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Poésie Japonaise

LE BOUVIER ET LA TISSERANDE CÉLESTE (Gyeonwu wa Jiknyeo) 2/3 Version Coréenne

29 Octobre 2025, 19:30pm

LE BOUVIER ET LA TISSERANDE CÉLESTE   (Gyeonwu wa Jiknyeo)  2/3  Version Coréenne

Cette légende provient de la mythologie chinoise ancienne, probablement issue de traditions orales autour du fleuve céleste (la Voie lactée). Elle est associée à la fête de Qixi célébrée le 7e jour du 7e mois lunaire : souvent appelée le “Saint-Valentin chinois”

 

Mais le Ciel n’a pas qu’un seul langage.


Au-delà de la mer de l’Est, en Corée, les sages ont gardé la même histoire : mais teintée d’une leçon de mesure et de devoir.

Le Bouvier et la Tisserande céleste : version coréenne :

 

Au royaume des nuages vivait Jiknyeo, la fille du Roi du Ciel.
Ses doigts tissaient les habits des dieux, ses fils d’or formaient les brumes de l’aube.


De l’autre côté du fleuve céleste, Gyeonwu, le bouvier des étoiles, gardait les bœufs du firmament.

Un jour, ils se rencontrèrent et tombèrent amoureux.
Leur mariage, d’abord béni par le Roi du Ciel, devint bientôt source de désordre :


Jiknyeo négligea son métier à tisser, Gyeonwu oublia son troupeau.
Les cieux se vidèrent de lumière.

Alors le Roi du Ciel, dans sa colère, les sépara de part et d’autre de la rivière d’argent.
Mais voyant leurs larmes, il eut pitié :

« Si vous accomplissez vos devoirs, vous pourrez vous revoir une fois l’an. »

Chaque année, au septième jour du septième mois, les pies et les corneilles battent des ailes pour former un pont vivant.
Sur ce pont fragile, les deux amants célestes se retrouvent, pleurent, puis se séparent avant l’aube.

Et quand, ce jour-là, une pluie fine tombe sur la terre, les anciens disent :

« Ce sont les larmes du Ciel, les larmes des amants. »

Cette nuit s’appelle Chilseok , la nuit où l’amour et le devoir se rencontrent dans les larmes et les étoiles.

Estampe d'origine Chinoise

Estampe d'origine Chinoise

 

POÉSIE PAR PHILÉMON
 

CORÉE (Gyeonwu wa Jiknyeo)

Tankas

 

Le fil s’est brisé
Le métier reste muet
Les bœufs ont fui loin
Mais les larmes du Ciel chantent
Le nom de Gyeonwu fidèle

  1.  

Jiknyeo tisse encore
Non pour l’ordre du Ciel non
Mais pour son regret
Chaque étoile qu’elle noue
Est un serment oublié

 

Sous la pluie de Chilseok*
La terre garde le silence
Les pies se font pont
Et les amants suspendus
Marchent sur leurs propres larmes

*Festival traditionnel qui a lieu chaque année le 7ème jour du 7ème mois du calendrier lunaire, pour célébrer la réunion du couple céleste Gyeonwu et Jiknyeo, symbolisés par les étoiles Altaïr et Véga.

 

Le Roi des Cieux dort
Mais le vent ne dort jamais
Dans la nuit d’argent
Deux souffles se reconnaissent
Et tout l’univers soupire

 

 

Haïbuns :


 

"Sous l’œil du Roi"
Le ciel est strict, les dieux sévères. Jiknyeo baisse la tête, tisse sans repos. Gyeonwu garde les troupeaux, mais son regard traverse la rivière de lumière. Leurs mains ne se toucheront qu’une fois, et pourtant, ce souvenir suffit à nourrir mille saisons.

pont d’oiseaux
le vent entre deux visages
murmure « encore »

 

"Les larmes du devoir"
Les mortels ne voient qu’une pluie d’été. Mais chaque goutte qui tombe est un mot jamais prononcé, une caresse contenue. Chilseok revient, comme un serment répété. L’amour n’est pas refusé , seulement ajourné.

lune cachée
deux étoiles se cherchent
sans se rejoindre

Philémon
LE BOUVIER ET LA TISSERANDE CÉLESTE   (Gyeonwu wa Jiknyeo)  2/3  Version Coréenne
Commenter cet article
D
Une histoire bien poétique où les amours sont contrariés. Amitiés à toi!
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Les contes et légendes venant d'Asie sont souvent emprunts de poésie.<br /> <br /> Merci Daniel, amicalement.
E
Merci de nous conter cette seconde version e la légende de la tisserande et du bouvier et de l'illustrer avec tes poèmes. Bonne journée
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A mon tour de te dire merci pour tes passages qui m'encouragent à poursuivre de faire des publications sur ces lignes.<br /> <br /> Beau WE.
P
Ai je oublié denvoyer mon commentaire après l'avoir écrit ? Ce ne serait pas la première fois en bonne tête de linotte.<br /> Une belle légende que je connaissais. Est-elle sur mon blog, l'ai-je lu ailleurs, je ne sais plus.<br /> Un beau conte qui non seulement raconte un amour contrarié mais aussi la vertu du travail accompli. Ne pas faire sa part de travail peut déstabiliset la sociéte. Alors comme ces deux amants négligent leurs devoirs, ils sont punis par ce qui compte le plus pour eux. Mais dans sa mansuétude, le roi des cieux les autorise à se retrouver une fois par an. Une mansuétude calculée parce que c'est aussi une bonne leçon donnée aux autres.<br /> Quelle douceur dans tes vers pour raconter tout ce que t'inspire cette légende. <br /> Bonne journée Philémon
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Il est possible que ta recherche de lecture ta recherche de lecture t'ait permis de rencontrer cette légende , au gré du temps.<br /> <br /> Merci pour ton avis Brigitte et bonne fin de semaine.
G
Merci pour ce conte si beau et pour tes poésies lumineuses !
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Merci Galanthe des Neiges pour te venue et tes sympatiques commentaires.
B
Magnifique cette version coréenne !<br /> J'aime beaucoup ces Larmes du Ciel... Avec corbeaux et corneilles...<br /> Tes mots sont joliment poétisés toute en finesse et délicatesse<br /> Amitiés Philémon<br /> Belle journée à toi
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Chère Béa, ta visite est toujours comme un rayon d'amitiés diffusés par tes commentaires qui me touchent beaucoup.<br /> <br /> Passe une bonne fin de semaine.<br /> <br /> Bien amicalement.
D
J'aime beaucoup " les contes et légendes", celle que tu racontes est très belle, quel déchirement de se séparer au matin! Bravo pour tes écrits, tu as une jolie plume, j'aime aussi beaucoup l'estampe choisie pour l'illustration.<br /> Très belle journée
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Les Anciens savaient aussi très bien parsemer les légendes de situations célestes et d'épreuves pour en tirer des moralités qui inspirent la population.<br /> <br /> Merci Danièle pour tes commentaires.<br /> <br /> Belle fin de semaine.
P
Un conte que je connais. L'ai-je lu, l'ai-je mis sur le blog, je ne sais plus. Le thème est aussi celui des amants maudits. Mais aussi le thème de ses devoirs, ceux du travail accompli L'amour ne doit pas faire oublier ses devoirs. Mais la punition est sévère, les amants ne pourront se retrouver qu'une fois l'an. Chilséok est une nuit magnifique, une nuit magique. <br /> Bonne nuit Philémon
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Il est certain que ce thème a un côté universel mais ce que j'ai trouvé intéressant c'est la date de publication originelle, en Chine qui a survécu jusqu'à nous au 21ème siècle.<br /> <br /> A bientôt Brigitte.
M
Comme je suis contente de lire ce conte dans sa version complète ! En effet, tu as sans doute remarqué que j'aimais particulièrement la jeune compositrice française Camille Pépin, et elle a précisément mis ce conte en musique ! Cela s'intitule "les Eaux Célestes" (https://www.youtube.com/watch?v=QdYHYZ1qw_8) . Il faut que j'aille voir la version chinoise.<br /> En ce qui concerne tes poèmes, que j'apprécie car j'en ai moi-même beaucoup écrit (c'était l'objet de mon premier blog, "l'Espace d'un Instant" que tu as en lien sur la colonne de droite du blog actuel), j'ai souri en lisant ce vers : "les pies se font pont"... Je comprends ton intention, mais avoue en le relisant que c'est un peu cocasse à l'oreille... Par contre, j'ai beaucoup apprécié tes deux Haïbuns que je trouve très réussis.
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Oui , Mayalila , ta remarque est juste mais cela m'a amusé de laisser le ver en l'état.<br /> J'appellerai cela un caprice d'auteur.<br /> <br /> Merci pour tes informations qui m'intéressent.<br /> <br /> Belle journée Mayalila.
J
Bien aussi la version coréenne... L'aînée de mes petits-enfants y a passé 15 jours en septembre.... merci Philémon, bonne soirée, amitiés, jill
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Comme cela il n'ya pas de dépaysement !!! A -t - elle apprécié son séjour ?<br /> <br /> Belle journée Fabienne et merci pour ton déplacement.<br /> <br /> Amitiés.