LE BOUVIER ET LA TISSERANDE CÉLESTE (Gyeonwu wa Jiknyeo) 2/3 Version Coréenne
Cette légende provient de la mythologie chinoise ancienne, probablement issue de traditions orales autour du fleuve céleste (la Voie lactée). Elle est associée à la fête de Qixi célébrée le 7e jour du 7e mois lunaire : souvent appelée le “Saint-Valentin chinois”
Mais le Ciel n’a pas qu’un seul langage.
Au-delà de la mer de l’Est, en Corée, les sages ont gardé la même histoire : mais teintée d’une leçon de mesure et de devoir.
Le Bouvier et la Tisserande céleste : version coréenne :
Au royaume des nuages vivait Jiknyeo, la fille du Roi du Ciel.
Ses doigts tissaient les habits des dieux, ses fils d’or formaient les brumes de l’aube.
De l’autre côté du fleuve céleste, Gyeonwu, le bouvier des étoiles, gardait les bœufs du firmament.
Un jour, ils se rencontrèrent et tombèrent amoureux.
Leur mariage, d’abord béni par le Roi du Ciel, devint bientôt source de désordre :
Jiknyeo négligea son métier à tisser, Gyeonwu oublia son troupeau.
Les cieux se vidèrent de lumière.
Alors le Roi du Ciel, dans sa colère, les sépara de part et d’autre de la rivière d’argent.
Mais voyant leurs larmes, il eut pitié :
« Si vous accomplissez vos devoirs, vous pourrez vous revoir une fois l’an. »
Chaque année, au septième jour du septième mois, les pies et les corneilles battent des ailes pour former un pont vivant.
Sur ce pont fragile, les deux amants célestes se retrouvent, pleurent, puis se séparent avant l’aube.
Et quand, ce jour-là, une pluie fine tombe sur la terre, les anciens disent :
« Ce sont les larmes du Ciel, les larmes des amants. »
Cette nuit s’appelle Chilseok , la nuit où l’amour et le devoir se rencontrent dans les larmes et les étoiles.
POÉSIE PAR PHILÉMON
CORÉE (Gyeonwu wa Jiknyeo)
Tankas
Le fil s’est brisé
Le métier reste muet
Les bœufs ont fui loin
Mais les larmes du Ciel chantent
Le nom de Gyeonwu fidèle
Jiknyeo tisse encore
Non pour l’ordre du Ciel non
Mais pour son regret
Chaque étoile qu’elle noue
Est un serment oublié
Sous la pluie de Chilseok*
La terre garde le silence
Les pies se font pont
Et les amants suspendus
Marchent sur leurs propres larmes*Festival traditionnel qui a lieu chaque année le 7ème jour du 7ème mois du calendrier lunaire, pour célébrer la réunion du couple céleste Gyeonwu et Jiknyeo, symbolisés par les étoiles Altaïr et Véga.
Le Roi des Cieux dort
Mais le vent ne dort jamais
Dans la nuit d’argent
Deux souffles se reconnaissent
Et tout l’univers soupire
"Sous l’œil du Roi"
Le ciel est strict, les dieux sévères. Jiknyeo baisse la tête, tisse sans repos. Gyeonwu garde les troupeaux, mais son regard traverse la rivière de lumière. Leurs mains ne se toucheront qu’une fois, et pourtant, ce souvenir suffit à nourrir mille saisons.
pont d’oiseaux
le vent entre deux visages
murmure « encore »
"Les larmes du devoir"
Les mortels ne voient qu’une pluie d’été. Mais chaque goutte qui tombe est un mot jamais prononcé, une caresse contenue. Chilseok revient, comme un serment répété. L’amour n’est pas refusé , seulement ajourné.
lune cachée
deux étoiles se cherchent
sans se rejoindre
Philémon
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