LÉGENDE ASIATIQUE DE LA TISSERANDE ET DU BOUVIER 3/3
Plus loin encore, là où le soleil se lève sur les bambous et les lucioles, le Japon fit de cette histoire une fête de vœux et d’espérance : TANABATA.
C’est la même rivière, les mêmes étoiles, mais un autre rêve.
La Tisserande et le Berger des Étoiles , version japonaise:
Au bord de la Voie lactée, la princesse céleste Orihime tissait chaque jour des tissus si fins qu’ils faisaient scintiller les nuages.
Son père, le dieu Tentei, admirait son talent, mais s’attristait de la voir seule.
Il décida donc de la présenter à Hikoboshi, le berger des étoiles, gardien des bœufs célestes.
Ils se virent, s’aimèrent, et ne se quittèrent plus, mais dans leur bonheur, ils oublièrent leurs devoirs :
les bœufs s’égarèrent, et plus aucun tissu ne fut tissé et même le ciel s’assombrit.
Tentei, en colère, traça entre eux une rivière de lumière : la Voie lactée.
Orihime, inconsolable, supplia son père.
Alors, touché par sa peine, il accorda sa grâce :
« Vous vous reverrez une fois l’an, si le ciel reste clair. »
Chaque septième jour du septième mois, les étoiles Véga et Altaïr s’approchent, et si le ciel n’est pas couvert, elles se rejoignent sur un pont d’oiseaux.
Les hommes, en bas, célèbrent ce jour sous le nom de Tanabata
.
Ils écrivent leurs vœux sur de petits papiers colorés : les tanzaku , qu’ils suspendent aux branches de bambou.
Car si les amants célestes se retrouvent, peut-être que les vœux des humains, eux aussi, franchiront la rivière du Ciel ?
Épilogue :
Sous le même ciel
Trois nations, trois langues, mais un seul récit :
celui de deux êtres séparés par le destin, unis par le ciel, et par l’amour plus fort que la distance.
En Chine, ils sont Niulang et Zhinu, fidèles malgré l’interdit.
En Corée, Gyeonwu et Jiknyeo, rappelés à l’ordre par le devoir.
Au Japon, Hikoboshi et Orihime, porteurs d’espérance et de vœux.
Et chaque année, lorsque les étoiles Véga et Altaïr s’approchent, le monde entier peut lever les yeux vers la Voie lactée et murmurer :
« Que les amants se retrouvent… et que nos vœux traversent le ciel. »
Ainsi se termine l’exposé de cette légende vue par trois pays d’Asie et réunies ensemble pour la première fois sur du vélin.
POÉSIE PAR PHILÉMON
Tanabata
Sous le bambou vert
Des vœux dansent au vent léger
Orihime rêve
Altaïr lui répond aimant
Sur la rivière d’argent
Fil de soie et pluie
Deux étoiles se frôlant
Un pont de silence
Oiseaux et brume unis
Sous le souffle du destin
La nuit étoilée
Les lanternes dans le vent.
Un vœu suspendu
“Puissent nos cœurs se revoir
Avant que passe la pluie”
Le métier s’endort
Les bœufs lèvent leurs cornes
Sur la voie lactée
Leurs cris tissent une nuit
Que même Dieu n’efface
Tanzaku*
Les papiers de couleur frémissent sous la brise. Les enfants y ont écrit leurs rêves, les amants leurs espoirs. Orihime regarde, de là-haut. Elle lit les mots, tous semblables : « Revois-le ». Alors elle sourit, et la pluie s’arrête.
bambou ployant
un vœu s’accroche au vent
avant la rosée
*bande de papier coloré où les gens écrivent leurs souhaits :
Les couleurs du tanzaku ont des significations spécifiques :
Rouge: représente le bonheur et la bonne fortune.
Bleu: symbolise la paix et la tranquillité.
Jaune: représente la richesse et la prospérité.
Blanc: signifie la pureté et les nouveaux départs.
"Le ciel lumineux"
Les nuages se dispersent : le pont est prêt. Hikoboshi attend, la main tendue. Orihime s’avance, hésitante. Le premier pas sur les plumes du monde. Entre eux, une éternité contenue dans un seul instant.
ciel sans nuage
deux étoiles s’inclinent
et tout se tait
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