URASHIMA TARO
LE PÉCHEUR DU ROYAUME SOUS LA MER (2ème partie)
La genèse de l’histoire est fascinante, car elle se situe à la frontière entre mythe, légende et conte populaire.
La première trace écrite de ce récit remonte au VIIIᵉ siècle, dans deux chroniques fondamentales :
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Le Nihon Shoki (Chroniques du Japon, 720), où l’on trouve une mention d’un pêcheur nommé Urashimako.
Le Manyōshū (Recueil de dix mille feuilles, vers 760), une anthologie de poèmes où Urashimako est évoqué comme un homme ayant voyagé « au-delà de la mer » et ne revenant jamais pareil.
Plus tard, le conte apparaît dans des recueils narratifs comme le Otogi-zōshi (XIVᵉ–XVᵉ siècles), où sa forme actuelle : le pêcheur, la tortue, le palais du Roi Dragon et le coffret du temps se fixe.
Cette narration s’enracine dans les mythes marins japonais et la croyance en des royaumes sous-marins habités par des dieux-dragons (Ryūjin) et les concepts bouddhiques du temps et de l’impermanence ( mujō) : le paradis du fond de la mer symbolise l’illusion d’un bonheur hors du cycle du monde.
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Ce conte est également sous l’influence de récits chinois anciens, notamment des histoires d’immortels visitant des îles merveilleuses, puis revenant des siècles plus tard dans un monde changé (Penglai, Horaisan).
Urashima Tarō représente la fascination japonaise pour le passage du temps, l’illusion du paradis, et la nostalgie du monde perdu.
Il exprime un thème universel : celui de l’homme qui touche le divin un instant, puis se retrouve exilé du présent pour toujours
Poésie reliée à la narration du conte par Philémon
Coquillage clos
Ton rire y résonne encore
Douce prison d’eau
J’ai voulu voir le soleil
Et j’ai perdu le rêve
Un siècle s’éteint
Dans le souffle de la mer
Mon cœur s’y dissout
Ô princesse du profond
Ton adieu engloutit tout
Boîte interdite
Écrin d’un temps disparu
Main d’homme trop faible
Quand l’air m’effleure le front
Je deviens poussière d’onde
Quand il revint, la plage semblait étrangère. Les arbres avaient grandi, les villages changés, les visages éteints. La boîte pesait dans sa main comme un dernier serment. Il l’ouvrit, croyant revoir ses années perdues. Mais ce fut son souffle qui s’en échappa.
Boîte entrouverte
Le vent murmure un nom
Que nul ne connaît
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