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Poésie Japonaise

HOKUSAI 1ère partie

5 Mai 2026, 18:26pm

La vague de Kanagawa, estampe de Katsushita Hokusai

La vague de Kanagawa, estampe de Katsushita Hokusai

Le pavillon Zasai du Temple des Arhats, estampe de Hokusaï

Le pavillon Zasai du Temple des Arhats, estampe de Hokusaï

Deux hommes lavent le cheval à la cascade, estampe de Hokusaï

Deux hommes lavent le cheval à la cascade, estampe de Hokusaï

Le pont suspendu entre Hida et Hecht, estampe de Hokusaï

Le pont suspendu entre Hida et Hecht, estampe de Hokusaï

Après vous avoir présenté de nombreuses estampes au cours de mes publications, il me paraît important de vous parler de leurs auteurs, à commencer par le plus grand d’entre eux :

 

l’artiste peintre Katsushika HOKUSAI (1760 – 1849), surnommé le Fou de Dessins

 

Hokusai était le peintre et le dessinateur le plus doué de son temps avec plus de 30000 dessins, estampes et peintures ; c’était un personnage hors du commun qui est devenu un Maître de son art.

 

Toutefois, il n’a jamais été possible de dire quel était son véritable nom car ceux qu’il se donnait sont assez nombreux.

A cette époque, dès le XVIIème siècle, deux grandes villes étaient opposées : d’un côté Kyoto, à l’ouest, la ville impériale (et Osaka, carrefour commercial), puis de l’autre, Edo (Tokyo, aujourd’hui) à l’est, la ville des Shogun.*

Reliées entre elles par une route dénommée : le Tokaïdo , de 490 km à parcourir en 53 étapes pour une durée de 2 à 3 semaines, à pieds, et jalonnée de relais d’accueils.

Edo, à l’ombre du palais forteresse du pouvoir était la ville du négoce et des artisans, la ville des distractions qui s’est installée sur l’emplacement de la vieille ville populaire de Shitamachi et développée sans aucun concept urbaniste, se dispersant au fil du temps selon les anciens tracés des cheminements agricoles.

*Chef suprême du système féodal, c’est le titre le plus élevé d’un Samouraï, nommé par l’empereur pour établir un gouvernement afin de régner sur le Japon en entier.

C’est à cette période qu’est né Hokusai.

Il faut recourir à la rêverie philosophique pour pénétrer dans le monde de Edo et dans celui des artistes où le goût extrême du détail dont témoigne tout l’art japonais est tourné à l’obstination.

Détail que l’on retrouvera dans les représentations du théâtre Kabuki qui était interprété, à ses débuts, par des femmes actrices lesquelles ont été accusées de dévergondage et remplacées par des hommes acteurs, maquillés en femmes,

Hokusai naquit un jour de l’année 1760 à Edo, dans le district de Honjo, zone aussi connue sous le nom de Katsushika (dont il fit son prénom) et fut, à l’âge de trois ou quatre ans, adopté par un artisan fabricant de miroirs pour la cour du Shogun. Rapidement, il manifesta de l’intérêt pour le dessin et la peinture.

A treize ans, il entra en apprentissage chez un xylographe et, à quinze ans déjà, il gravait lui-même les six dernières feuilles d’un roman humoristique. A dix huit ans, il décida de quitter l’apprentissage, voulant devenir lui-même peintre en s’inscrivant dans un atelier spécialisé en portraits d’acteurs de kabuki.

A dix neuf ans, il se fait remarquer pour la première fois, grâce à une série réussie de portraits d’acteurs.

Cela a marqué le début d’une activité modeste d’artisan du dessin.

Toute sa vie, il gardera cette situation sociale simple et ne fonda jamais d’école bien qu’il eut de nombreux élèves.

Il ne sut jamais gérer ni la gloire ni l’argent qu’il recevait ; pour lui, l’argent n’avait pas de valeur à tel point qu’il réglait ses dépenses avec les bourses qu’il recevait en règlement de ses œuvres sans en vérifier le contenu ni à leur remise ni à leur sortie.

Par ce traitement de l’argent au hasard il vécut tout au long de sa vie dans le dénuement et son caractère bourru le tint à l’écart de la vie sociale.

On n’a peu de renseignement sur son foyer en dehors du fait qu’il était marié et père d’une fille qui deviendra célèbre par la suite comme peintre, elle aussi.

Ce n’est qu’à partir de 40 ans que vinrent ses années les plus florissantes, au moment où il devint indépendant.

Un jour , en 1804, il peignait dans l’enceinte d’un temple à Edo, sur une surface de feuilles de papier renforcé (Washi*), posées sur un lit de paille pour limiter l'humidité , et accolées sur 240 m²,(soit 18m x 11m,) ce fameux Daruma géant (figurine porte-bonheur d’origine bouddhiste), qu’il reproduisit en 1817 , à Nagoya, lors de la visite de cette ville.

*washi : papier traditionnel, fabriqué artisanalement à partir de fibres végétales longues, principalement issues du mûrier à papier kozô ; feuilles d’un format variable de:30 x 40 cm et 60 x 90 cm chacune.

Il excella dans tous les genres et, en particulier, dans les Surimono (estampes luxueuses, imprimées à titre privé et jouant le rôle de carte de vœux ou de présentation artistique) de 1793 à 1824, ces estampes séparées, de caractère privé, qui correspondaient à un goût raffiné de ponctuation des évènements de la vie sociale d’un milieu plus élégant, échappaient ainsi aux réformes de l’ère Kanseï qui instituait la censure sur les publications.

C’est la raison pour laquelle il adopta ce système comme sa manière la plus subtile d’expression picturale des corps et paysages.

C’est en 1804, alors âgé de 44 ans, qu’il publia pour la première fois une série d’estampes consacrées aux relais du Tokaïdo ( la longue route qui séparait Edo et Osaka)

Vers 1811, il publiera des suites de caricatures dites Toba-e (dessins satiriques) et c’est ce caractère exagéré du trait qui allait donner naissance à la bande dessinée.

Vers 1831,à 67 ans, il publiera les « 36 vues du Mont Fuji », dessinées de différents endroits. Il appliquera à cette série les principes esthétiques qui étaient les siens et qu’il exposait en 1812, dans la préface de son ouvrage d’Initiation au Dessin :

  • « Toutes les formes ont leurs propres dimensions que nous devons respecter ; mais il ne faut pas oublier que ces choses appartiennent à un univers dont nous ne devons jamais briser l’harmonie. Tel est mon art de la peinture ».

Ainsi, le Mont Fuji est devenu le phare des abords de Edo aux pieds duquel passe la route Tokaïdo, cette montagne domine le monde et l’âme du Japon en reliant, avec majesté, le ciel et la terre.

Avec ses 36 Vues, Hokusaï imposait une esthétique qu’il développera dans d’autres séries d’estampes et, notamment, les 100 Vues du Mont Fuji, publiées plus tard.

 

POESIE par Philémon

Katsushika Hokusai, véritable personnage de légende, au pinceau quasi magique.

 

Vieil homme des mers
Il murmure aux vagues bleues
Leurs noms oubliés
Et l’encre devient écume
Docile sous sa prière

  1.  

Dragon endormi
Dans la crête des rouleaux
Attend son appel
Le pinceau le réveille
Sans jamais le blesser

  1.  

Devant Fuji San
Il incline son pinceau
Comme au sanctuaire
La montagne respire
Dans le silence du trait

  1.  

Il peint sans capturer
Car nul ne peut enfermer
L’âme des saisons
Mais parfois elles consentent
A revivre par sa main

 

Vague suspendue
Refuse d’être qu’une image
Elle veut un rappel
Et l’homme lui prête forme
Pour qu’elle traverse le temps

  1.  

Sous mille visages
Le Fuji cache son nom
Divin et muet
L’artiste cherche encor
Le trait qui le révélera

 

Haïbuns

 

La négociation

Il ne commande pas à la vague. Il attend. Longtemps. Puis il propose une forme, comme on propose un nom à un dieu ancien. Si elle refuse, il recommence.

Vague farouche
Le pinceau apprend d’abord
A l’interroger

 

Le sanctuaire du Fuji

Face au Mont Fuji San, il ne peint pas. Il s’incline. Ce n’est qu’après ce silence que la main ose approcher le papier.

Mont immobile
Dans l’encre vibre encor
Un reste de prière

 

Les esprits de l’atelier

La nuit, l’atelier n’est pas vide. Quelque chose circule entre les feuilles, souffle léger que seul le pinceau semble comprendre.

Feuille après feuille
Les ombres laissent parfois

Une trace d’encre

Estampe de Hokusaï

Estampe de Hokusaï

L'ascension du mont Fuji, estampe de Hokusaï

L'ascension du mont Fuji, estampe de Hokusaï

Commenter cet article
P
Magnifique ! J'ignorais qu'il avait une fille mais je viens d'écouter ceci.<br /> https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-ami-e-du-vendredi/la-chronique-de-guilemette-odicino-du-vendredi-28-mars-2025-1228048
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Génial, je viens de lire l'article que j'ai sauvegardé , mille mercis car je ne savais pas qu'il avaient 3 filles dont une aveugle (goze), leur vie n'a pas due être facile car il ne considérait pas l'argent comme utile.<br /> <br /> A bientôt Anne.
E
C'est vrai que je le connaissais pour La Vague. Tu m'as fait découvrir ses autres oeuvres. Bonne soirée
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Tu m'en vois ravi, mais ce ne sont que des extraits pour donner une idée de l'importance au niveau de la créativité et de l'apport de ce maître dans la technique tant à hauteur des gravures que des dessins des estampes. Je dirai que c'est l'artiste peintre exceptionnel du Japon.<br /> <br /> Belle soirée à ton tour Brigitte. ⛩️🌄
E
Bonjour Philémon. Bel hommage à ce grand peintre, un peu mystérieux. Bonne journée
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Mystérieux peut-être , il me semble que le manque d'information sur son existence a certainement contribué au développement d'une aura de mystère sur sa vie, mais il faut noter qu'il aura peint l'estampe la plus connue au monde : "La vague de Kanagawa" réalisée à l'âge de 70 ans et c'est ce même dessin que Claude Debussy a utilisé pour illustrer la couverture de sa partition : La Mer.<br /> <br /> C'est le but de ma chronique : essayer de le faire connaître un peu plus.<br /> <br /> Merci Brigitte pour ta sympathique visite. Beau week-end.<br />
B
Je publie aujourd'hui mon commentaire d'hier :<br /> Merci pour ta superbe page poétique et illustrée pour nous présenter l’artiste peintre Katsushita HOKUSAI.<br /> Cela nous permet de mieux le connaître.<br /> Bon mercredi<br /> Amitiés cher Philémon
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Ce maître vaut bien l'hommage que je lui rends à travers cette chronique pour le faire connaître de l'intérieur.<br /> <br /> J'apprécie tes commentaires, Chère Béa, qui me touchent très sincèrement.<br /> <br /> Passe une excellente détente dans une semaine de relâche.<br /> <br /> Bien amicalement. 🏔️🌷🌺
M
Magnifiques, tes poèmes consacrés à Hokusaï ! Et il le mérite, car c'est si beau... Oui justement je me disais que l'on voyait le Mont Fuji sur les deux premières et cela m'avait interrogée. La dernière est étrange : dans quoi rentrent-ils ? J'aime beaucoup ces barques qui glissent vaillamment entre les vagues énormes.
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Cent mille mercis, Martine pour tes commentaires qui me vont droit au cœur.<br /> Juste une simple précision : il n'y a qu'une estampe qui présente une vue lointaine du Mont Fuji, depuis le temple des 500 Arhats.<br /> <br /> Quant à la dernière illustration , il s'agit d'une escalade du même mont et certains visiteurs sont à l'arrêt dans un sanctuaire refuge. Je reconnais qu'il est possible de se poser des questions, mais, au cours de l'ascension, il existe d'autres sanctuaires.<br /> <br /> Hokusaï maîtrise parfaitement les mouvements de la mer.<br /> <br /> Excellente soirée, à toi et encore merci pour ta venue. ⛩️💐
D
Merci pour ton excellent article, j'apprends un peu sur cet artiste hors du commun. Le raffinement japonais est bien présent dans ses oeuvres. Je le croyais très à l'aise dans la société alors que c'est l'inverse.<br /> Cette route de Tokaïdo est un peu un chemin de Compostelle! <br /> Merci aussi pour les magnifiques estampes proposées.<br /> Très belle journée<br /> amicalement<br /> danièle
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J'ajoute que le Tokaïdo était plutôt une route nationale qu'autre chose, qui a été créée par les Shogun, pour faciliter les déplacements en tout genres.
Avec Hokusaï c'est le monde de l'estampe qui vient à l'esprit, certaines de ses oeuvres sont impressionnistes avant l'heure.<br /> <br /> Quant à comparer le Tokaïdo et Compostelle cela me semble difficile puisque les 53 étapes ne mesuraient que 9 km environ, d'une part, et d'autre part , la quête n'était pas le même in fine. Certes , il existait des sanctuaires sur le chemin, mais cela n'en était pas le but.<br /> <br /> J'apprécie sincèrement ta venue, Chère Danièle, et te souhaite une excellente semaine. ⛩️🌈
P
Pourrait dire que c'est l'âme du Japon. Ces œuvres les plus connues sont la vague et les vues du mont fuji. Certains prétendent qu'il avait 30 noms.<br /> En tout cas, c'est l'un des artistes les plus connus du Japon. Merci Philémon de nous le présenter. <br /> Bonne journée à toi
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Il incarnait la peinture et transmettait ses visions sur des feuilles de papier.<br /> <br /> Ce qu'on oublie, c'est qu'au départ, le véritable artiste est le graveur sur bois, (xylographe), qui met le dessin en relief. Les premières estampes étaient imprimées en noir sur blanc.<br /> <br /> A la fin de sa vie, sa fille a suivi le chemin de son père avec succès , également.<br /> <br /> On a jamais pu dénombrer les noms qu'il se donnait, la recherche est devenue impossible.<br /> <br /> L'argent ne l'intéressait pas, il vivait simplement pour son art.<br /> C'était un Maître exceptionnel pour ses élèves.<br /> <br /> Belle semaine , Brigitte. ⛩️🌺
J
Bonsoir Philémon, perso, j'adore les estampes, merci pour ta page du jour... et bravo, amitiés, jill
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Je partage ton goût pour les estampes qui sont empreintes de délicatesse et qui sont , aussi, des documentaires sur le mode de vie de l'époque.<br /> Aux formats de : 25,1 cm x 36,5 ou 21,10 x 19, ou même 36,10 x 77 cm pour les les plus grandes, ces estampes sont de véritables bijoux picturaux.<br /> <br /> Merci Fabienne, belle semaine.<br /> <br /> Amitiés.