LE RETOUR
Sous le ciel pâle de l’aube,
quatre lunes ont passé
comme des barques silencieuses
glissant sur l’eau immobile.
Le jardin attendait.
Les pierres gardaient la mémoire des pas,
la mousse buvait la rosée
sans savoir si la main familière
reviendrait troubler sa paix.
Dans la chambre vide,
l’encre dormait dans son puits sombre,
pareille à une graine sous la neige
vivante, mais retenue.
Puis un matin,
le vent d’est a frôlé les bambous,
et les clochettes ont murmuré :
« Il revient. »
Non comme l’homme d’hier,
mais tel le cerisier après la tempête
branches épurées,
racines plus profondes.
Quatre mois de silence
ont poli son regard
comme la rivière polit la pierre,
lentement, sans bruit.
Et voici que ses mots
retombent sur le monde
comme pétales au printemps :
fragiles,
inévitables,
lumineux.
Ô voyageur revenu des ombres,
que chaque phrase soit un pas
sur le pont rouge du matin.
Que ton souffle retrouvé
fasse vibrer la toile invisible
où se tissent nos pensées.
Car l’absence n’était qu’hiver.
Et l’hiver, au Japon du cœur,
n’est jamais une fin
seulement la promesse
d’un printemps plus attentif.
Bienvenue,
comme la première fleur
qui ose
après la neige.
HAÏKU
Quatre lunes sans voix
Sous la neige l’encre veille
Printemps au clavier
Je dédie ces quelques lignes à vous les amis blogueurs qui m’avaient soutenu par vos témoignages d’amitié et à tous ceux qui ont pratiqué la patience pendant ma convalescence.
Je vous souhaite un bon et beau cheminement vers le Printemps.
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