmi eux, les plus puissants du royaume, demandèrent sa main.

Kaguya-hime, douce mais résolue, refusa de choisir.
Elle dit :

« Si vraiment votre amour est sincère, rapportez moi ce que nul ne peut obtenir. »

Et elle énonça cinq quêtes impossibles :

  1. Le bol de pierre du Bouddha caché dans les temples du ciel,

  2. La branche d’argent et de joyaux de l’arbre sacré de Penglai, île mythique des immortels,

  3. La peau du feu du dragon que nul mortel n’a jamais approché,

  4. La gemme brillante du cou d’une chimère,

  5. La coquille d’une hirondelle qui niche sous la mer.

Chacun partit plein d’arrogance et de promesses…

 

Mais tous revinrent brisés, certains couverts de honte, d’autres n’en revinrent jamais.


Leurs ruses et leurs mensonges furent dévoilés, et Kaguya-hime versa des larmes silencieuses :

« Aucun d’eux ne cherchait mon cœur, mais ma gloire. »

C’est alors que l’empereur du Japon, ayant entendu parler de sa beauté céleste, vint la voir.


Il fut ébloui, mais il sentit aussi une étrange tristesse en elle , comme une flamme qui tremble dans le vent.


Ils s’échangèrent des poèmes, des lettres parfumées, et dans son cœur, l’empereur conçut un amour sincère.


Mais Kaguya-hime, bien qu’elle l’aimât d’une tendresse pure, lui dit un jour :

« Mon corps appartient à ce monde, mais mon âme regarde ailleurs. »

Lorsque les nuits d’été s’allongèrent, Kaguya-hime se mit à contempler la Lune, le visage baigné de larmes.
Elle cessa de sourire.


Ses parents, inquiets, la pressèrent de parler, et enfin, elle leur révéla son secret :

« Je ne suis pas de ce monde. Je viens du royaume de la Lune. Pour une faute oubliée, j’ai été envoyée ici-bas pour un temps ; mais bientôt, ma famille viendra me chercher. »

Les parents âgés supplièrent les cieux de la leur laisser, mais nul ne peut changer le destin.


L’empereur envoya des gardes autour de sa demeure, espérant la retenir.


Pourtant, à la nuit convenue, le ciel s’ouvrit dans une lumière de grande clarté.


Des êtres vêtus de brume descendirent sur des chars d’argent. La musique des sphères emplissait l’air.

Kaguya-hime embrassa ses parents et dit :

« Vous m’avez offert l’amour que les cieux ignorent. Pour cela, je vous bénis. »

Elle écrivit une lettre d’adieu à l’empereur, laissa un flacon d’élixir d’immortalité, et monta vers la Lune, son visage s’effaçant dans la lumière.

Quand l’empereur reçut la lettre, il pleura longuement.
Il refusa de boire l’élixir :

« À quoi sert l’immortalité, si elle ne partage pas ma solitude ? »

Il ordonna que l’élixir et la lettre soient brûlés au sommet du mont le plus haut du pays, pour que la fumée monte jusqu’à elle.


Et depuis ce jour, dit-on, le Mont Fuji tire son nom du mot fushi , “immortel”, et la fumée qui s’élève encore parfois vers le ciel serait le soupir du roi pour la princesse de la Lune.

 

Épilogue :

Ainsi s’achève le conte de Kaguya-hime, la princesse née du bambou, fille des lunes et des hommes.
Son histoire nous rappelle que la beauté et l’amour sont éphémères, mais que leur souvenir éclaire les âmes bien après que la lumière se soit éteinte.

 

Le conte explore plusieurs thèmes profonds :

  • L’impermanence (mujo) : rien de beau ne dure, même la beauté divine.

    La nostalgie du ciel et la séparation entre le monde céleste et le monde humain.

    La vanité humaine : la quête impossible de richesse, de gloire ou d’immortalité.

    La solitude et le devoir, à travers le destin inévitable de Kaguya-hime.


Cette légende a inspiré de nombreuses œuvres :

 

  • Le film d’animation « Le Conte de la princesse Kaguya » du Studio Ghibli, réalisé par Isao Takahata (2013), en est une adaptation poétique et visuellement magnifique.

    On y retrouve aussi des échos dans la littérature japonaise classique et même dans la culture populaire moderne (mangas, jeux vidéo, bandes dessinées, etc.).

LÉGENDE DU COUPEUR DE BAMBOUS

POESIE du conte « Le Coupeur de bambous »

Par Philémon

 

Dans l’ombre des bois
Un rai d’or fend le silence
Enfant de la lune
Dormant dans le creux des tiges
Changera le destin d’hommes

  1.  

Une lame d’argent
Le bambou se met à chanter
Un éclat de lune
Révèle un être fragile
Le vieillard retient son souffle

 

Les princes s’inclinent
Leurs présents lourds d’arrogance
Elle sourit pourtant
Léger souffle d’autre monde
Promesse sans attache

 

Au fond des bambous
Le coupeur cherche le son
De son doux passé
Le vent seul lui répondra
Dans un soupir de regret

 

 

Le coupeur de bambous”

 

Le rayon d’or

Le vieux coupeur n’attendait plus rien de la vie, sinon la simple fatigue des jours. Pourtant, un matin, l’or jaillit au cœur du bambou. L’enfant minuscule lui sourit comme si elle l’avait choisi.


lueur dans les tiges
la lune offre en silence
un être sage

 

Le repas du soir

Le vieil homme et son épouse prenaient leurs repas en observant la jeune fille. La pièce semblait plus claire quand elle était là. Ils savaient qu’un jour, peut-être, les cieux la leur reprendraient. Alors ils savouraient chaque instant, comme si le temps pouvait s’étirer.


brume sur le thé
le bonheur tient tout entier
dans un simple rire

 

Après son ascension

 

Le couple, désormais seul, se rend parfois dans la bambouseraie. Le vent joue entre les tiges, comme autrefois la voix de la jeune fille. Ils n’espèrent plus son retour, mais ils savent qu’un peu de sa lumière demeure dans chaque reflet du soir.


nuit douce qui tombe
dans le creux des feuilles vertes
un souvenir brille

Philémon

 

  1.  

LÉGENDE DU COUPEUR DE BAMBOUS
LÉGENDE DU COUPEUR DE BAMBOUS

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POÉSIE AUTOMNALE

18 Novembre 2025, 16:40pm

Averse au bord du lac, estampe de Kawase Asui, 1932

Averse au bord du lac, estampe de Kawase Asui, 1932

Poèmes par Philémon

 

 

Un pont vermillon
Sur l’eau douce du torrent
Flottent des érables
Son ombre se dissout
Dans l’ardeur des couleurs

  1.  

Au temple vide
Le son des gongs résonne
Loin dans la vallée
L’automne se recueille

En silence mordoré

 

Le ginkgo doré
Éclaire la ruelle
Comme un soleil
Qui décline sans regret
Dans l’air léger de Kyoto

 

Le gong du soir

À la tombée du jour, il s’arrête devant un temple. Le moine frappe le gong, et le son se propage comme une onde dans la vallée. Les montagnes répondent d’un silence profond. Dans la lumière déclinante, il comprend alors que l’automne n’est pas seulement de la couleur, mais aussi de l’effacement.

A l’ombre des pins
Le parfum de sésame
S’échappe du feu

Calendrier 2025 du rougissement des érables

Calendrier 2025 du rougissement des érables

POÉSIE AUTOMNALE

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ODE A L ‘AUTOMNE DU JAPON

10 Novembre 2025, 09:42am

Deux femmes dans le vent d'automne, estampe de Suzuki Harunobu

Deux femmes dans le vent d'automne, estampe de Suzuki Harunobu

Chaque année , le service météorologique japonais publie des calendriers pour permettre au public d’assister aux changements de couleurs du feuillage de certains arbres : érables et ginkgos, sur les quatre grandes îles de l’archipel.

 

        Ryokô wo tanoshindekudasai (Bon voyage) !

 

ODE A L ‘AUTOMNE DU JAPON

ODE D'AUTOMNE :

 

Hokkaidō :

Le souffle du nord
Déjà, les vents descendent des monts Daisetsu,
et la brume effleure les lacs comme un voile ancien.
Les érables s’embrasent, rouges de pudeur,
tandis que les grues s’élancent vers les ciels d’hiver.
Ô île du nord, ton automne a la saveur du silence,
où chaque feuille tombée murmure :
shizuka ni :
doucement, le monde se prépare au sommeil.


 

Honshū

Le cœur battant des saisons
Sous les torii de Kyoto, les feuillages flamboient
comme des lanternes suspendues dans l’air limpide.
Les rizières dorées s’inclinent en offrande,
et le Fuji, couronné de givre, contemple son royaume.
Sur les chemins de Nikkō, les moines prient,
leurs pas mêlés au craquement des feuilles.
L’automne ici est un poème calligraphié
par le vent sur la peau du temps.


 

Shikoku

L’île des pèlerins et des rivières
Les sentiers du henro serpentent entre les érables,
et les temples s’illuminent d’un feu paisible.
Le murmure des torrents répond au chant des gongs

et les mandariniers s’inclinent sous leurs fruits d’or.
Shikoku, douce gardienne du sud,
ton automne est un repos d’âme,
une offrande de lumière sur la pierre mouillée.


 

Kyūshū

Le crépuscule parfumé
Des vapeurs d’onsen montent dans l’air du soir,
mêlant la chaleur du soufre à celle du souvenir.
Les camélias s’inclinent devant les sanctuaires,
et les cigales d’automne fredonnent leur dernière prière.
Ici, la terre fume encore, vivante et calme,
et le ciel se teinte de cuivre au-dessus des volcans.
Kyūshū, île du feu et de la brume,
ton automne est une promesse : celle du renouveau.


 

Ainsi le Japon s’incline, quatre fois, sous la même saison.
De l’aube boréale au crépuscule des îles du sud,
chaque feuille qui tombe est un haïku du temps
éphémère, parfait, et infiniment doux.


 

ODE A L ‘AUTOMNE DU JAPON
ODE A L ‘AUTOMNE DU JAPON

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LÉGENDE ASIATIQUE DE LA TISSERANDE ET DU BOUVIER 3/3

5 Novembre 2025, 19:52pm

LÉGENDE  ASIATIQUE DE LA TISSERANDE ET DU BOUVIER     3/3

Plus loin encore, là où le soleil se lève sur les bambous et les lucioles, le Japon fit de cette histoire une fête de vœux et d’espérance : TANABATA.


C’est la même rivière, les mêmes étoiles, mais un autre rêve.

La Tisserande et le Berger des Étoiles , version japonaise:

 

Au bord de la Voie lactée, la princesse céleste Orihime tissait chaque jour des tissus si fins qu’ils faisaient scintiller les nuages.


Son père, le dieu Tentei, admirait son talent, mais s’attristait de la voir seule.
Il décida donc de la présenter à
Hikoboshi, le berger des étoiles, gardien des bœufs célestes.

Ils se virent, s’aimèrent, et ne se quittèrent plus, mais dans leur bonheur, ils oublièrent leurs devoirs :
les bœufs s’égarèrent, et plus aucun tissu ne fut tissé et même le ciel s’assombrit.


Tentei, en colère, traça entre eux une rivière de lumière : la Voie lactée.
Orihime, inconsolable, supplia son père.


Alors, touché par sa peine, il accorda sa grâce :

« Vous vous reverrez une fois l’an, si le ciel reste clair. »

Chaque septième jour du septième mois, les étoiles Véga et Altaïr s’approchent, et si le ciel n’est pas couvert, elles se rejoignent sur un pont d’oiseaux.


Les hommes, en bas, célèbrent ce jour sous le nom de Tanabata

.
Ils écrivent leurs vœux sur de petits papiers colorés : les
tanzaku , qu’ils suspendent aux branches de bambou.


Car si les amants célestes se retrouvent, peut-être que les vœux des humains, eux aussi, franchiront la rivière du Ciel ?

Épilogue :

Sous le même ciel

Trois nations, trois langues, mais un seul récit :
celui de deux êtres séparés par le destin, unis par le ciel, et par l’amour plus fort que la distance.

 

En Chine, ils sont Niulang et Zhinu, fidèles malgré l’interdit.


En Corée, Gyeonwu et Jiknyeo, rappelés à l’ordre par le devoir.


Au Japon, Hikoboshi et Orihime, porteurs d’espérance et de vœux.


 

Et chaque année, lorsque les étoiles Véga et Altaïr s’approchent, le monde entier peut lever les yeux vers la Voie lactée et murmurer :

« Que les amants se retrouvent… et que nos vœux traversent le ciel. »
 
Ainsi se termine l’exposé de cette légende vue par trois pays d’Asie et réunies ensemble pour la première fois sur du vélin.

 
 
LÉGENDE  ASIATIQUE DE LA TISSERANDE ET DU BOUVIER     3/3
POÉSIE PAR PHILÉMON
Tankas

Tanabata

Sous le bambou vert
Des vœux dansent au vent léger
Orihime rêve
Altaïr lui répond aimant
Sur la rivière d’argent

  1.  

Fil de soie et pluie
Deux étoiles se frôlant
Un pont de silence
Oiseaux et brume unis
Sous le souffle du destin

  1.  

La nuit étoilée
Les lanternes dans le vent.
Un vœu suspendu
“Puissent nos cœurs se revoir
Avant que passe la pluie”

  1.  

Le métier s’endort
Les bœufs lèvent leurs cornes
Sur la voie lactée
Leurs cris tissent une nuit
Que même Dieu n’efface

 

Haibun

 

Tanzaku*
Les papiers de couleur frémissent sous la brise. Les enfants y ont écrit leurs rêves, les amants leurs espoirs. Orihime regarde, de là-haut. Elle lit les mots, tous semblables : « Revois-le ». Alors elle sourit, et la pluie s’arrête.

bambou ployant
un vœu s’accroche au vent
avant la rosée
 
*bande de papier coloré où les gens écrivent leurs souhaits :
Les couleurs du tanzaku ont des significations spécifiques :

Rouge: représente le bonheur et la bonne fortune.

Bleu: symbolise la paix et la tranquillité.

Jaune: représente la richesse et la prospérité.

Blanc: signifie la pureté et les nouveaux départs.

 

 

"Le ciel lumineux"
Les nuages se dispersent : le pont est prêt. Hikoboshi attend, la main tendue. Orihime s’avance, hésitante. Le premier pas sur les plumes du monde. Entre eux, une éternité contenue dans un seul instant.

ciel sans nuage
deux étoiles s’inclinent
et tout se tait
LÉGENDE  ASIATIQUE DE LA TISSERANDE ET DU BOUVIER     3/3
LÉGENDE  ASIATIQUE DE LA TISSERANDE ET DU BOUVIER     3/3

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LA CHÂTAIGNE AU JAPON 2/2

2 Novembre 2025, 19:16pm

LA CHÂTAIGNE AU JAPON   2/2

C’est un symbole de l’automne japonais

L’automne (aki,) est associé à la nourriture saisonnière (shun no tabemono).

Les châtaignes sont l’un des emblèmes de cette saison, au même titre que les champignons (matsutake), les patates douces (satsumaimo) et les kakis (kaki).


Elles symbolisent la prospérité, la récolte et la force, car autrefois elles constituaient une source importante d’énergie avant l’hiver.

Mets traditionnels d’automne à base de kuri :

  • Kuri gohan : riz cuit à la vapeur, mélangé à des morceaux de châtaignes cuites — un classique des repas automnaux.

    Kuri kinton : purée sucrée de châtaignes, parfois mélangée à de la patate douce. On la déguste à l’automne mais aussi au Nouvel An pour porter chance.

    Mont Blanc japonais : adaptation du dessert français, très populaire dans les pâtisseries nippones à l’automne.

    Kuri manju : petite pâtisserie wagashi fourrée de pâte de haricot sucré et de châtaigne.

Les châtaignes japonaises (nihon-guri) sont cultivées depuis des siècles.
Les régions réputées incluent :

  • Gunma, Nagano, Kyoto, Ehime, et Kumamoto.


  • Les marchés d’automne et festivals (aki matsuri) proposent souvent des stands où l’on peut acheter ou griller des châtaignes fraîches.

Dans la poésie haïku, la châtaigne (kuri) est un mot de saison (kigo) associé à l’automne, évoquant la simplicité rustique et la chaleur du foyer.


Elle incarne aussi une nostalgie douce pour la campagne japonaise et la transition vers l’hiver.

Aujourd’hui, on trouve du kuri dans toutes sortes de douceurs :

  • Glaces, lattés, dorayaki, et même KitKat aux marrons !


  • Les cafés et depachika (sous-sols gourmets des grands magasins) rivalisent de créativité chaque automne.

Contemplation de la lune d'automne, estampe de Toyohara Chikanobu 1896.

Contemplation de la lune d'automne, estampe de Toyohara Chikanobu 1896.

POÉSIE PAR PHILÉMON

Tanka et haï bun

 

Sous le vieux ponton
L’eau roule des coques vides
Chants de fin d’automne
La châtaigne en se taisant
Offre encor sa douceur brune

  1.  

Un panier de jonc
Emplis de fruits lourds tièdes
Près du temple froid
L’ermite souffle une prière
Dans la vapeur du matin

 

 

Châtaigne tombée
Dans l’ombre du torii rouge
Bruit de fin d’averse
Même la pierre du sanctuaire
Semble sourire un instant

 

 

Les sentiers brûlés
Par les feuilles et le vent
Mènent au foyer
Une vieille femme épluche
Sans hâte la fin du jour

  1.  

Montagne paisible
La marmite frissonne au feu
Châtaignes riz blanc
Un nuage s’étire
Comme un rêve vaporeux

  1.  

Châtaignes grillées
Sur le marché de Kyoto
Odeur d’enfance
Les cigales se sont tues
Le cœur du vieil homme bat encor

 

Devant la maison du potier

Le vieil homme est invité à goûter le riz aux châtaignes, fumant dans un bol d’émail craquelé. Le thé coule, vert et doux. Dans le jardin, les feuilles tombent sans hâte. Le silence a le goût de la gratitude.


Riz et châtaignes
La vapeur s’élève encor
Après les mots tus


 

Sur la route du col d’Arima

Le vent gifle les joues, chargé d’odeurs de mousse et de feu de bois. Dans son sac, quelques châtaignes ramassées, promesse de soupe du soir. Le ciel s’assombrit, bleu profond, presque violet.


Un feu sous la pluie
Les coques marrons luisent
Comme Reine du ciel
​​​​​​​​​​​​​​

LA CHÂTAIGNE AU JAPON   2/2
LA CHÂTAIGNE AU JAPON   2/2

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